Déconfinement…

Le coeur de Saint-Jean-de-Montmartre, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Saint-Jean-de-Montmartre

Dimanche 10 mai 2020, j’ai coché la case déplacement bref, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal de 1 km lié à l’activité physique pour la dernière fois peut-être. Je me retrouve plongé en plein cœur de l’église Saint-Jean-de-Montmartre, seul. Et dans cette lumière irréelle, je me suis trouvé tout petit face à la pluie, la tempête, la foudre, la lente rotation de la planète et les vents qui l’accompagnent. Ridicule devant le virus qui cherche à s’étendre. La violence même de la vie, ne fait que changer, modifier, user, désagréger, pulvériser l’idée initiale de n’importe quel projet. Le futur commence lorsque le passé vole en éclats : lorsqu’il ne reste plus que la nostalgie. À demain…

Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

Déconfinement…

Image

7 heure du mat…

Ma chambre, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Ma chambre/Paris

Et cinquante trois jours plus tard, ça donne quoi le confinement ?
Mon lit défait, divisé par la verticale d’une lampe qui se reflète dans les lignes inclinées de la photo des échafaudages de la construction du périphérique de Paris par Jean-Claude Gautrand. Le reflet sur la boîte en plexiglass déséquilibre délicatement la scène et laisse entendre que dans la vie, tout ne peut pas être en équilibre parfait. Un instant, quelques jours peut-être, et ça ne dure pas ?
En fait c’est mal me connaître, tout est parfait, toujours…

Céramique, Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

7 heure du mat…

Image

Mille et un passages

La médina, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/La médina de Fès/Maroc

Parce que nous sommes confinés, je ne peux pas souhaiter l’anniversaire de Laurence comme je le désirerais. Je lui dédicace cette image…
Backstage, la géométrie est là, dense comme un cri de douleur, un sanglot de rage. Elle ne cherche pas à plaire, à charmer, elle agresse le silence, le malmène, le bouscule. Telle est la médina, menacée, fragile, mais toujours prête à exposer ses ruelles prolongées comme un fond de décor opératique. Derrière les murs, la scène, côté cour, côté jardin. J’imagine un mobilier moderne aux lignes pures, en harmonie avec des tissus soyeux et un petit nombre d’objets étranges qui sembleraient provenir d’un magasin d’antiquités. Ils suggèreraient par leurs formes dépouillées un théâtre idéal où tout ne serait que « luxe, calme et volupté ».

Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Mille et un passages…

Image

La beauté enceinte…

Médina, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès/Médina

Égaré dans la ville, je me balance au bord du vide où je me vois immobile jusqu’à imaginer que les murs se rapprochent curieusement pour mieux se confiner. La rue en pente a poussé le ciel. Les façades, roses brique et pierre ocre s’agrippent aux étais qui égrènent l’ombre de leurs lignes géométriques. Les rues et les ruelles, de leur beauté enceinte, ruissellent vers les portes et les places emportées par les plis des créneaux couronnés qui confinent l’impériale cité.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

La beauté enceinte…

Image

Contraste…

Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès/Maroc

Entre faire et défaire, je tourne autour d’un petit paysage dont rien n’est le centre. L’horizontalité et la verticalité des lignes m’en éloignent. Elles s’accumulent allant davantage vers le noir. Rien ne s’échappe de cette lumière. Chaque mot écrit échappe à ce qu’il dit. Puis il y a cette recherche jour après jour de ce qui c’est retiré. Le ciel entier se précipite dans la pièce.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Contraste…

Image

L’insondable infini…

le Mellah, cimetière juif de Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Le Mellah/Fès/Maroc

Le silence est là. Sans fleurs ni couronnes. Au milieu du Mellah face aux tombes alignées et immaculées, le ciel ne s’occupe que de lui-même. Le silence qui précède le crépuscule est pétrifié par le vent compatissant de nostalgie. Tout ici est retourné dans l’insondable infini et dans ce désert de courbes toute la tristesse du monde se dissipe dans les airs.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

