Son ciel, sous le ciel

Sainte Réparate, Nice-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Loin de la géométrie étroite des ocres jaunes de la rue, Sainte Réparate prend ses aises, grignotant le bleu de l’azur destiné aux mouettes. À la croisée du transept, son ciel sous le ciel, recouvert de tuiles de couleur vernissée, abrite une mosaïque de richesses. Il y plane l’idée de s’enfoncer un bout de ce bleu dans le crâne en ayant la sensation que Dieu a fait le monde et qu’il nous l’a laissé en souvenir. Et vous pouvez tourner la tête, à droite, à gauche, retenter l’expérience à l’infini, une discontinuité de décors s’offre à l’œil nu. Des lignes de stuc, des chutes d’or, des greffes de couleur, des copeaux de marbre, perpétuent l’histoire de la cathédrale. Le présent est son temps, l’instant, mon refuge devant l’infiniment beau de cette coupole presque dépouillée.

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Son ciel, sous le ciel

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Le mystère de l’Annonciation.

Sainte Rita, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Le vieux Nice est une terre d’élection pour l’art baroque. L’église de l’Annonciation dédiée à Sainte Rita de Cascia en est son chef d’œuvre. La Sainte patronne des causes perdues et désespérées se cache dans la profusion exaltée du décor. Stucs, angelots joufflus, dorures, fresques, entraînent le regard dans un tournoiement infini vers le ciel d’une étrange demi-coupole qui surmonte les ors d’un cœur en hémicycle. À nous les colonnes torses, les anges virevoltants, les jeux de lumière. Ils témoignent tous de la présence divine. Le regard est happé par le demi-cylindre du chœur souligné par sa hauteur dépassant nettement celle de la nef. Dans un décor champêtre, au centre de la « porte du ciel », la lumière de l’Esprit Saint envahi la beauté du visage de la vierge.

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Le mystère de l’Annonciation.

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Tout fout le camp

Le Negresco, Nice, 2018
Photo/Gilles Dalliere

Que reste-t’il de la Côte d’Azur chère à Stéphen Liégeard ?
Que reste-t’il de la French Riviera ?
Que reste-t’il de la douceur du climat ?
La beauté des paysages du château d’If jusqu’au palais de Gênes est-elle toujours aussi chaude et saturée ?
Il ne flotte plus ce parfum d’oranger.
Il ne souffle plus ce vent de fraîcheur et d’insouciance au pays de la mer bleue, du soleil et des fleurs.
Et même ce bleu du ciel et de la mer, ce bleu d’azur s’est grisé de l’incivilité des femmes et des hommes d’aujourd’hui.
Nice reste la capitale d’hiver de cet infini troublé, sa promenade reste défigurée à vie par la folie d’un homme et le Negresco, unique et intemporel, échoué au beau milieu des galets de la baie des Démons reste une extravagance de vieille dame, servie sur un plateau d’argent.
Aujourd’hui, les reines, les rois, les artistes, les créateurs de mode, les acteurs, ne s’y amusent plus comme au temps des années folles.
Que reste-t’il de ce subtil équilibre entre élégance et décontraction ?

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Tout fout le camp

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Le pélican protecteur

Villa Gloria Mansion,Nice, gildalliere,2018
Photo/Gilles Dallière
À Nice, le Gloria Mansion construit en 1932 par les architectes arméniens Garabed Hovnanian et Kevork Arsenian a vaincu la pollution et renaît de sa blancheur originelle. Lassé d’un long voyage le couple de pélicans se fige à l’entrée de l’immeuble dont il est le gardien. Cet oiseau grégaire, symbole de l’amour paternel, se transperce le cœur pour nourrir les petits de son sang ; c’est la raison pour laquelle l’iconographie chrétienne en fait le symbole du Christ. Pêcheur mélancolique, il s’offre en saillie sur le béton fleuri du haut-relief. Sauvage et impassible, il s’impose majestueusement. Le pélican sculpté ouvre son aile au vent de la Méditerranée pour avertir le visiteur de regarder droit devant.

