Le nouvel âge

Passion de fleurs, gildallière, Alain Gelberger
Photo/Gilles Dallière/Alain Gelberger

Que dit la passiflore coulée dans son vase de bronze ? Elle émerge à grand peine, aspirant au soleil, la pauvre solitaire. Dans cet alliage de cuivre et d’étain tes jours n’ont qu’une courte aurore. Patiné par l’histoire le vase est immortel. D’abord, il y a la matière, elle en impose par son poids, habite l’espace tout en se pliant aux formes modernes. Sa résistance est fascinante. Puis vient le geste, modelé avec passion par Laurence Montano, le matériau appelle la caresse, le plaisir tactile, la patine, le poli. De tout temps le bronze est en dehors des modes. Quand à toi pauvre petite fleur, tu exhales avec peine tes passions de grimpante.

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Le nouvel âge

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La persienne

Gandria-Lugano, Italie, 2008.
Photo/Gilles Dallière

Le cœur de la persienne traversé de lumière définit le temps du passage, le moment où l’on coulisse de la réalité au rêve, où l’on bascule de la vie à la mort. La transparence devient un objet architectural ambigu, tantôt comme un leurre, tantôt comme une utopie. Elle comporte à mes yeux une certaine part d’opacité et laisse entrevoir derrière sa résille de fer rouillé la carte du ciel et le bruissement de la vie.

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La persienne

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L’ammonite de béton brut

Escalier, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Sans ornement l’escalier prend l’apparence d’une ammonite. En son centre l’espace vertical monte dans un vide qui donne de l’ampleur à la construction. La beauté intrinsèque de la peinture écaillée, du béton brut, du plâtre mis à nu, de la main courante en fer rouillé, du sol buriné est ouvertement accentuée par le travail du temps. La force de cette spirale semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Le vide résonne d’un silence magnifique.

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L’ammonite de béton brut

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L’intense obscurité

Bol, nature morte, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Entre Orient et Occident, il faut apprendre à être paisible. Il faut apprendre à regarder la lumière sculpter l’objet. Un objet précis posé sur un coussin de soie rouge confronté au couvercle d’un vieux coffre de bois d’une beauté imparfaite. Dans le bol, il y a le vide. Autour, la pénombre est essentielle. Le rayon de soleil qui illumine l’intense obscurité révèle l’incroyable beauté de la robuste structure du bois.

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L’intense obscurité

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La lumière

Ombre et lumière, Anvers, gildallière, 2006
Photo/Gilles Dallière

La lumière donne la vie. Elle remplit le vide. Quelques meubles bien choisis, résistants aux tendances et aux modes, enrichis par la caresse du temps, une photographie accrochée à minima et le silence. Le vide est l’espace où se déploie l’essentiel et la simplicité est le résultat direct d’une réflexion profonde.

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La lumière

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Composition

Nature morte, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Laisser une chose incomplète la rend intéressante et procure le sentiment qu’il reste de la place pour son développement.
Yoshida Kendo

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Composition

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L’élégance

Le château Ste-Hélène, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À la recherche d’un nouvel art de vivre dans lequel domine la simplicité des formes, les architectes vont réinterpréter les volumes et géométriser le décor. Nous sommes en 1922 et en descendant ces quelques marches, je me mets à rêver de sentir les effluves de « Ambre Antique », « Émeraude », « L’Origan », « L’Aimant », « Le Jasmin de Corse », où le premier parfum de François Coty, industriel, parfumeur, propriétaire du château Saint-Hélène, « La rose jacqueminot ». C’est bien ça l’élégance. Aucun autre débordement n’est permis sinon imaginer entendre le craquement d’une soie froissée, fantôme parmi les fantômes où l’ombre portée de mes années profondes.

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L’élégance

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Belle Époque

bas relief, Nice, gildallière, 2019
Photo/Gilles Dallière

Éclectisme est bien le terme que peut le mieux définir l’architecture de Nice. Sur des camaïeux de beiges et d’ocres rosés, quelle étourdissante cacophonie architecturale. Loin des lignes pures et sensuelles, l’extravagance des bas reliefs, les arabesques et les rinceaux transforment radicalement l’aspect de cette villa qui devient passablement excentrique sans beaucoup d’humour ni de grâce. On cherche à épater, mais aussi à prouver et faire étalage de sa puissance. Et tout compte fait, cette maison style Belle Époque, un peu folle, n’a rien d’une amusante folie.

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Belle Époque

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Le conte de Fès…

Fontaine, Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière

Peux-tu acheter le parfum d’une rose sans la rose, écouter le son d’une musique sans l’instrument, entendre le chant du rossignol sans l’oiseau ?
L’amour est un mendiant qui cache un trésor dans ses guenilles et celui qui demande l’aumône peut gagner une couronne. Et c’est bien ici l’histoire d’Abdou qui vit et règne à Fès au palais al-Glaoui. Il s’est fait la mémoire de cette demeure abandonnée de la Médina. Il est le garant de l’usage abondant des compositions géométriques de ce monde féérique et plus que jamais il faut l’aider à se battre pour garder en mémoire l’architecture de son islam des lumières.

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Le conte de Fès…

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la lumière éternelle

Laure Welfling, Tanger, gildalliere, 2005
Photo/Gilles Dallière

Comment pourrais-je oublier ce palais des mille et une nuits ?
Comment ne pas entendre le long silence de tout ce blanc ?
Comment ne pas comprendre que derrière la porte entrouverte le chemin s’élargit progressivement vers la lumière ?
L’ombre se meurt.
Dans cette clarté tout s’achève, tout commence et tout est à venir.
L’image est installée, elle n’a plus besoin d’explications.
Mes yeux s’y accoutument lentement.

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la lumière éternelle

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