TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Catégorie: Clichés/design
Ombre portée…
Façade sur le parc Gustavin, Nice, gildalliere, été 2022
Quand j’obture les ouvertures, portes ou fenêtres, par des stores, les interstices laissent filtrer la lumière. Elle est une incision dans les ténèbres. Et puis il y a cette façade, cette dialectique du vide dans le plein et du plein dans le vide, de l’aveuglement et de la lumière, celle de la liberté d’esprit créateur.
Quel philosophe disait : « La création c’est le passage du cercle au carré » ? De la courbe que l’on trouve dans la nature à l’angle droit que seul l’esprit humain a conçu, il y aurait ainsi deux réels, l’organique et l’organisé, le naturel et le culturel, et l’une des missions de l’art, peut-être sa grande utopie, serait de les réunir et de les confronter.
Ma photo « clair / obscur » Rémanence chez Gilles & Boissier
Je suis très heureux de retrouver une de mes photos dans cet appartement prestigieux. Très heureux de faire partie de la sélection des nouveaux artistes chez GILLES & BOISSIER, un des rendez-vous incontournables de la PARIS DESIGN WEEK. Vous me trouverez au milieu de la scénographie imaginée autour de la célèbre maison italienne FRETTE, et de leur nouvelle collection de meubles aux matières spectaculaires dans leur appartement boutique : 2 avenue Montaigne 75008 Paris.
La petite chapelle d’Aroniadika, Kithira, Grèce, gildalliere, été 2022
C’est longtemps après l’incendie que je suis revenu dans cette petite chapelle. La travée, vidée de ses meubles, reste comme un squelette blanchi à la chaux, il n’y reste plus que ce qui est sans valeur. La porte en bois calcinée mais sublime, a été remplacée par cette vulgaire porte en fer. Je ne me suis pas déplacé pour revoir les icônes, j’avais juste envie de tenir dans mes mains ces objets sans valeur, entassés dans un coin. Et l’humilité de ces objets me touche.
Une poignée de porte, Hora, Kithira, Grèce, gildalliere, été 2022
Vivre poétiquement cela ne voudrait pas dire autre chose que de laisser aux événements toute leur musicale ambivalence, ne pas exiger du temps la moindre rentabilité de bonheur, et laisser l’écoulement du sens entrer dans les profondeurs de notre désir, comme il va à travers le monde.
Escalier, Paléopoli, Kithira, Grèce, gildalliere, été 2022
Se poser, fermer les yeux, laisser l’instant devenir parfait, retrouver les géométries architecturales, et le hors-temps où l’enfance et l’avenir se superposent comme des couleurs. Être dans les bras d’une mère adorée, écouter les paroles d’un père qui s’est toujours tu. Avant de n’être rien.
Je ne peux pas le nier, je suis ici très proche du bonheur, protégé par le non-lieu, le non-espace, le non-temps d’une taverne créée pour un non-individu.
Les palmettes d’une maison, Pitsinades, Kithira, Grèce, gildalliere, été 2022
Le décor est devenu une philosophie, depuis que le monde a perdu de son étrangeté, depuis que les forêts et les océans sont répertoriés, l’absence d’inconnu oblige à se construire un décor. Chacun, dans une illusion de moi, peut le configurer à son image. Des toiles peintes et des Himalaya de stuc s’offrent au désir et, enfermé dans ces ersatz comme dans un palanquin d’or, on peut traverser la vie et le monde, lesquels ont perdu toute saveur. Un décor pour se cacher le vide du sens, ou une porte pour retrouver le sens, qui n’a jamais été perdu. Et c’est vrai, ici il n’y a plus qu’un ciel et une bande-son de palmettes.
Fenètre sur Arionadika, Kithira, Grèce, gildalliere, été 2022
Devant les couleurs chaudes de la fenêtre entrouverte, dans l’embrasure d’une architecture vénitienne, l’air est plein de parfums sombres, et je peux distinguer une légère odeur de figuier qui vient dans le sucre de sa source me rendre à la douceur des choses qui ne s’achètent pas.
ombre portée, Pitsinathès, Kithira, Grèce, gildalliere, été 2017
L’ombre ne vit qu’à la lumière. Effets de lumière sobres et captivants, dans lesquels triomphent la rigueur et la simplicité. Les sentiments et les impressions intemporelles sont ainsi exprimés avec une rare acuité. Je reste frappé par l’étonnante modernité de ces architectures où l’ombre crée le volume. Elle devient alors indispensable à la perspective qui construit l’espace.