Le jeu de l’ombre…

Jeu d’ombre, Avlemonas, Kithira, Grèce, gildallier, été 2022

Quand j’ai affaire à l’ombre, je lui demande ce qu’elle veut. Et si je demande à l’ombre ce qu’elle veut, elle me répond qu’elle souligne l’architecture. La connaissance du jeu de l’ombre et de la lumière, c’est la poésie de l’architecture, comme si les blancs du poème opéraient ainsi que les ombres de l’édifice structurent en négatif l’architecture, organisant les vides et les pleins, ainsi que les chinois pensent dans l’écriture la page « yang et yin », à l’encre noire.

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Le jeu de l’ombre…

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Imperfections…

Les géométries d’Avlémonas, Kithira, Grèce, gildalliere, été 2022

Comment s’éloigner de la perfection ?
De tous les arts du dessin pratiqués et perfectionnés par les Grecs, il ne reste plus que des lignes d’architectures immaculées, nées de l’utile. Elles se sont bien détachées des ordres dorique, ionique et corinthien, au point de les faire disparaître à mes yeux pour ne me présenter que des formes pures et immatérielles.

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Imperfections…

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Mon île…

Débarquement à Cythère, Grèce, gildalliere, été 2022

Retour en Grèce après trois ans d’absence. 2019, mon dernier été passé avec maman, 2020, la pandémie, 2021, ma chute dans les escaliers de Montmartre. À l’aéroport de mon île, rien à changé et ce grand vide architecturé me plaît, m’appelle, m’aspire. J’aime le formidable désœuvrement qui règne ici. J’y suis chez moi, au chaud malgré le vent et la froideur de l’esthétique dominante. Je vague les mains dans les poches, rien que mon Leica à mon œil.

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Mon île…

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Clair-obscur…

Le plafond Art déco des salons de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008

Je vis dans le clair-obscur de la conscience, sans jamais me trouver en accord avec ce que je suis. Les meilleurs d’entre nous abritent la vanité de quelque chose, et il y a une erreur d’angle dont j’ignore la valeur. Il m’arrive parfois, par certaines portes, d’apercevoir ce qui n’est peut-être que décor, mais là je suis subjugué par le style Art-déco, et je lève les yeux au ciel. Autour de moi le monde entier est confus, comme des voix perdues dans le labyrinthe des salons de la Villa Igiea.

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Est-ce bien réel…

Plafond de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008

À la Villa Igiea, la lumière a pris une teinte jaune d’une lenteur excessive. Les intervalles entre les choses se sont élargis. La chaleur, qui semble avoir augmenté paraît toute froide. Les volets intérieurs de la fenêtre, juste entrouverts, laissent entrevoir par cette fente étroite le jardin luxuriant. Il est d’un vert différent, tout imbibé de silence. Dans cette atmosphère mystérieuse, je me suis amusé à examiner, du dedans de l’âme, les lignes et les détails minutieux de ce plafond merveilleux, et en contemplant tout cela, je me suis demandé si c’était bien réel.

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Luxury life style…

Grand hôtel Villa Igiea, Palerme, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Prestige, luxe, lieu de vie idéal, de recherche de calme et de sérénité, le Grand Hôtel Villa Igiea à Palerme, affiche une solitude hiératique sur fond Acquasanta, protégé par le mont Pellegrino qui le surplombe. Un univers silencieux s’étend devant moi, d’un calme surprenant après tout le tumulte du voyage. La villa semble oubliée telle une belle endormie, noyée dans une végétation protectrice. J’entre enfin dans ce lieu où le temps semble suspendu et le silence règne en maître.

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Main courante…

La main courante, MAD, Paris, gildalliere, printemps 2022

L’escalier est le lieu idéal pour cacher un mystère ou se cacher dans le mystère de sa propre existence. Ici, aucune ingérence, aucun contact, ni optique, ni physique, je suis finalement libre de prendre la main courante pour descendre quelques marches et ressentir très fort la sensation que ma solitude de photographe est le meilleur moyen, le plus authentique, le plus honnête de saisir en passant la solitude des autres.

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Rendez-vous…

Rendez-vous, Liaigre, Paris, gildalliere, printemps 2022

Un rendez-vous, une rencontre, l’escalier d’honneur de cette prestigieuse maison d’architecture intérieure se reflète sur le laque noir de l’entrée. Je parviens à réunir en une seule et même image une présence intense et une profonde sensation de mystère. Voilà comment on construit des histoires en imaginant l’improbable, à la recherche d’une émotion que j’ai bien trouvée là-bas. L’escalier est hors du réel et hors du temps, comme s’il se situait bien au-delà de la beauté.

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Rendez-vous…

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Bibliothèque Richelieu, Paris, gildalliere, printemps 2022

Prestigieuse…

Après l’inauguration de l’Hôtel de la Marine, et de la collection Pinault à la Bourse de Commerce, la bibliothèque Richelieu réouvre cet été à proximité de l’axe transversal de la capitale. La magnifique salle Ovale, l’une des deux plus prestigieuses salles de lecture avec la salle Labrouste, devient une salle publique. Autour, un nouveau musée présente d’exceptionnelles collections. Elles sont exposées dans des espaces patrimoniaux de premier plan ; le salon Louis XV, qui a retrouvé son décor d’origine crème et or, et la galerie Mazarin avec son exubérant plafond à l’Antique, signé de l’italien Romanelli. J’ai cru apercevoir Le cardinal de Richelieu traînant toujours son image austère de trou à rats de bibliothèque, et Gustave Flaubert dans le cabinet des médailles qui examinait des monnaies anciennes.

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Prestigieuse…

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Quel temps fait-il là-haut ?

Passage Vivienne, Paris, gildalliere, printemps 2022

Je scrute l’escalier de l’immeuble. Il me semble que les murs parlent tout à coup, de vos voix emmêlées dans l’écheveau du temps. La vie est un mouvement. Est-ce l’existence qui façonne le destin ou le destin qui façonne l’existence : Dieu a-t-il créé le monde ou est-ce le monde qui a inventé Dieu ? Quel temps fait -il là-haut ?

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Quel temps fait-il là-haut ?

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