Restauration…

Echafaudage autour de l’obélisque place de la concorde, Paris, gildalliere, hiver 2022

En pleine nuit, place de la Concorde, je succombe à la blancheur immémoriale de la pierre ou du moins de l’échafaudage qui encercle ce monument de l’Égypte antique. Un instant aveuglé, toutes traces du monde réel s’effacent de mon viseur. Sur la structure qui me fait face, ne reste du visible qu’une silhouette tranquillement dressée, étrangement réconfortante dans son immobilité. Une ombre presque humaine qui va retrouver cet été sa lumière. 

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Restauration…

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La couleur…

Ici, me reviennent les peintures de Ernst Ludwig Kirchner, de Franz Marc, d’Emil Nolde vues lors d’une exposition sur la couleur. J’étais transfiguré à force de plonger dans de telles nuances. Chez Agnés Emery, une vivacité folle traverse les pièces. La lumière tamisée de Bruxelles revenait sur son visage en bondissant sur les murs. Elle était devenue, là sous mes yeux, l’un des modèles d’évidence de ce mouvement Die Brücke que j’aime tant.

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La couleur…

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À vos lettres…

Les allées du Palais Royal, à la recherche de Colette, Paris, gildalliere, hivers 2020

Ici, tout m’inspire, l’architecture, le jardin, le ciel, l’histoire, les enfants qui jouent, les passants, le jeu de l’ombre à la lumière. Presque partout où je m’installe, les chaises et les bancs sont des poèmes. 18 textes de femmes sur la rue du Beaujolais, dont la moitié signée Colette. 18 textes d’hommes, dont la moitié signée Cocteau côté Montpensier. Au total, 20 auteurs du XXe siècle. Merci Michel Goulet.

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Le grand sommeil…

Détail des brises-soleil et balcon en saillie, palais de l’assemblée, Chandigarh, inde, Le Corbusier, gildalliere, hiver 2010

J’ignorais quelle heure il pouvait être. La lumière était basse. Des cumulonimbus pourraient la masquer, mais son orbe ne disparaîtrait pas. Près du lac, un bleu ardoise assombrissait la plaine d’une menace sourde. Plus loin, une largeur de bas nuages gris, bardés d’humidité, estompait la chaîne de l’Himalaya. Je ne suis resté là que quelques instants. Devant les brises-soleil du Palais des Assemblées, quelque chose à la fois d’infime et de vital semblait s’être retiré. Le paysage architectural dormait les yeux ouverts, et moi, je me déplaçais en lui sans bruit, avec la précaution inutile d’un rêve qui jamais ne troublerait son grand sommeil.

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Le grand sommeil…

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Le Palais des Assemblées…

L’assemblée, Chandigarh, Le Corbusier, Inde, gildalliere, 2010

Le Palais des Assemblées est assez décrépi aujourd’hui. Au départ, l’imagination de Le Corbusier avait été frappée par quelques formes industrielles. Et comme jadis, par l’étude patiente de « l’os de bœuf », nous voilà bien loin du point de départ. Le béton s’effondre, le bassin latéral est à peine rempli d’eau, mais l’ensemble architectural reste magique.

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C’est du béton…

Chandigarh, le secretariat, Le Corbusier, India, gildalliere, hiver 2010

J’aime quand les murs opposent des formes libres à la géométrie, les horizontales aux verticales, le traditionnel à l’invention, les pleins aux vides, les pentes douces ou abruptes aux perspectives ondulées de l’horizon, le béton discipliné à la végétation spontanée, le jeu des couleurs au ciel immense. Ils peuvent être secs ou humides. Ils peuvent abriter dans leurs fissures d’imprévisibles mousses de toutes sortes, et puis on peut les colorer, on peut les cacher derrière des tissus, les enfermer dans toute une effervescence de formes. C’est tout cela qu’a voulu Le Corbusier à Chandigarh.

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C’est du béton…

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Point de vue…

Point de vue, Haute Cour, Chandigarh, Inde, Le Corbusier, gildalliere, hiver 2010

La couleur nous tient compagnie dans le cosmos, parfois elle nous fait savoir que nous existons et, quand elle disparaît, comme dans le monde obscur de Gilgamesh où tout n’est que poussière, où les bouches sont pleines de poussière, où il n’y a guère de couleur, c’est la vie qui disparaît. Je fais beaucoup de noir et blanc pour ne pas gaspiller la couleur.

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Point de vue…

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Couleurs…

Les colonnes de la Haute Cour, Chandigarh, Inde, gildalliere, printemps 2010

Il est parfois approprié de photographier en couleurs, et parfois non. J’ai pensé que je ne devais utiliser la couleur que lorsque je ne pouvais pas faire autrement, quand les couleurs, comme ici, mises les unes à côté des autres, ont leur histoire, plus ou moins dévoilée, quand elles ont vraiment une histoire à raconter.

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Couleurs…

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Un pastel vibrant…

Les couleurs de la Haute Cour, Chandigarh, Le Corbusier, Inde, gildallière printemps 2010

Au Palais de la Haute Cour, la couleur n’a rien d’excessif. Les piliers sont revêtus de tons pastel vibrants qui font chanter le béton. Dans la lumière éblouissante, le vert, le jaune, et le saumon affirment autant de hardiesse que les cylindres qu’ils colorent. À gauche et à droite aussi, la couleur est omniprésente. Elle apparaît à travers les ouvertures et ne cesse de changer et d’étonner. Et si, lorsque l’on se trouve au pied des piliers, on lève les yeux, le regard découvre le bleu du ciel.

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Un pastel vibrant…

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La passerelle du temps…

Les passerelles de la Haute Cour, Chandigarh, Inde, gildalliere, printemps 2010

Les murs de la Haute Cour de Chandigarh. Pour moi, là où il y a un mur, c’est le commencement de l’architecture. Naturellement, il faut savoir dessiner les lieux, et parfois un mur ne suffit pas. Ce que j’aime dans les murs, c’est qu’ils sont lourds. Et avec tout leur poids, ils ne résistent pas très bien au temps. Les constructions ont une drôle de prétention : elles voudraient vaincre l’attraction terrestre et, en plus, elles ont la prétention de durer éternellement.

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La passerelle du temps…

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