Soufflé d’or et de lumière

Valmarena, lustre de Venise, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière

Loin de ces rendez-vous savamment organisés, fait de mille éclats bleus, je regarde le temps chavirer dans les eaux profondes du lac de Côme. Dans ce flou artistique il n’y a pas d’ombre sans lumière. Cette harmonie secrète mène à l’indolence et l’envie me gagne de laisser le temps couler dans ce silence mystérieux qui résonne jusqu’au bout du ciel. Tout est là pour la mise en scène. Dans l’écrin du soleil couchant la pénombre glisse dans les cristaux de verre du lustre de Venise. Un rêve d’or et de ténèbres.

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Soufflé d’or et de lumière

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La sophistication

Entrée, avenue Montaigne, JK, 2014
Photo/Gilles Dallière/Francis Amiand

Léonard de Vinci a dit « la simplicité est la sophistication suprême. » Après Maison&Objet, je suis allé détendre mon regard sur la poésie du banc #Fallen Tree » YMERETMALTA#benjamingraindorge. En pureté et en puissance, il nargue le buste de Jules César dans cette étonnante entrée décorée par Joseph Karam. Il y a dans cet esquisse une légèreté et une joie qui stimulent l’esprit et réjouissent le cœur. Libre de tout superflu, le chêne sculpté adouci par les ombres crée une conscience affinée de l’espace, du vide et du silence.

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La sophistication

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Le couloir

Le passage, gildalliere,Mathias, 2007
Photo/Gilles Dallière

Il s’agit d’un long couloir animé par quelques marches. De murs garnis à droite comme à gauche de nombreuses portes. La lumière qui règne dans le long couloir est indirecte à tous points de vue. Une étoile suspendue au gris du ciel, un gris parisien évidemment qui reflète à peine la lumière. Dans ce désert, il n’est pour l’instant nul être. Le couloir, tel qu’il est ici décrit, est un désert, désert de tout être à même de porter sur ce vide un regard qui appuierait sa description. Vide de tout meuble, vide de tout être, rien n’est accroché aux murs gris affleurés par les portes qui les encadrent. Il s’agit là d’une certitude. Nulle ombre n’existe dans ce long couloir gris et si c’était le cas, cette ombre, inattendue, serait précisément l’ombre au tableau.

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Le couloir

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Le nouvel âge

Passion de fleurs, gildallière, Alain Gelberger
Photo/Gilles Dallière/Alain Gelberger

Que dit la passiflore coulée dans son vase de bronze ? Elle émerge à grand peine, aspirant au soleil, la pauvre solitaire. Dans cet alliage de cuivre et d’étain tes jours n’ont qu’une courte aurore. Patiné par l’histoire le vase est immortel. D’abord, il y a la matière, elle en impose par son poids, habite l’espace tout en se pliant aux formes modernes. Sa résistance est fascinante. Puis vient le geste, modelé avec passion par Laurence Montano, le matériau appelle la caresse, le plaisir tactile, la patine, le poli. De tout temps le bronze est en dehors des modes. Quand à toi pauvre petite fleur, tu exhales avec peine tes passions de grimpante.

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Le nouvel âge

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La persienne

Gandria-Lugano, Italie, 2008.
Photo/Gilles Dallière

Le cœur de la persienne traversé de lumière définit le temps du passage, le moment où l’on coulisse de la réalité au rêve, où l’on bascule de la vie à la mort. La transparence devient un objet architectural ambigu, tantôt comme un leurre, tantôt comme une utopie. Elle comporte à mes yeux une certaine part d’opacité et laisse entrevoir derrière sa résille de fer rouillé la carte du ciel et le bruissement de la vie.

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La persienne

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L’ammonite de béton brut

Escalier, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Sans ornement l’escalier prend l’apparence d’une ammonite. En son centre l’espace vertical monte dans un vide qui donne de l’ampleur à la construction. La beauté intrinsèque de la peinture écaillée, du béton brut, du plâtre mis à nu, de la main courante en fer rouillé, du sol buriné est ouvertement accentuée par le travail du temps. La force de cette spirale semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Le vide résonne d’un silence magnifique.

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L’ammonite de béton brut

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L’intense obscurité

Bol, nature morte, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Entre Orient et Occident, il faut apprendre à être paisible. Il faut apprendre à regarder la lumière sculpter l’objet. Un objet précis posé sur un coussin de soie rouge confronté au couvercle d’un vieux coffre de bois d’une beauté imparfaite. Dans le bol, il y a le vide. Autour, la pénombre est essentielle. Le rayon de soleil qui illumine l’intense obscurité révèle l’incroyable beauté de la robuste structure du bois.

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L’intense obscurité

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La lumière

Ombre et lumière, Anvers, gildallière, 2006
Photo/Gilles Dallière

La lumière donne la vie. Elle remplit le vide. Quelques meubles bien choisis, résistants aux tendances et aux modes, enrichis par la caresse du temps, une photographie accrochée à minima et le silence. Le vide est l’espace où se déploie l’essentiel et la simplicité est le résultat direct d’une réflexion profonde.

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La lumière

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Composition

Nature morte, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Laisser une chose incomplète la rend intéressante et procure le sentiment qu’il reste de la place pour son développement.
Yoshida Kendo

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Composition

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L’élégance

Le château Ste-Hélène, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À la recherche d’un nouvel art de vivre dans lequel domine la simplicité des formes, les architectes vont réinterpréter les volumes et géométriser le décor. Nous sommes en 1922 et en descendant ces quelques marches, je me mets à rêver de sentir les effluves de « Ambre Antique », « Émeraude », « L’Origan », « L’Aimant », « Le Jasmin de Corse », où le premier parfum de François Coty, industriel, parfumeur, propriétaire du château Saint-Hélène, « La rose jacqueminot ». C’est bien ça l’élégance. Aucun autre débordement n’est permis sinon imaginer entendre le craquement d’une soie froissée, fantôme parmi les fantômes où l’ombre portée de mes années profondes.

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L’élégance

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