Du sens à ma vie.

Le Martinez, Cannes, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Le Martinez/Cannes

Aujourd’hui, j’aime donner du beau à ma vie. De la joie. Du bonheur. Je vais définitivement m’éloigner des perfides, des prétentieux. Oublier les amis sans influence qui se croient influents. Les parasites verbeux, les minables sans avenir, les lâches, les jaloux inavoués, les envieux, les rancuniers, les pervers narcissiques. Et surtout les merdes sèches qui collent à mes pompes. EXIT.

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Du sens à ma vie.

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La souveraineté du vide.

Détail façade, Villa des Palmiers, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa des Palmiers/Palais de Marbre/Archives de Nice

La Villa des Palmiers est rescapée du raz-de-marée immobilier des années 60-70, témoin de la splendeur qu’atteignirent, dans la seconde moitié du XIXe siècle, certaines résidences de la Riviera. Un palais de marbre inondé de lumière. Il faut voir ce qui est : un détail de l’architecture de la façade palladienne. On traverse le jardin où l’eau des bassins à la française recouvre la pensée. Le vert absolu des arbres subtropicaux absorbe les fontaines. Les allées sinueuses affluent dans le corps. Le vent s’engouffre dans le sang. Le ciel remonte au cœur. Emporté, abandonné, repris. Et puis il y a le « tout autour ». Une barrière d’habitations dont l’armature en béton armé et les éléments standardisés permettent une construction rapide et compétitive. Alors la solitude est en nous comme une lame. Alors l’amour s’en va. Il ne saurait tenir dans l’étroitesse de cette folie. Il ne saurait même pas se contenter de ce bonheur. Il est libre.

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La souveraineté du vide.

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indécent.

Les lustres de la Villa Domergue, Cannes, gildalliere, Nice, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Domergue/Cannes

Je regarde le plafond du salon de la villa Domergue. Je tourne autour du lustre vénitien, une apothéose de cristal et d’or qui devient ambre avec le soir. Entre les colonnes asymétriques de l’escalier, je vois des anges et des nymphes signer un pacte secret. Mais à quoi bon te suspendre à des hauteurs vertigineuses si personne ne te voit ?

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indécent.

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Poésie inutile.

Voute céleste, gildalliere, Nice, 2019
Photo/Gilles Dallière/ Nice

Cher décor néoclassique, tu résistes encore, mais aujourd’hui la poésie est inutile. Avec le temps qui passe, pour seul titre de noblesse, tes effets tombent en ruine. Derrière ton âme gantée de blanc, tes doigts portent des traces de nicotine. Les architectes vont bientôt sévir. Ils opèrent à froid, ils décortiquent, ils désossent, ils trouvent des milliers de circonstances pour t’abattre. Ce sont de grands malades…

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Poésie inutile.

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La marquise.

Villa  Starzynski, Nice, promenade des Anglais, gildalliere, 2019.
Photo/Gilles Dallière/Nice

Voilà, les choses sont encore là, en représentation. La marquise de la villa Starzynski est là, dans le bleu du ciel, bordée d’un lambrequin à franges et à glands d’or, flanquée de maigres colonnes prises dans le mur. Elle protège tout ce qu’elle voit. Les couleurs sont cassées, le jour s’éteint, plus rien n’est à attendre, et j’attends quand même, je ne sais pas qui, je ne sais pas quoi ! Rien peut-être…

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La marquise

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Le garde-corps.

superposition, kithyra, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Grèce

Un moineau s’est posé sur le bord de la balustrade, m’a regardé avec une curiosité non dénuée de moquerie, se demandant ce qui pouvait tant m’occuper. Il s’est envolé quand il a compris qu’il ne s’agissait que de cadrer la rampe qui règne tout autour du bâtiment. Elle couronne le petit cube cycladique pour occuper le devant de la scène et son garde-corps s’incline comme pour lui rendre le salut.

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Le garde-corps.

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La tête rase du ciment.

Rampe, Cythère, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Grèce

Midi : les humains inhumains mangent des frites dans leurs terriers. Moi, J’enferme l’air dans une photo. Je suis au plus près des variations de la lumière. Le vent s’éloigne. Les herbes feignent l’immortalité. Trois arbres retiennent leur souffle. Tout ce que je vois de l’architecture est sans pesanteur, et dans mon cadrage, la tête rase du ciment de la rampe d’escalier devient vivante.

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La tête rase du ciment.

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La parenthèse.

L'étagère, Cythère, gildalliere, 2013
Photo/Gilles Dallière/Grèce

Un rayon de soleil enrichit le regard. Il dessine, précise, embellit une architecture brutaliste et authentique. Entre le monde et moi, je mets de temps en temps des guillemets, et je ne permets pas au monde de les franchir. Mais, de temps à autre, j’aime découvrir un bel objet, le reconnaître et, ouvrir la parenthèse m’inspire.

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La parenthèse.

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L’ornementation.

Gypseries, Malakoff, J.K., gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/Avenue Malakoff

Qu’est-ce qui infuse de l’or des stucs ?
Les ornements sont grands, larges, renflés, comme gorgés de sève végétale. Les guirlandes de fleurs, parcourent les poutres et les solives du plafond. Les têtes des angelots des mascarons sont presque toujours trop joufflues, même le feuillage des décors paraît gras. C’est ce qui constitue ici les caractéristiques majeures du style Régence : prépondérance de la sculpture dorée sur fond blanc, réduction de la palette chromatique, ordonnance quasi-symétrique des éléments de décoration. Tout est dit où presque.

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L’ornementation.

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De la place où l’on est…

Perspective, Malakoff, J.K., gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/Avenue Malakoff

Dans le panorama des grands décors, la galerie occupe la place la plus prestigieuse et la plus admirée. Elle est le lieu de passage où l’on s’arrête, pas à cause de la richesse des boiseries, mais parce que les décors de miroirs se répondent l’un à l’autre, et multiplient ainsi les perspectives. Chaque glace renvoie aux autres la figure du cristal de roche qu’elle reçoit, et ce que l’une n’a pas directement, elle l’emprunte à l’autre. Ainsi, l’œil y retrouve presque partout l’image de bien des choses qu’il a vues réellement, mais qui ne se peuvent plus voir de la place où l’on est. Même pas moi.

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De la place où l’on est…

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