l’épaisseur du silence…

Les boiseries de Saint-Pierre-de-Montmartre, gildalliere, Paris, 2O2O
Photo/Gilles Dallière/Saint Pierre de Montmartre/Paris

À Saint-Pierre-de-Montmartre, j’ai délimité dans l’espace lumineux du portique, un volume clos, un univers d’ombre et de prière. Tout au fond de l’obscurité, j’ai confiné les reliefs d’une rosace en bois sculpté. La lueur indécise des vitraux, incapable d’en entamer l’épaisseur, rebondit comme sur un mur noir, par brisures. L’ombre ardente d’un aplat asymétrique encadre le silence. Alors seulement, dans une lueur diffuse, qui, par instants, en révèle l’un ou l’autre détail, l’extraordinaire relief suscite des résonances inexprimables.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

l’épaisseur du silence…

Image

Ce que cache le masque…

Confiné, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Montmartre

Le train, l’avion, ne nous emportent pas encore vers les vacances. L’efficacité de l’hydroxychloroquine est réellement contestée. Et pourtant, on a critiqué, attaqué le système. On s’est fait insulter sur les réseaux sociaux mais au nom de quoi ? Et aujourd’hui plus rien ou presque plus rien, fini la polémique, on est déconfiné. On a juste oublié le principal : habiter, c’est cohabiter.
Avons-nous vraiment conscience que c’est notre façon de vivre qui est en crise ?
Les mots se dressent, la plume danse, notre survie dépend des autres à l’image des arbres qui rendent l’atmosphère respirable, où des insectes pollinisateurs qui permettent l’éclosion du printemps. Comme le bleu qui circule dans les yeux des marins, la pandémie est la résultante de notre relation au vivant et de nos choix de vie. Dans ce monde où tout va trop vite, où le temps rime avec argent, on oublie la signification des mots patience, reconnaissance, respect.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

Ce que cache le masque…

Image

Le temps perdu…

La patine des siècle, Belgique, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Le jour se lève, aussi lentement qu’un rideau de scène. J’ai brusquement envie de pousser la porte sur le chant des oiseaux qui ont quitté Paris. Partir. Il n’y a rien de tel qu’un instant de vide. La ville qui m’entoure se serre. Elle est comme blessée, saigne un peu devant les incivilités. Elle devient subitement trop grise,d’un gris sang qui circule partout, agressif. J’aimerais le voir s’élargir jusqu’à l’horizon de la butte Montmartre, là même où le soleil l’étreint. J’ai furieusement besoin de vert, d’oiseaux, de paix, alors seulement je m’abandonnerai.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

Le temps perdu…

Image

« La mort est le sacre du génie »…

La Circassienne, jardin des Biehn, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Fès/Le jardin des Biehn

Balzac a écrit : « La mort est le sacre du génie ».
Michel, tu étais pour moi une force brute. Un homme carré, généreux, talentueux, aussi haut que large et pas toujours du genre à arrondir les angles. Tu grouillais clair dans ton nouveau palais, vert, mais tu nous a quitté ce matin. Tu avais pourtant une envie lumineuse d’avancer. Je t’ai vu pour la dernière fois en février. L’escalier était raide, tu l’empruntais à ton rythme, doucement. Sans faillir. Depuis l’histoire de la princesse aux petits pois, il y a 30 ans, mon admiration a toujours été douce, polie, respectueuse. Ta famille autour de toi a établi une cour d’amour, un espace sacralisé. Aujourd’hui il y a du vide, un grand vide. Mais il y a Catherine, Jeanne, Paul, Louis, et tes petits enfants. Il reste tes rêves, tes livres, ta gourmandise, ta passion pour les étoffes et les costumes anciens, ta conversation des objets, ton jardin, du moins devrais-je dire votre jardin : le jardin des Biehn. Face à cette chaude fanfare de couleurs, je reste à tout jamais marqué par la richesse de ton art de vivre. Merci.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

« La mort est le sacre du génie »…

Image

L’indifférent…

Les Invalides, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Hôtel des Invalides

