TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Catégorie: Clichés/décoration
La vitrine…
A qui est cette plante dans la vitrine, Kithira, Grèce, gildalliere, 2té 2022
Il n’y a rien dans la vitrine, juste une plante épuisée et du vide. La boutique médite sur ses jours, tant d’actions inutiles, tant de commerce éloigné du sens, et les foules de touristes brassées pour un ouvrage sans nom ont oublié leur soumission. Il faut dire qu’à cette heure là, ils sont tous à la plage.
Le plafond Art déco des salons de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008
Je vis dans le clair-obscur de la conscience, sans jamais me trouver en accord avec ce que je suis. Les meilleurs d’entre nous abritent la vanité de quelque chose, et il y a une erreur d’angle dont j’ignore la valeur. Il m’arrive parfois, par certaines portes, d’apercevoir ce qui n’est peut-être que décor, mais là je suis subjugué par le style Art-déco, et je lève les yeux au ciel. Autour de moi le monde entier est confus, comme des voix perdues dans le labyrinthe des salons de la Villa Igiea.
Plafond de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008
À la Villa Igiea, la lumière a pris une teinte jaune d’une lenteur excessive. Les intervalles entre les choses se sont élargis. La chaleur, qui semble avoir augmenté paraît toute froide. Les volets intérieurs de la fenêtre, juste entrouverts, laissent entrevoir par cette fente étroite le jardin luxuriant. Il est d’un vert différent, tout imbibé de silence. Dans cette atmosphère mystérieuse, je me suis amusé à examiner, du dedans de l’âme, les lignes et les détails minutieux de ce plafond merveilleux, et en contemplant tout cela, je me suis demandé si c’était bien réel.
Grand hôtel Villa Igiea, Palerme, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008
Prestige, luxe, lieu de vie idéal, de recherche de calme et de sérénité, le Grand Hôtel Villa Igiea à Palerme, affiche une solitude hiératique sur fond Acquasanta, protégé par le mont Pellegrino qui le surplombe. Un univers silencieux s’étend devant moi, d’un calme surprenant après tout le tumulte du voyage. La villa semble oubliée telle une belle endormie, noyée dans une végétation protectrice. J’entre enfin dans ce lieu où le temps semble suspendu et le silence règne en maître.
La terrasse, Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008
Et plus vous grimpez, plus le silence se fait. Le charme vient de la solitude songeuse de cette atmosphère frissonnante qui semble sortir de cette merveilleuse terrasse. C’est le vrai luxe de cette île. Le silence est si précieux qu’on n’y entend parfaitement le son des vagues depuis la montagne. « Le temps s’arrête pour celui qui admire ». Ce sont les mots de Diderot.
La main courante, MAD, Paris, gildalliere, printemps 2022
L’escalier est le lieu idéal pour cacher un mystère ou se cacher dans le mystère de sa propre existence. Ici, aucune ingérence, aucun contact, ni optique, ni physique, je suis finalement libre de prendre la main courante pour descendre quelques marches et ressentir très fort la sensation que ma solitude de photographe est le meilleur moyen, le plus authentique, le plus honnête de saisir en passant la solitude des autres.
Un rendez-vous, une rencontre, l’escalier d’honneur de cette prestigieuse maison d’architecture intérieure se reflète sur le laque noir de l’entrée. Je parviens à réunir en une seule et même image une présence intense et une profonde sensation de mystère. Voilà comment on construit des histoires en imaginant l’improbable, à la recherche d’une émotion que j’ai bien trouvée là-bas. L’escalier est hors du réel et hors du temps, comme s’il se situait bien au-delà de la beauté.
The invisible collection, Féau Boiseries, Paris, gildalliere, printemps 2022
Louis XV aimait l’envol des courbes aériennes qui trompaient sa mélancolie, flattaient sa lascivité. J’aime cette inusable dichotomie qui se traduit en matière d’architecture intérieure par l’opposition entre les classiques et les modernes. Entre les artistes décorateurs et les designers. Entre le travail d’artisans qualifiés se référant à une tradition d’excellence, et les recherches expérimentales des stylistes designers : ici Thierry Lemaire et son petit canapé NIKO, et Louise Liljencrantz et la table basse CLOUD. @theinvisiblecollection
« Dis-moi où tu habites, je te dirai qui tu es. » Au-delà de cette formule, cent fois vérifiée, reconnaissons que la forme des informations contenues dans un même lieu, conçu, voulu, subi par celui qui l’occupe, constitue une sorte d’ADN de ce mystère infini : l’histoire d’une vie. Chez Féau Boiseries la décoration n’existe pas en tant que telle. Il n’y a pas que des décors et des décorateurs : un répertoire de formes et un catalogue de besoins. Il y a une histoire de passions, un savoir-faire immuable, des gestes qui se transmettent de génération en génération.
Boiseries du XVIIIème siècle Féau Boiseries, Paris, gildalliere, printemps 2022
Je suis resté des heures, fasciné par la galerie des décors de Féau Boiseries. La théorie des arts au XVIIIe siècle se conjugue pour inventer une certaine douceur de vivre à la française. C’est la marquise de Pompadour qui décida de rompre avec l’ornementation mouvementée du siècle des lumières, au profit de la ligne droite. Retour à la Grèce antique que l’on qualifiera de « néoclassique ».