L’impératrice des Français…

Joséphine, impératrice des français, 1865 par l’artiste Vital-Gabriel Dubray, Versailles, gildalliere, 2020

Je me suis attardé au château de Versailles pour voir le soleil éveiller les statues. J’y ai croisé une femme qui cherchait L’empereur sur la toile de David « le sacre de Napoléon ». Je pense qu’elle ne l’a pas encore trouvé. Joséphine, « impératrice des Français », sculptée en 1865 par l’artiste Vital-Gabriel Dubray, m’invite à me laisser guider du calme au tumultueux, du grandiose au pittoresque, du sévère à l’aimable, du contraint au naturel. Le mystère demeure un peu flottant parmi les effluves embaumées des jardins. On comprend l’amour et ses nuances infinies de sensualité tendre et infiniment harmonieuse liant d’un seul corps et âmes, ce couple d’une étoffe exceptionnelle. Devant la beauté restaurée et très dévoilée de cette femme émancipée, je suis touché par cet intense, dense et miroitant sentiment qui enveloppa ces deux êtres

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L’impératrice des Français…

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L’effet de réel…

Fenêtre, volets, musée des Arts Décoratifs, MAD, Paris, gildalliere, 2020

La chaleur est écrasante. Derrière les persiennes déglinguées la lumière est brutale, et comme le plafond est bas, le trait illumine l’espace. La moindre trace d’ombre se réfugie dans les coins. Je cherche en vain dans toute la pièce l’ombre fugace. Mon regard ne rencontre que des murs blancs, et le sol à la française dessine comme une mosaïque qui s’impose aux yeux comme une lithographie fraîchement imprimée. L’air frais entre en pure perte, chargé d’un vent brûlant.

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L’effet de réel…

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Souvenirs…

Nature morte, métal argentén étain, cristal Lalique, Paris, collection particulière, gildalliere, 2020

Ma troisième nature morte. Mais qui reconnais-tu ?
L’étain magistralement dessiné par Marie-Claude Bérard, la fleur vide poche de maman signée Lalique, deux vases à offrandes achetés à New-Delhi en argent ciselé, ils symbolisent la naissance, la disparition, et la réincarnation. Quand à la souris suspendue dans le blanc de ma vie, elle porte les rêveries de Lucrecia Calvi.

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Nature morte…

Photo/Gilles Dallière/Céramiques, turquoise, collectionneur, design/ Paris, 2020

L’espace de la scène est traité le plus simplement possible : deux aplats de couleurs marquant la table et le mur. Ainsi, cette table et ce mur deviennent simplement une surface et un fond. Elles ne sont associées à aucune texture et à aucune matière. Il en résulte une impression que les vases représentés sont hors du monde. Ils sont traités comme des formes sculpturales dans une palette limitée au turquoise. La lumière enveloppante génère peu d’ombre. Elle efface les limites de la composition grâce à un vignetage subtil : les formes surgissent alors du néant sans appui matériel apparent. 

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Jeux d’ocres…

le palais Laascaris, Nice, gildalliere, 2016

le palais Lascaris, Nice, gildalliere, 2016


Photo/Gilles Dallière/Palais Lascaris/Nice

Dans ce palais pittoresque, perdu au cœur du vieux-Nice, les dissonantes et âpres notes baroques nous mènent dès l’entrée à l’escalier monumental. Entourés d’arcades de marbre, de trompe l’œil et de statues, les murs aquarellés d’ocre rose répandent un jour mystérieux qui invite à la méditation. Et même si les pierres s’étiolent distillant un charme fugace, c’est un bijou de grand seigneur italien.

