Une saison sensible

Altan, Palais de Tokyo, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Au Palais de Tokyo, cette sensation d’un vertige noir persiste. Impassible, le regard tendu vers son portable, il observe les images errantes qui défilent dans son esprit virtuel. Seul, noyé dans cette ombre instable et mouvante qui met en avant l’œuvre exposée de l’artiste américain Theaster Gates, je l’ai dévisagé en silence, cherchant dans ses traits le dessin du visage dont, malgré moi, j’ai gardé l’image intacte. Autour de nous, partant d’un épisode spécifique de l’histoire américaine, l’artiste initie un nouveau projet explorant les histoires sociales de la migration et des relations interraciales.

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Une saison sensible

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Tridimensionnel

Lafayette Anticipations, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Voilà bien une curieuse et sublime découverte que la réflexion démultipliée du ciel au Lafayette Anticipations. La cage de verre qui coiffe la tour d’exposition conçue par Rem Koolhaas reflète une composition aux rythmes rigoureux. Une image harmonique, presque mathématique, dans laquelle rythme et mouvement confèrent à la vision une tridimensionnalité inattendue d’une grande force expressive. Le temps s’est arrêté, suspendu, illimité, créant une atmosphère quasi irréelle où la confusion et l’aliénation règnent.

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Tridimensionnel

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Qui est-tu Alexandre ?

Mon rochegaussen, gildalliere, Paris, 2019-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

J’ai accroché mon Rochegaussen à mes murs. Heureux, il flirt avec une encre de chine de Michel Raffaelli.
Qui est-tu Alexandre ? Un peintre ? Un photographe ? Un funambule ? Un poète ? Un magicien ?
Tu te racontes des histoires sur les cloisons de ton atelier. Des histoires d’ombres, des histoires sans dessus-dessous, de liens et de sueurs froides. Tu rêves en noir et blanc mais le rouge s’y greffe avec fureur. À quoi pensais-tu donc en dessinant ce chat portant le contour d’une maison esquissée à la craie ? Avec ses yeux « papercraft » il a l’air de se laisser conduire où bon lui semble, mais est-il bien certain d’arriver à ses fins ? Il porte sur son dos un autre que lui, un lien qui l’attache à une ombre portée. Dans ses yeux il est question de peur. Je l’ai pourtant sauvé de la danse macabre ou d’autres chat-hiboux, s’ils n’étaient pas tranchés, voulaient le dévorer. Il a la trouille, il baisse la tête : « Game over ».
Allez, viens danser avec moi.

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Qui est-tu Alexandre ?

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Courants d’air

Calder, Picasso, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière

Alexandre Calder, selon les termes de Jacques Prévert est l’horloger du vent. À l’hôtel Salé, les plafonds s’ornent des gammes et des accords de mouvements inconnus. Calder sculpte l’abstraction du vide. Il redessine l’espace. Une idée merveilleuse qui n’a de prise sur rien sinon sur l’air et les forces qui s’opposent, les énergies qui se balancent, les poids et les contrepoids qui s’appellent et se contredisent. L’imagination se réjouit de ces formes pures qui s’échangent à la fois libres et réglées, suspendues à presque rien, échappant à la pesanteur, ne s’équilibrant que par leur déséquilibre. Jusqu’au dimanche 25 août, à Paris, il y a de la poésie dans l’air.

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Courants d’air

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J’ai rêvé

Géométries sud, fondation cartier, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Jorge Luis Borgès a dit : « j’ai rêvé la géométrie, j’ai rêvé la ligne, j’ai rêvé le plan et le volume. Le jaune, le rouge et le bleu. J’ai rêvé les mappemondes et les royaumes et le deuil à l’aube ». Hier après-midi, j’ai rêvé dépasser cette géométrie unique et je me suis perdu dans l’entre deux. J’ai rêvé de beauté, j’ai rêvé de bonheur, j’ai rêvé de se qui se voit parce qu’un nuage a disparu. J’ai rêvé de ce qui doit changer parce que des raisons fortuites entraînent ce changement. J’ai rêvé du reflet de la beauté et de l’élan de vie, j’ai rêvé…

