TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Catégorie: Clichés/interiors
La vitrine…
A qui est cette plante dans la vitrine, Kithira, Grèce, gildalliere, 2té 2022
Il n’y a rien dans la vitrine, juste une plante épuisée et du vide. La boutique médite sur ses jours, tant d’actions inutiles, tant de commerce éloigné du sens, et les foules de touristes brassées pour un ouvrage sans nom ont oublié leur soumission. Il faut dire qu’à cette heure là, ils sont tous à la plage.
Le plafond Art déco des salons de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008
Je vis dans le clair-obscur de la conscience, sans jamais me trouver en accord avec ce que je suis. Les meilleurs d’entre nous abritent la vanité de quelque chose, et il y a une erreur d’angle dont j’ignore la valeur. Il m’arrive parfois, par certaines portes, d’apercevoir ce qui n’est peut-être que décor, mais là je suis subjugué par le style Art-déco, et je lève les yeux au ciel. Autour de moi le monde entier est confus, comme des voix perdues dans le labyrinthe des salons de la Villa Igiea.
Après l’inauguration de l’Hôtel de la Marine, et de la collection Pinault à la Bourse de Commerce, la bibliothèque Richelieu réouvre cet été à proximité de l’axe transversal de la capitale. La magnifique salle Ovale, l’une des deux plus prestigieuses salles de lecture avec la salle Labrouste, devient une salle publique. Autour, un nouveau musée présente d’exceptionnelles collections. Elles sont exposées dans des espaces patrimoniaux de premier plan ; le salon Louis XV, qui a retrouvé son décor d’origine crème et or, et la galerie Mazarin avec son exubérant plafond à l’Antique, signé de l’italien Romanelli. J’ai cru apercevoir Le cardinal de Richelieu traînant toujours son image austère de trou à rats de bibliothèque, et Gustave Flaubert dans le cabinet des médailles qui examinait des monnaies anciennes.
Je scrute l’escalier de l’immeuble. Il me semble que les murs parlent tout à coup, de vos voix emmêlées dans l’écheveau du temps. La vie est un mouvement. Est-ce l’existence qui façonne le destin ou le destin qui façonne l’existence : Dieu a-t-il créé le monde ou est-ce le monde qui a inventé Dieu ? Quel temps fait -il là-haut ?
« Photo de Famille »,Ouassila Arras, Paris, institut des cultures d’Islam, gildalliere, printemps 2022
Sous le regard glacé de « l’Épouse » d’Ymane Fakhir, Ouassila Arras enchevêtre des tapis dénoués. Ils représentent tous les non-dits, les mensonges de sa famille et de ses proches algériens. Le besoin de confidentialité de l’artiste et l’alliance que sa présence suscite en France sont autant de raisons de constituer des secrets. Par ailleurs, le besoin de sens qui coïncide avec cette recherche d’identité, les tensions entraînées par des situations de crises sont également autant de raisons de révéler des secrets.
Coupole de Saint Sulpice, Paris, Pâques, gildalliere, printemps 2022
Chacun d’entre nous veut durer. Rouler sa pierre, remonter des pontons. Croiser le fer avec avec ses lubies. Connaître et ne pas oublier. Retenir la grâce sous la prière. Se mettre à l’épreuve. Accompagner. Durer à tout prix. Durer encore.
Réflexion de l’escalier de La Galerie Dior dans les vitrines, Dior, Paris, gildalliere, printemps 2022
Au niveau 3, La Galerie Dior rend hommage à la première vocation de Christian Dior, galeriste et marchand d’art. Sur des photos anciennes en noir et blanc, on le voit en compagnie de ses amis Salvador Dali, Christian Bérard et Jean Cocteau. Pensée comme une scénographie narrative par Nathalie Crinière, commissaire attitrée des rétrospectives Dior, La Galerie dévoile subtilement les précieuses archives de la Maison, de la couture aux parfums. On y trouve une myriade de robes merveilleuses imaginées par tous les successeurs talentueux de Dior, au premier rang desquels les créations de John Galliano et de Maria Grazia Chiuri se démarquent par leurs visions spectaculaires. Projetées dans ce musée d’un nouveau genre, de superbes vidéos montrent les couturiers successifs de la maison au travail dans l’atelier, qui occupe encore aujourd’hui les quatrième et cinquième étages au-dessus de La Galerie.
Escalier du 30 avenue Montaigne, Dior, Paris, gildalliere, printemps 2022
Depuis le « bureau de rêveries » de Christian Dior où ses songes se métamorphosent en croquis, jusqu’aux ateliers, où naissent des milliers de robes, en passant par la cabine où se pressent les mannequins, la passion créative anime la Maison. Le couturier imagine la mode de demain et orchestre, de sa badine, chacun des essayages, entouré de son « état-major de grande classe* » : ses fidèles collaboratrices, dont Mizza Bricard, cariatide de l’élégance Dior – sa muse et sa modiste –, Marguerite Carré – directrice des ateliers –, Suzanne Luling – directrice des ventes – et Raymonde Zehnacker – directrice du studio. Le jour tant attendu du défilé, une merveilleuse agitation règne dans la Maison et plus encore dans l’escalier, ce « monde à part » que décrit Christian Dior avec tendresse : « Comme les loges de théâtre, elle a ses fauteuils, ses lampes et ses miroirs. (…) Comme les loges, elle n’est habitée que par des fées. » Dans cet écrin magique, juste avant l’entrée des mannequins dans les salons où se déroule le défilé, les habilleuses, les coiffeuses, les premières d’atelier et les chefs de cabine s’affairent, se croisent et se bousculent dans un tourbillon de frénésie.
Salle d’exposition du palais des études, Beaux-arts, Paris, gildalliere, été 2021
Je m’abrite derrière la couleur même de la matière. Dans ce clair-obscur, je puise une énergie nouvelle. Les reflets bleutés des murs, les assemblages géométriques du sol, la brillance de l’acier des rampes de lumière, contrastent si fort avec la matité ocre rouge du plafond à caissons que les deux colonnes corinthiennes deviennent des icônes modernes. Elles luisent silencieusement dans la pénombre de la galerie d’exposition.
Les décors de l’école des Beaux-arts, Paris, gildalliere, hiver, 2022
Cette photo s’ouvre sur un instant perdu. Une entrée, une cour déserte, des sculptures sont le théâtre où se jouent des histoires éphémères. Je suis capté par d’obsédantes combinaisons, riches en secrets. Aussitôt, les idées comme les situations se compliquent. De brusques changements à vue, d’insolites décalages du temps et de l’espace se déploient en narrations visuelles. Ces séquences sont nourries de rêves, de fantasmes et d’aspirations spirituelles.