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Jeux d’ocres…

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Madame de…

Les moulures d'un salon orienté, gildalliere, Paris,2018

Les moulures d’un salon orienté, gildalliere, Paris,2018


Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/Paris

Au XVIIe siècle, ce qui faisait la différence entre une femme et une précieuse, c’était l’esprit, et que pour porter ce nom, il était absolument nécessaire qu’une personne en ait, ou affecte de paraître en avoir. J’aime l’idée qu’elle pourrait faire salon dans cette pièce aux murs patinés gris perle, encadrés par de fines baguettes d’or. Elle s’allongerait sur cette dormeuse en velours violine, posée là, sur un épais tapis à grandes rosaces. En face, sur la cheminée, deux bergers de Watteau se conteraient fleurette au-dessus d’une pendule rocaille aux côtés de laquelle deux amours bouffis supporteraient une touffe de lis disposée en candélabre. Il y a surtout ce meuble syrien marquetté de nacre qui s’impose. Tout cela est un peu futile, peut-être, mais de bon ton, et l’absence de ces petits riens coûteux qu’on nomme bibelots, prouve que Madame de, est une femme de goût.

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Madame de…

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Le muscle et l’effort…

Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l'effort, gildalliere, musée Galliera, Paris, été 2020
Photo/Gilles Dallière/Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l’effort/Musée Galliera/Paris

Un homme nu émerge d’un bloc de marbre sculpté par Alfred Boucher. Une conversation étonnante entre la duchesse de Galliera et le terrassier au travail. Avec son décor nouvellement restauré la coquette est consciente de son élégance citadine devant ce nu idéal, ce corps au travail qui nous convie à rebrousser le temps. On ne reste pas indifférent face à l’homo-érotisme du terrassier. Alfred Boucher met en avant la musculature du corps. Les veines saillantes attirent l’attention sur l’effort fourni, les mollets sont frappants de précision, le sexe est dévoilé, et le visage hiératique semble montrer que rien ne détournera l’homme de sa besogne jusqu’au mouvement de la pelle qui se courbe sous l’effort. À la faveur de sa réouverture le 1er octobre, le palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, présente la première rétrospective en France d’une couturière hors-normes : Gabrielle Chanel.

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Le muscle et l’effort…

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La belle époque…

Escalier, 1900, 29 boulevard des Batignoles, Paris, gildalliere, 2020

Escalier, 1900, 29 boulevard des Batignoles, Paris, gildalliere, 2020


Photo/Gilles Dallière/Boulevard des Batignolles

C’est sous les larges bords de pierre que la lumière de l’ombre entre en scène. Dans cet escalier du Paris des années folles, je promène mon regard sur les volutes de fer forgé qui voilent la clarté d’un ciel à la poursuite des nuages. Je frôle l’étrange, le paradoxe, l’inquiétant. J’invente des histoires de personnages naviguant dans l’océan des nuances de gris. La ligne est limpide, directe, libre. Elle module les tentions d’une ronde d’iris noirs qui se croisent, se chevauchent, se contredisent pour mieux souligner le style de la belle époque.

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La belle époque…

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La lumière de l’ombre…

Le passage, Villa Domergue, Cannes, gildalliere,  2019

Le passage, Villa Domergue, Cannes, gildalliere, 2019


Photo/Gilles Dallière/Cannes

J’ai secrètement pressé la télécommande de la vie sur pause. Le temps s’est arrêté. Dans ce monde devenu tout à coup immobile, j’ai vu l’essence de la beauté. La lumière offre ses mains tendues. Elle glisse sans fin le long des parois éternelles. Elle est là, devant moi, fragile. Elle éclabousse les blancs pilastres qui soutiennent la petite ombre qui me dépasse. La contempler ainsi, dans sa nudité, assouvit un désir de sacré qui, dans le même temps, se révèle inextinguible.

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La lumière de l’ombre…

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À fleur de peau…

La lumière de l'ombre, Cathédrale, Antibes, gildalliere, 2018

La lumière de l’ombre, Cathédrale, Antibes, gildalliere, 2018


Photo/Gilles Dallière/Antibes

Devant mon objectif, il y a le silence. Le silence d’une cathédrale qui ne déborde pas d’ors ni de stucs. Dans cette pénombre, je ressens une timidité semblable à celle qu’inspirent les cultes inconnus. Je me pose, j’écoute, je prends de la distance, j’observe, je m’inscris exactement dans le champ du baptistère à la limite de la ligne de démarcation entre l’ombre et la lumière. Face à moi cohabitent la gloire et l’humilité, le sublime et le dérisoire : la vie.

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À fleur de peau…

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