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Archives de Catégorie: Clichés/décoration
Sans fards…
La montée d’escalier de la villa Alfonsa, le Dramont; Saint-Raphaël, gildalliere, automne 2021
C’est une photo sans fards, un Rembrandt-Soutine sans peinture, une crucifixion sans croix. À peine (mais c’est l’à peine qui fait la force de l’image), peut-on lire ainsi tel détail de la rampe ou du sol en ciment, le tout surplombé par la croix que dessine la structure de la porte.
Une idée qui devient obsédante est celle qui rassemble étrangement dans une seule phrase quelques mots complexes : équilibre, chimère, crise, élévation, libertinage, chaos, orientation, entraves, cohérence, attente, diversité, duo, intrusion, identité, coulisses, loyauté, racines. Par rapport à ma future exposition j’ai déjà un titre : « Clair/Obscur ». La première photo, « Racines », se reflète dans le verre sécurité gris qui protège la « Mauvaise graine » de Francisco Ruiz de Infante, un tirage numérique à trois exemplaires. Tout autour les céramiques sont chargées de mémoire.
Clair/obscur #01. « Racines », parc du Dramont, Var, France, automne 2021. Tirage Fine-Art, 70x70cm, sur papier Digigraphie 308g, encres pigmentaires. Passe-partout 3.3mm, 90x90cm. Cadre en bois noir 90x90cm. Verre anti-reflet, anti-UV à 92%. Tirage d’auteur, Gilles Dalliere La franche juxtaposition des branches sombres et claires de « Racines » s’affirme comme une esthétique en soi. Elle s’accorde à l’explosion graphique des noirs saturés et des blancs éclatants de la photo de Jean-Claude Gautrand de la série « Métalopolis » galerie W.
Le buste de Louis XVI dans l’antichambre du Petit Trianon, Louis-Simon Boisot, 1777, Versailles, gildalliere, Automne 2021
Dans le reflet mercurisé du miroir de l’antichambre du Petit Trianon, la lumière est douce, presque laiteuse. Le buste en marbre du roi Louis XVI, sculpté par Louis-Simon Boisot en 1777, apparaît flouté, irréel, et en un clin d’œil le silence se fait. Tout autour, le décor n’est que douceur et harmonie. Le roi regarde l’ombre écrasante du tableau d’Élisabeth Vigée Le Brun représentant Marie-Antoinette à la rose. Dans les jardins intimes aux couleurs de l’automne, se mêle un reste de chaleur estivale.
Ombre et lumière sur le salon rond du Grand Trianon, Versailles, gildalliere, automne 2021
Au Grand Trianon, dans le salon rond, je suis saisi par l’éloge de l’ombre à la lumière. L’instant est éphémère, dense, essentiel. Un bruissement m’attire au niveau des colonnes corinthiennes qui encadrent la cheminée. C’est alors que derrière un tambour de menuiserie un passage donnant sur un petit escalier s’ouvre pour laisser passer les musiciens du roi vers la salle à manger. L’ombre s’est mise à répandre son univers dévorant sur la lumière magnifiée par le soleil couchant.
Les chaises musicales, Trianon, Versailles, gildalliere, automne 2021
Au Trianon, en regardant par la fenêtre, je suis entré dans l’Empire. J’y ai trouvé un drôle et tendre bestiaire, comme une variation nourrie du passage de Lewis Carroll. D’ailleurs les sculptures des Lalanne devraient rester sur place tellement elles y sont intégrées. Quant aux photos de Patrick Hourcade exposées au petit Trianon, elles nous plongent dans l’obscurité froide de l’hiver. Sur d’immenses tirages la nuit noire s’étire laissant à peine apparaître les flous d’une fontaine, l’horizon d’un soleil roi, les blancs de l’or de La chapelle restaurée, le rai de lumière qui écrase la gigantesque prise de la Smalah d’Horace Vernet. Dans des écrins de charbon , les lampas de soie dorée de la chambre de Marie-Antoinette et l’ornement ciselé de son petit théâtre réveillent le royaume des mythes.
La jungle du Petit Palais, Paris, gildalliere, 2021
Au milieu de la cour intérieure du Petit Palais, il y a un jardin comme une jungle et deux bassins de bel- albâtre. Partout, le Théorème de Narcisse de Jean-Michel Othoniel. Tout autour, en demi-cercle, de gros piliers de calcédoine et de porphyre et des arcs à l’antique sous lesquels se trouvent des galeries, longues et vastes, ornées de noeuds sauvages, reflets du monde mystérieux de l’artiste.
Les mosaïques du Petit Palais, Paris, gildalliere, automne 2021
La légende dit qu’il faut savoir lever les yeux pour percer tous les secrets de Paris. Le plus beau des spectacles se joue parfois à terre, juste sous mes pieds. Il prend la forme de splendides mosaïques. J’ai posé mon regard sur les sols du Petit Palais. Un carrelage à motifs géométriques en grès-cérame signé Giandomenico Facchina. Il existe des cultures dans lesquelles une mosaïque ne finit pas par devenir un produit mais se contente de rapporter des histoires secrètes, des mémoires, des mystères, qui sans cela, ne seraient jamais apparus. Ces volutes ont été inventées pour accompagner les gens dans les illusions de la vie.
Chef-d’oeuvre de ferronnerie, escalier du Petit Palais, Paris, gildalliere, Automne 2021
Dans les années 1900, une élite réagit contre les pasticheurs académiques, en puisant son inspiration dans les formes végétales. Charles Girault conçoit le Petit Palais comme un musée modèle qui associe avec élégance les références classiques, le style Art Nouveau et les innovations techniques. La ferronnerie en est un élément majeur. Deux escaliers sous les rotondes fédèrent et justifient toutes les audaces culturelles. Cette savante maîtrise de l’espace met en avant la qualité exceptionnelle des détails floraux de la rampe. Une œuvre raffinée, libérée de sa ténébreuse marginalité.
À l’intérieur du bâtiment, l’escalier de béton est la colonne vertébrale du Mobilier National. Il s’agit alors, pour Auguste Perret, de placer au rez-de-chaussée, sur les deux niveaux de sous-sol et les trois étages, les nombreuses et vastes réserves et ateliers. Une attention particulière est portée aux conditions climatiques : triples parois, triple ouverture, double vitrage aux fenêtres, tout est tenté pour réduire autant que possible les variations thermiques d’un immeuble destiné à la conservation des collections d’œuvres d’art.