L’insondable infini…

Image

Le monde à ma fenêtre…

Les sultanes, le jardin des Biehn, Fès, Médina, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Les Sultanes/Le jardin des biehn/Fès/Médina/maroc

Il est sept heure du matin, j’ai tiré les épais rideaux de la suite « les Sultanes » pour laisser passer la lumière de la galerie qui donne sur le patio. Un rayon de soleil s’invite sur les zelliges bleus, caressant les courbes de l’ouverture mauresque. Il vient s’étaler là pour reprendre son souffle avant d’aller brûler le moucharabieh de la terrasse ouverte sur les tombeaux des Mérinides. Sur le lit défait, le rayon vient alors s’allonger, déposant un baiser en guise de bonjour, puis il se retire en silence. Il ne reste de sa présence qu’une douce chaleur sur mon corps allongé.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Le monde à ma fenêtre…

Image

À l’heure du thé à la menthe…

Palais abandonné, fès, médina, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Palais abandonné/Fès/Médina/Maroc

La fontaine est placée au centre d’un grand jardin flanqué de quatre colonnes de pierre enduites à la chaux. Le reflet exact des goûts architecturaux de la ville impériale. La cour est entièrement revêtue de dalles de marbre blanc. La coursive s’enrichît d’incrustations de marbres polychromes et de pierres semi-précieuses formant d’innombrables motifs géométriques et floraux parmi lesquels reviennent sans cesse des images de fleurs. Les portiques soutiennent l’azur d’un ciel cramé. Tout est silencieux. Le jardin est désert, comme pour augmenter ma solitude. Derrière moi, le salon est tendu d’innombrables pièces de brocart, de damas, de soie brodée, de velours cramoisi, dont les franges dorées retombent de tous côtés. Des fils ornés de perles pendent de toutes parts, formant des sortes de rideaux. Le sol disparaît sous plusieurs couches de tapis de toutes provenances, ornés de sequins qui brillent à la lumière dorée de l’après-midi.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

À l’heure du thé à la menthe…

Image

Lignes en équilibre …

Les remparts de la médina, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Médina/Fès/Maroc

L’émotion est bien là. Elle est le maître mot de cette histoire. Promeneur acharné, je n’aime rien de plus qu’être pris par la main et conduit pour de brèves randonnées aux émotions si fortes qu’elles ne pourraient raisonnablement durer plus longtemps que ces quelques heures où se concentre tant de bonheur. Il n’y a que rigueur dans cette perspective et aucune complaisance ni dans l’angle choisi : l’arrête qui plie ou casse, le mur qui ne masque rien, ne flatte point, ni dans les tracés cherchant le meilleur traitement de l’espace, l’équilibre des lignes et des volumes.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Lignes en équilibre …

Image

Le paradis perdu…

Les remparts de Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Les remparts de Fès/Maroc

Christophe :Je te dirai des mots… Et je m’élance, et puis je recule, devant cette phrase inutile qui brise l’instant fragile. J’ai crié pour que tu reviennes, et j’ai pleuré…
Écoute-moi, une autre vie t’attend là-bas, et ce soir, je vois des soleils dans tes yeux. Quand, où, et comment te dire : un p’tit clin d’œil pour un rendez-vous… Il me reste un espoir, c’est celui d’oublier le chagrin comme une larme amère qui serait tombée dans la mer. Toi, tu as le cœur plus sage. C’est comme la fin d’un voyage ou simplement une page qu’il faut tourner. Je regarde le ciel, l’infini, je sais, c’est presque rien et ça se finit au p’tit matin. Mais l’infini, tu sais, c’est déjà bien, c’est toute la nuit et puis plus rien…

https://music.apple.com/fr/album/les-paradis-perdus/1489664540?i=1489664552

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/voyage

Le paradis perdu…

Image