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Le pélican protecteur

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L’Elevador de Santa Justa

Ascenseur de Santa Justa, Lisbonne, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Entre le ciel et la mer tu me transportes à la surface de la vie. Elle grouille dans tes poumons d’acier et le désordre de tes câbles. De la Baixa au Chiado, tes ornements mathématiques frissonnent à 360 degrés. Tous ces cris de la rue, ces ombres qui courent, ces bruits qui résonnent, s’agrippent à ta couronne pour écouter la mélodie qui s’élève de la poussière du ciel. Tu restes au cœur de Lisbonne la figure de proue qui au son d’une guitare acoustique rend le Fado plus vivant. La pluie et tant et plus, t’ont marqué, toi, le voilier sans voiles, le quai que tu as déserté a reçu bien des marées nouvelles. Dans le brouillard d’une intuition, dans tout ce gris, aucune amarre ne te retient, ton regard se fixe sur la rivière et tu portes dans l’air glacé la course vive des varinas.

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L’Elevador de Santa Justa

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Le miroir aux oiseaux

Le miroir aux oiseaux, belgique, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière

La boule s’est arrêtée de rouler, elle a échoué sur un banc de chêne épais pour un temps incertain. Elle revoit en un instant tout son cheminement dans le reflet du miroir aux oiseaux. Il raisonne à mes oreilles dans son écrin de mousses et d’arbres qui capturent sans cesse les tons changeants du ciel flamand. C’est un îlot de verdure, un tableau vivant, le reflet incliné vers tout ce gris qui nous étouffe. De l’autre côté du miroir, même si le ciel est nuageux, tout est autrement.

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Le vaste silence

Le corbusier, Firminy, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Un cône en béton qui s’élève dans le ciel plombé de Firminy. À Saint-Pierre, le dernier projet de Le Corbusier, on apprécie la valeur du silence absolu. Une géométrie simple aux symbolismes complexes, formes archétypiques qui plongent leurs racines dans une recherche de monumentalité aux contours laïques : crassier, pyramide, tour industrielle. Hors des routes du futur, le paysage et les cumulus obscurcis par je ne sais quoi se font immobiles et silencieux comme un présage ininterrompu de quelques événements miraculeux. Le vaste silence.

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Le vaste silence

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La beauté du temps qui passe

Inspiration, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dalliere

C’est un lieu sacré du quotidien où l’on peut chercher la solitude et le repos de l’esprit. Un lieu sans prétention où la lumière, adoucie par les ombres, rend le discret encore plus beau. Il y a dans l’ombre une subtilité qui plus que la lumière directe semble favoriser les formes. Elle ajoute de la profondeur et de la beauté. Il n’y a rien de tel qu’un espace vide. Le rayon du soleil illumine la fumée du charbon de bois brûlé dans l’âtre et l’intense obscurité de la pièce pour révéler l’incroyable beauté du temps qui passe.

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La beauté du temps qui passe

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Une canopée de verre

Av. Malakoff, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

La matière est une composante fondamentale de l’architecture. Sans faire de cinéma, dans cette entrée très glamour du XVIème arrondissement, la géométrie des pavés de verre crève l’écran. C’est une affaire de plans, jusque dans la forme, le découpage, jusque dans le rythme et dans le montage. Les dalles, de formes régulières et répétitives, tamisent la lumière de la cour intérieure sur la surface rugueuse d’un champ de béton patiné à l’ancienne. Une vraie réussite.

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Une canopée de verre

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Le testament de la Grèce Antique

Fresques, Kérylos, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière

Un matin ensoleillé du mois de mai, dans le patio de la Villa Kérylos, la force spirituelle du buste figé dans son alcôve ocre rouge, semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Tout autour du jardin, le vaste vide résonne d’un silence magnifique. Patines et textures en leur état primitif deviennent plus expressives. La beauté des fresques, l’équilibre des frises et des plâtres mis à nu, la richesse de la mosaïque sont ouvertement accentuées, testament de la Grèce antique. L’espace à ciel ouvert est évocateur et sa beauté en est bouleversante, un néant infini où l’univers tout entier peut enfin exister.

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Le testament de la Grèce Antique

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