Qui est-tu Alexandre ?

Mon rochegaussen, gildalliere, Paris, 2019-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

J’ai accroché mon Rochegaussen à mes murs. Heureux, il flirt avec une encre de chine de Michel Raffaelli.
Qui est-tu Alexandre ? Un peintre ? Un photographe ? Un funambule ? Un poète ? Un magicien ?
Tu te racontes des histoires sur les cloisons de ton atelier. Des histoires d’ombres, des histoires sans dessus-dessous, de liens et de sueurs froides. Tu rêves en noir et blanc mais le rouge s’y greffe avec fureur. À quoi pensais-tu donc en dessinant ce chat portant le contour d’une maison esquissée à la craie ? Avec ses yeux « papercraft » il a l’air de se laisser conduire où bon lui semble, mais est-il bien certain d’arriver à ses fins ? Il porte sur son dos un autre que lui, un lien qui l’attache à une ombre portée. Dans ses yeux il est question de peur. Je l’ai pourtant sauvé de la danse macabre ou d’autres chat-hiboux, s’ils n’étaient pas tranchés, voulaient le dévorer. Il a la trouille, il baisse la tête : « Game over ».
Allez, viens danser avec moi.

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Qui est-tu Alexandre ?

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Karl Lagerfeld

Karl Lagerfeld, la Vigie
Reportage/Gilles Dallière/Photo/Nicolas Millet

Karl Lagerfeld aimait la démesure. Il avait le sens de l’invention et de la réinvention. J’ai eu le plaisir de photographier la Vigie à Monte Carlo, au bord du golfe de Monaco. Une Villa toute blanche qui évoque la Riviera d’antan. Louis XV et Louis XVI s’y sentiraient chez eux. Volubile et drôlement présent, Monsieur Lagerfeld était disponible, concentré, pertinent, c’était un abîme de culture sans pédanterie. À la Vigie, le temps n’existait plus. Pour lui, c’était l’aisance avec laquelle on habitait les maisons qui était important. La maison idéale ? C’était toujours la prochaine, comme une collection. C’était le rêve inaccessible qui poussait à créer. Faire des robes, du dessin, de la photo, de l’édition, des maisons, peu importe, c’était la seule façon qu’il avait de vivre, en travaillant, en s’amusant, en utilisant ses défauts, en les récupérant. Vous êtes, Monsieur Lagerfeld un merveilleux souvenir.

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Karl Lagerfeld

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La voltige architecturale

Le grand escalier du Four Seasons Hotel Ritz, Lisbonne, gilles Dallière, 2007
Photo/Gilles Dallière

Devant moi, face à la colonne en céramique sculptée, flotte l’image d’un escalier dont la courbe enveloppée de ces panneaux de laque dévide la spirale du chemin. Ce miracle d’architecture posé sur les bambous d’or à la clarté du soleil, s’enroule sur lui-même pour disparaître de façon significative. Il voltige dans l’espace et dans cette perspective prodigieuse, les deux extrémités noyées d’ombre me semble plonger dans le ciel et l’enfer.

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L’harmonie

Nature morte, Anvers, AV, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Peinture écaillée, murs revenus à un mélange de plâtre et de terre sont tous appréciés comme une forme d’art abstrait renforcé par le passage du temps. Ici tout est adouci par les ombres. Il y a une absence de suffisance ou de fouillis éclectique avec seulement quelques œuvres bien choisies résistants aux tendances et aux modes.

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L’harmonie

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L’art et le design

Sawaya et Moroni, Milan  gildalliere, 2008
Photo/Texte/Reportage/Gilles Dallière/Marie-Jo Malais/FrancisAmiand

Dans son appartement milanais, William Sawaya cultive les esthétiques radicales et les technologies pointues qui laissent la nostalgie au vestiaire. « Pourquoi inonder le marché avec des choses banales ? Je fais le choix de l’exception en commençant là où s’arrêtent les autres éditeurs de design. » l’architecte et designer, fondateur en 1984 de la maison d’édition Sawaya & Moroni avec son comparse Paolo Moroni accompagne les créations de Zaha Hadid, de Jean Nouvel, de Dominique Perrault ou de Jakob & McFarlane. « Que des pièces exceptionnelles limitées à une centaine d’exemplaires pour une clientèle qui cherche l’Objet et pas un simple meuble. » La grandeur néoclassique du lieu reçoit, dans un accord parfait, l’art et le design.