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J’ai rêvé…

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Une histoire d’amour

Antinoüs Mondragone, 130 après J;C; Petit Palais Khnopff, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Hier après-midi, j’ai fait la connaissance d’Antinoüs Mondragone au Petit Palais. Il n’a que seize ans. Sa tête s’incline en avant sous le poids de sa chevelure nocturne. Son visage est large, l’allongement de ses paupières fait paraître ses yeux obliques. Il se caractérise par sa crédulité et son ignorance. Face à moi, son attribut premier est sa beauté…Autour de moi, le silence…Antinoüs, idéaliste et exalté est mort. Il s’est suicidé à vingt ans par amour pour l’empereur Hadrien qui ne connaissait que le désir et son assouvissement. Hadrien, mal à l’aise devant la force du sentiment de son jeune amant le blesse moralement et physiquement. Éperdument malheureux il transformera cet amour en œuvre d’art n’ayant pas le droit de déprécier le singulier chef-d’œuvre que fut son départ.

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Une histoire d’amour

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L’homme de bronze

Bronze de Joseph Bernard au Musée do Chiado, Lisbonne, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Il est midi, le jour est immobile et le soleil te fait pencher la tête. Ton bronze est encore plus noir que ton ombre. Tu regardes sans désir la ville qui se dresse à tes pieds dans l’air dru jusqu’au ciel. Un peu plus de lumière et le jardin s’incline devant ta nudité. Qui de nos jours, sait encore rester comme toi immobile ? Ta figure, d’une étrange beauté m’intrigue, m’inquiète même et j’éprouve le sentiment pénible qu’une si merveilleuse beauté pût s’allier à l’absence de toute sensibilité.

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La conversation des objets

Andrea Branzi, nature morte, gildalliere, 2010,CZ
Photo/Gilles Dallière

C’est une photographie de la mémoire, du souvenir, de l’histoire. Ici, quasiment un seul objet est cadré, un objet trivial et quotidien au possible, un meuble objet qui est surtout une œuvre d’art. « L’objet doit susciter d’emblée une pensée, bien avant d’être conçu comme fonctionnel, dans l’hypothèse utopique qui se construit en vue d’élaborer une synthèse cohérente », affirme Alessandro Mendini. Je suis ému par ce mouvement anti-design qui remet en cause la vision des choses. Il bouleverse les formes convenues. Je suis heureux de l’assemblage audacieux de ces boîtes peintes, stratifiées, marquetées. Curieux de découvrir qu’au sommet de la pyramide improvisée, une tête de mosaïque d’or m’observe étrangement pour me voler mon âme.

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Jupiter et Encelade

Anne et Patrick Poirier, Jupiter et Encelade, Antibes, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Sculpture/Anne et Patrick Poirier/Jupiter et Encelade, 1982-1983, cinq pierres romaines, marbre de Carrare, calcaire et bronze gravé/Musée Picasso/Antibes

« Les géants attaquèrent le ciel, Jupiter les foudroya ;
Typhon et Encelade étaient les plus considérables.
Devant les dieux ces géants pervertis
De leur malheur n’étant pas avertis,
Au firmament présentent l’escalade,
Là Typhon monte, ici grimpe Encelade,
Jupiter prend des foudres assortis.
Ces vastes corps les ont bien ressentis,
Jusqu’au dernier tous sont anéantis,
On leur faire une rude cascade.
Devant les dieux.
Leurs monts sur eux se sont appesantis,
Un peu trop tard ils s’étaient repentis,
D’une si brusque, et si haute incartade.
Contre le ciel frivole est la bravade,
Et n’en déplaise aux grands, ils sont petits.
Devant les dieux. »

Isaac de Benserade (1613/1691)

En ce jour de Noël laissons parler nos émotions en y puisant la force d’une foi dans l’humain, d’une nouvelle spiritualité.

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Jupiter et Encelade

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La tête à l’endroit

Clocher, Friligianika, Cythère, gildalliere, 2018 copie 3
Photo/Composition/Gilles Dallière

Je me suis mis la tête à l’envers, j’ai calculé le sens de la lumière et j’ai cherché à respecter la beauté géométrique et dynamique des lignes de construction de cette tour campanaire. Je me suis mis la tête à l’endroit, j’ai tiré des lignes autour du cercle de lumière construit dans le quadrilatère. Une équation mathématique bien connue des architectes. Un calcul où l’asymétrie recherchée, l’horizontalité et la verticalité sous-tendent le monde.

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La tête à l’endroit

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