TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Catégorie: Clichés/décoration
La lumière sur l’ornementation…
Ornements architecturaux, musée des Arts-décoratifs, Paris, gildalliere, printemps 2022
L’art de nous émouvoir par les effets de la lumière appartient à l’architecture, car dans tous les monuments susceptibles de porter l’âme à l’horreur des ténèbres ou bien, par ses effets éclatants, à la porter à une sensation délicieuse, l’artiste qui doit connaître les moyens de s’en rendre maître, peut oser se dire : je fais la lumière.
Réflexion de l’escalier de La Galerie Dior dans les vitrines, Dior, Paris, gildalliere, printemps 2022
Au niveau 3, La Galerie Dior rend hommage à la première vocation de Christian Dior, galeriste et marchand d’art. Sur des photos anciennes en noir et blanc, on le voit en compagnie de ses amis Salvador Dali, Christian Bérard et Jean Cocteau. Pensée comme une scénographie narrative par Nathalie Crinière, commissaire attitrée des rétrospectives Dior, La Galerie dévoile subtilement les précieuses archives de la Maison, de la couture aux parfums. On y trouve une myriade de robes merveilleuses imaginées par tous les successeurs talentueux de Dior, au premier rang desquels les créations de John Galliano et de Maria Grazia Chiuri se démarquent par leurs visions spectaculaires. Projetées dans ce musée d’un nouveau genre, de superbes vidéos montrent les couturiers successifs de la maison au travail dans l’atelier, qui occupe encore aujourd’hui les quatrième et cinquième étages au-dessus de La Galerie.
Escalier du 30 avenue Montaigne, Dior, Paris, gildalliere, printemps 2022
Depuis le « bureau de rêveries » de Christian Dior où ses songes se métamorphosent en croquis, jusqu’aux ateliers, où naissent des milliers de robes, en passant par la cabine où se pressent les mannequins, la passion créative anime la Maison. Le couturier imagine la mode de demain et orchestre, de sa badine, chacun des essayages, entouré de son « état-major de grande classe* » : ses fidèles collaboratrices, dont Mizza Bricard, cariatide de l’élégance Dior – sa muse et sa modiste –, Marguerite Carré – directrice des ateliers –, Suzanne Luling – directrice des ventes – et Raymonde Zehnacker – directrice du studio. Le jour tant attendu du défilé, une merveilleuse agitation règne dans la Maison et plus encore dans l’escalier, ce « monde à part » que décrit Christian Dior avec tendresse : « Comme les loges de théâtre, elle a ses fauteuils, ses lampes et ses miroirs. (…) Comme les loges, elle n’est habitée que par des fées. » Dans cet écrin magique, juste avant l’entrée des mannequins dans les salons où se déroule le défilé, les habilleuses, les coiffeuses, les premières d’atelier et les chefs de cabine s’affairent, se croisent et se bousculent dans un tourbillon de frénésie.
Salle d’exposition du palais des études, Beaux-arts, Paris, gildalliere, été 2021
Je m’abrite derrière la couleur même de la matière. Dans ce clair-obscur, je puise une énergie nouvelle. Les reflets bleutés des murs, les assemblages géométriques du sol, la brillance de l’acier des rampes de lumière, contrastent si fort avec la matité ocre rouge du plafond à caissons que les deux colonnes corinthiennes deviennent des icônes modernes. Elles luisent silencieusement dans la pénombre de la galerie d’exposition.
Galerie de la cour du Mûrier, école des Beaux-art, Paris, gildalliere, été 2021
Le printemps vient animer la cour du Mûrier de son rire cristallin. Il entre aujourd’hui sans bruit dans ma solitude. Il attend muet au seuil du bâtiment, les yeux à l’horizon rivés là où le tendre vert des pilastres s’évanouit dans l’ocre rouge et se meurt.
À partir de la cour du palais des Études, la grande salle vitrée de l’école des Beaux-arts, on a dressé des murs qui modifient l’espace. Ils donnent une version tout à fait imaginaire et en même temps réelle de ce lieu. Le temps semble comme arrêté au milieu de ce décor évoquant les vestiges antiques. Tout semble immobile. Tout semble « entre-tout », donc en dehors de tout. Entre le clos et l’ouvert, l’histoire paraît située dans un temps imaginaire, n’appartenant pas vraiment au passé, ni au futur et non plus au présent. Elle se situe en dehors du temps.
Composition architecturale, école des Beaux-arts, Paris, gildalliere, hiver 2022
Au milieu de cette énigme visuelle, on peut s’observer soi-même en prenant un peu de distance. Eh bien, ce monde si étrange qu’il semble du domaine du rêve, est la réalité. Chaque seconde qui s’écoule fabrique notre réalité quotidienne, elle-même aussi singulière qu’un rêve. Être compris, ou ne pas l’être, est un problème d’aujourd’hui.
Les couleurs continuent à se vanter, chacune convaincue de sa propre supériorité. Leur dispute devient de plus en plus sérieuse quand soudain un éclair apparaît dans le ciel milanais. La pluie commence à tomber à grosses gouttes, les couleurs, inquiètes, se rapprochent les unes des autres autour du lit pour se rassurer…
Le vert affirme : je suis le plus essentiel, c’est indéniable, je représente la vie et l’espoir. Le bleu prend la parole : sans moi tu ne serais rien. Le jaune rit dans sa barbe : vous êtes bien trop sérieux. Moi j’apporte le rire, la gaité et la chaleur dans le monde. L’orange élève la voix dans le tumulte : je suis la couleur de la santé et de la force. Le rouge qui s’est retenu jusque-là prend la parole haut et fort : c’est moi le chef de toutes les couleurs car je suis là couleur du danger et de la bravoure, de la passion et de l’amour. L’indigo dit calmement mais avec beaucoup de détermination : pensez à moi, je suis la couleur du silence. Et sans moi vous seriez insignifiantes. Vous avez besoin de moi pour l’équilibre, le contraste et la paix intérieure.