Elles sont rangées en ligne comme tombées du ciel au milieu d’une forêt de verticalités dispersées aux abords du grand escalier de l’hôtel des Invalides. Il y a la lumière, la rampe en fer forgé sculptée au dessus d’un grand lieu vide qui s’ouvre à perte de vue. Il y a ces deux femmes, et toute la poussière des drames homériques accrochés aux plis de leurs toges, comme un décor de cendres. La foule passe indifférente. J’attends la fermeture pour ausculter le marbre.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

L’indifférent…

Image

L’avenir protégé …

Protection et Avenir, sculpture en marbre d'Honoré Picard, Musée Galliera, Paris, 2017
Photo/Gilles Dallière/Palais Galliera

Le photographe fait de l’architecture ce qu’il fait d’un visage. Le marbre qui représente la protection et l’avenir, se redessine dans des effleurements de lumière dont l’objet n’est plus tout à fait l’équilibre, ni cette alliance de l’ampleur et de l’exiguïté. Elle déshabille la matière avec précision. La statue d’Honoré picard s’offre et se dénude. Elle vit face au jardin du Palais Galliera. Elle se régénère lentement en puisant dans son vide architecturé.

Clichés/architecture, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

L’avenir protégé …

Image

l’aventure du regard…

Balustres du réservoir de Montmartre, Paris, gildalliere, 2020 L1017720-Modifier
Photo/Gilles Dallière/Paris

Montmartre, le réservoir d’eau du Sacré Cœur. La photo c’est une grande aventure du regard et de la pensée, qui permet de construire des images qui sont autant de nouvelles possibilités de perception. Pour y parvenir, il faut retrouver l’étonnement du regard de l’enfant qui ne tient rien pour insignifiant mais qui sait découvrir dans un paysage, dans une architecture, dans une couleur, dans un instant de vie, la possibilité d’une nouvelle vision. C’est pour cela que cette image est si silencieuse.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

l’aventure du regard…

Image

Au delà…

Paris, gildalliere, 202O
Photo/Gilles Dallière/ Paris 18ème

Paris, déconfiné, il vaut mieux lever la tête. Il y a un mur, sublime, c’est le commencement de l’architecture. Le mur sépare un lieu d’un autre, et donc avec un mur en céramique, on dessine deux lieux, l’un en deçà, l’autre au delà.

Céramique, Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Au delà…

Image

Abstraction géométrique…

Equilibre des formes, mon salon, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/De la cuisine au salon/Paris

Ici, entre ma cuisine et le salon, le mouvement est infini. C’est celui du va-et-vient de la lumière où l’esprit du tableau d’Albert Chubac et le monde traditionnel de la terre cuite marocaine et de la porcelaine chinoise y échangent sans fin leurs signes. Entre les deux, il y a le silence, la transparence, une simplicité absolue, la poésie des verticales qui superposent les ombres. J’aime me placer là, au milieu de cette abstraction géométrique, retenir mon souffle et n’être personne.

Céramique, Clichés/architecture, Clichés/collection, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

Abstraction géométrique…

Image

Déconfinement…

Ma chambre, fin du confinement, le 11 mai 2020, gildalliere
Photo/Gilles Dallière

Demain c’est aujourd’hui. Ma chambre est déconfinée. Vous avez remarqué, depuis la dernière fois j’ai fait mon lit, et j’y ai glissé un peu de couleur. La lumière se répand comme l’ambre sur cet étrange temps qui nous est tombé dessus, silencieusement, en assourdissant tout. Souvent, les opinions rigides m’ont fait horreur. Hier, dans la ville arrêtée, les oiseaux faisaient écho à leurs affaires. Les jardins s’inclinaient sur le bitume. Dans leurs parfums les fleurs s’avançaient et les arbres tremblaient dans l’air de toutes leurs ombres. Hier, on respirait. Aujourd’hui, même si ce n’est qu’un premier pas timide, la parenthèse est fermée. Alors oui, il reste encore 28 rouleaux de papier toilette thésaurisés à la hâte au fond d’un placard pour nous rappeler ce temps étrange, mais saurons-nous demain ne pas tout recommencer comme avant ?

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors

Déconfinement…

Image