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La conversation des objets

Andrea Branzi, nature morte, gildalliere, 2010,CZ
Photo/Gilles Dallière

C’est une photographie de la mémoire, du souvenir, de l’histoire. Ici, quasiment un seul objet est cadré, un objet trivial et quotidien au possible, un meuble objet qui est surtout une œuvre d’art. « L’objet doit susciter d’emblée une pensée, bien avant d’être conçu comme fonctionnel, dans l’hypothèse utopique qui se construit en vue d’élaborer une synthèse cohérente », affirme Alessandro Mendini. Je suis ému par ce mouvement anti-design qui remet en cause la vision des choses. Il bouleverse les formes convenues. Je suis heureux de l’assemblage audacieux de ces boîtes peintes, stratifiées, marquetées. Curieux de découvrir qu’au sommet de la pyramide improvisée, une tête de mosaïque d’or m’observe étrangement pour me voler mon âme.

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Le rêve de l’escalier

Escalier, belgique, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Cette nuit, dans mon rêve, parmi les cauchemars dont les esprits de la nuit s’amusent à tourmenter les humains, il y a cet escalier Art Nouveau. En montant à l’étage, ce Pantagruel en bois massif multiplie les paliers. La rampe se dérobe sous ma main, se fragmente, se pulvérise, les marches hautes comme des tours se creusent en abîmes ou s’amenuisent en barreaux ployant au-dessus du vide. Une obsédante perception et l’impression parfois que la terre balance autour de moi et puis s’arrête, me laissant nauséeux pendant quelques minutes. Un simple vertige, c’est pour ça que je suis allé voir le docteur Volstein. Rien de grave jusqu’alors, Dieu merci…

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Le rêve de l’escalier

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La valse des lilas

Dimanche matin, belgique, gildallière, Boxii 2012
Photo/Gilles Dallière

On ne peut pas vivre ainsi que tu le fais
D’un souvenir qui n’est plus qu’un regret
Sans un ami et sans autre secret
Qu’un peu de larmes.
Pour ces quelques pages de mélancolie
Tu as fermé le livre de ta vie
Et tu as cru que tout était fini.
Mais tous les lilas
Tous les lilas de mai
N’en finiront, n’en finiront jamais
De faire la fête au coeur des gens qui s’aiment.
Tant que tournera, que tournera le temps
Jusqu’au dernier, jusqu’au dernier printemps
Le ciel aura, le ciel aura vingt ans
Les amoureux en auront tout autant.
Si tu vois les jours se perdre au fond des nuits
Les souvenirs abandonner ta vie
C’est qu’ils ne peuvent rien contre l’oubli…
Michel Legrand

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La valse des lilas

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Souvenir renouvelé

Bibliothèque, Robert Gervais 2011
Photo/Gilles Dallière

Gustave Flaubert a dit : « c’est une belle chose qu’un souvenir, c’est presque un désir qu’on regrette. » je ne regrette rien, et dans ce souvenir tout ce que je suis est là : l’amour de l’art, l’admiration du beau, le large compas ouvert sur toute chose, l’amour suprême de la forme, la religion du cadrage, l’interprétation, la mise en place, la composition, une course inlassable vers l’idéal. Pour qui prend un peu de hauteur, pour qui voit les choses avec quelques attentions, on retrouve encore bien plus qu’on ne trouve ; mille notions que l’on avait en soi qu’à l’état de germe s’agrandissent et se précisent, comme un souvenir renouvelé.

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De bronze et de marbre

Escalier, Nellcote, Villefranche sur mer, JK., 2013
Photo/Gilles Dallière

Le soleil méditerranéen accable la villa de sa lumière. La déesse se dresse, vivante, à cette heure de l’après-midi sous l’immense azur de l’escalier faisant sur la verrière une tache sombre. Elle s’étire, balançant son enfant sur ses épaules. Le plissé de sa toge glissant de ses larges hanches jusqu’au creux de son dos. Le poids de son marbre immaculé tire en arrière sa tête délicate et lui donne un air triomphant et paresseux. Elle sourit d’un blanc sourire comme si elle apercevait un miroir reflétant sa beauté, belle et froide comme l’albâtre.

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De bronze et de marbre

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