L’harmonie

Nature morte, Anvers, AV, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Peinture écaillée, murs revenus à un mélange de plâtre et de terre sont tous appréciés comme une forme d’art abstrait renforcé par le passage du temps. Ici tout est adouci par les ombres. Il y a une absence de suffisance ou de fouillis éclectique avec seulement quelques œuvres bien choisies résistants aux tendances et aux modes.

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L’harmonie

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De l’ombre à la lumière

Monastère des Hiéronymites, Lisbonne, Portugal, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Je pose mon regard sur tout cela. Je feuillette comme un album de souvenirs les images fixées pour toujours sur la toile du virtuel. L’ancien et le moderne, les vestiges classiques et les gratte-ciels des métropoles, le paysage et l’architecture. Une patine sombre recouvre les cartes du passé pour mieux en accentuer la mélancolie. Et d’être encore étonné par la projection de l’ombre sur la lumière, d’avoir le regard émerveillé devant la beauté de ce contraste, c’est un sentiment auquel je ne peux renoncer. Et dire qu’il y a des gens qui ne voient rien.

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De l’ombre à la lumière

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L’art et le design

Sawaya et Moroni, Milan  gildalliere, 2008
Photo/Texte/Reportage/Gilles Dallière/Marie-Jo Malais/FrancisAmiand

Dans son appartement milanais, William Sawaya cultive les esthétiques radicales et les technologies pointues qui laissent la nostalgie au vestiaire. « Pourquoi inonder le marché avec des choses banales ? Je fais le choix de l’exception en commençant là où s’arrêtent les autres éditeurs de design. » l’architecte et designer, fondateur en 1984 de la maison d’édition Sawaya & Moroni avec son comparse Paolo Moroni accompagne les créations de Zaha Hadid, de Jean Nouvel, de Dominique Perrault ou de Jakob & McFarlane. « Que des pièces exceptionnelles limitées à une centaine d’exemplaires pour une clientèle qui cherche l’Objet et pas un simple meuble. » La grandeur néoclassique du lieu reçoit, dans un accord parfait, l’art et le design.

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L’art et le design

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Le rêve de l’escalier

Escalier, belgique, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Cette nuit, dans mon rêve, parmi les cauchemars dont les esprits de la nuit s’amusent à tourmenter les humains, il y a cet escalier Art Nouveau. En montant à l’étage, ce Pantagruel en bois massif multiplie les paliers. La rampe se dérobe sous ma main, se fragmente, se pulvérise, les marches hautes comme des tours se creusent en abîmes ou s’amenuisent en barreaux ployant au-dessus du vide. Une obsédante perception et l’impression parfois que la terre balance autour de moi et puis s’arrête, me laissant nauséeux pendant quelques minutes. Un simple vertige, c’est pour ça que je suis allé voir le docteur Volstein. Rien de grave jusqu’alors, Dieu merci…

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Le rêve de l’escalier

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Souvenir renouvelé

Bibliothèque, Robert Gervais 2011
Photo/Gilles Dallière

Gustave Flaubert a dit : « c’est une belle chose qu’un souvenir, c’est presque un désir qu’on regrette. » je ne regrette rien, et dans ce souvenir tout ce que je suis est là : l’amour de l’art, l’admiration du beau, le large compas ouvert sur toute chose, l’amour suprême de la forme, la religion du cadrage, l’interprétation, la mise en place, la composition, une course inlassable vers l’idéal. Pour qui prend un peu de hauteur, pour qui voit les choses avec quelques attentions, on retrouve encore bien plus qu’on ne trouve ; mille notions que l’on avait en soi qu’à l’état de germe s’agrandissent et se précisent, comme un souvenir renouvelé.

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Souvenir renouvelé

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De bronze et de marbre

Escalier, Nellcote, Villefranche sur mer, JK., 2013
Photo/Gilles Dallière

Le soleil méditerranéen accable la villa de sa lumière. La déesse se dresse, vivante, à cette heure de l’après-midi sous l’immense azur de l’escalier faisant sur la verrière une tache sombre. Elle s’étire, balançant son enfant sur ses épaules. Le plissé de sa toge glissant de ses larges hanches jusqu’au creux de son dos. Le poids de son marbre immaculé tire en arrière sa tête délicate et lui donne un air triomphant et paresseux. Elle sourit d’un blanc sourire comme si elle apercevait un miroir reflétant sa beauté, belle et froide comme l’albâtre.

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De bronze et de marbre

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Soufflé d’or et de lumière

Valmarena, lustre de Venise, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière

Loin de ces rendez-vous savamment organisés, fait de mille éclats bleus, je regarde le temps chavirer dans les eaux profondes du lac de Côme. Dans ce flou artistique il n’y a pas d’ombre sans lumière. Cette harmonie secrète mène à l’indolence et l’envie me gagne de laisser le temps couler dans ce silence mystérieux qui résonne jusqu’au bout du ciel. Tout est là pour la mise en scène. Dans l’écrin du soleil couchant la pénombre glisse dans les cristaux de verre du lustre de Venise. Un rêve d’or et de ténèbres.

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Soufflé d’or et de lumière

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Le couloir

Le passage, gildalliere,Mathias, 2007
Photo/Gilles Dallière

Il s’agit d’un long couloir animé par quelques marches. De murs garnis à droite comme à gauche de nombreuses portes. La lumière qui règne dans le long couloir est indirecte à tous points de vue. Une étoile suspendue au gris du ciel, un gris parisien évidemment qui reflète à peine la lumière. Dans ce désert, il n’est pour l’instant nul être. Le couloir, tel qu’il est ici décrit, est un désert, désert de tout être à même de porter sur ce vide un regard qui appuierait sa description. Vide de tout meuble, vide de tout être, rien n’est accroché aux murs gris affleurés par les portes qui les encadrent. Il s’agit là d’une certitude. Nulle ombre n’existe dans ce long couloir gris et si c’était le cas, cette ombre, inattendue, serait précisément l’ombre au tableau.

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Le couloir

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La persienne

Gandria-Lugano, Italie, 2008.
Photo/Gilles Dallière

Le cœur de la persienne traversé de lumière définit le temps du passage, le moment où l’on coulisse de la réalité au rêve, où l’on bascule de la vie à la mort. La transparence devient un objet architectural ambigu, tantôt comme un leurre, tantôt comme une utopie. Elle comporte à mes yeux une certaine part d’opacité et laisse entrevoir derrière sa résille de fer rouillé la carte du ciel et le bruissement de la vie.

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La persienne

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L’ammonite de béton brut

Escalier, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Sans ornement l’escalier prend l’apparence d’une ammonite. En son centre l’espace vertical monte dans un vide qui donne de l’ampleur à la construction. La beauté intrinsèque de la peinture écaillée, du béton brut, du plâtre mis à nu, de la main courante en fer rouillé, du sol buriné est ouvertement accentuée par le travail du temps. La force de cette spirale semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Le vide résonne d’un silence magnifique.

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L’ammonite de béton brut

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