TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Tag: architecture
Main courante…
La main courante, MAD, Paris, gildalliere, printemps 2022
L’escalier est le lieu idéal pour cacher un mystère ou se cacher dans le mystère de sa propre existence. Ici, aucune ingérence, aucun contact, ni optique, ni physique, je suis finalement libre de prendre la main courante pour descendre quelques marches et ressentir très fort la sensation que ma solitude de photographe est le meilleur moyen, le plus authentique, le plus honnête de saisir en passant la solitude des autres.
Un rendez-vous, une rencontre, l’escalier d’honneur de cette prestigieuse maison d’architecture intérieure se reflète sur le laque noir de l’entrée. Je parviens à réunir en une seule et même image une présence intense et une profonde sensation de mystère. Voilà comment on construit des histoires en imaginant l’improbable, à la recherche d’une émotion que j’ai bien trouvée là-bas. L’escalier est hors du réel et hors du temps, comme s’il se situait bien au-delà de la beauté.
Après l’inauguration de l’Hôtel de la Marine, et de la collection Pinault à la Bourse de Commerce, la bibliothèque Richelieu réouvre cet été à proximité de l’axe transversal de la capitale. La magnifique salle Ovale, l’une des deux plus prestigieuses salles de lecture avec la salle Labrouste, devient une salle publique. Autour, un nouveau musée présente d’exceptionnelles collections. Elles sont exposées dans des espaces patrimoniaux de premier plan ; le salon Louis XV, qui a retrouvé son décor d’origine crème et or, et la galerie Mazarin avec son exubérant plafond à l’Antique, signé de l’italien Romanelli. J’ai cru apercevoir Le cardinal de Richelieu traînant toujours son image austère de trou à rats de bibliothèque, et Gustave Flaubert dans le cabinet des médailles qui examinait des monnaies anciennes.
Je scrute l’escalier de l’immeuble. Il me semble que les murs parlent tout à coup, de vos voix emmêlées dans l’écheveau du temps. La vie est un mouvement. Est-ce l’existence qui façonne le destin ou le destin qui façonne l’existence : Dieu a-t-il créé le monde ou est-ce le monde qui a inventé Dieu ? Quel temps fait -il là-haut ?
Et où vas-tu donc comme ça ? Où vas-tu ; il n’essaie même pas de répondre à la question. Il laisse simplement son cœur se vider de sa douleur. Il s’y autorise très rarement, craignant de succomber. Redoutant ce qu’une telle faiblesse risque de libérer. Redoutant de fondre en larmes. Heureusement il est seul sans personne pour le voir. Où vas-tu donc comme ça ? Là où me conduit la boussole du cœur.
La passerelle, centre Pompidou, Paris, gildalliere, printemps 2022
Réflexion…
À chacun sa manière de mener sa barque. Certains sont ouverts, d’autres pas. Certains ont besoin de compagnie et de vie sociale, d’autres sont plus solitaires. Ce vers quoi vous inclinez n’implique pas forcément quoi que ce soit quant à vos dispositions vis-à-vis de votre prochain. À chacun sa manière, personne ne devrait aller contre sa nature. Et chacun trimballe derrière lui son bagage. Ses blessures. Ses noeuds. Certains passent leur vie entière à les traiter. D’autres pas.
La passerelle du centre Pompidou, Paris, gildalliere, printemps 2022
Nous n’entendons plus les soupirs inquiets du vent, mais de sombres vrombissements de moteurs, des sifflements de trottinettes, des ronflements. On construit des forêts de tuyaux soudés les uns aux autres. On dessine des horizons de cristal qui, en réalité, ne nous permettent de voir ni le ciel, ni les galaxies, mais seulement d’autres forêts de tuyaux.
Projection, Centre Pompidou, Paris, gildalliere, printemps 2022
Le temps s’arrête, les ombres se figent, un couple passe, demeure le souvenir. S’effaçant, vieillissant. Nous sommes des êtres flous avec un je-ne-sais-quoi de net. Lorsque l’œil se détourne et revient pour rencontrer à nouveau l’image, ce qui frappe, c’est ce mur maculé de lumière qui cerne le mystère de nos vies.
La lumière de l’ombre, cour intérieur,Paris, gildalliere, printemps 2022
La lumière se faufile le long des murs de brique dans des perspectives inhospitalières. La nuit tombe. Elle est happée dans le labyrinthe architectural de la cour intérieure, et j’ai l’impression que la frontière entre la réalité et le monde de l’illusion est mouvante. C’est une sensation étrange qui s’exprime par un monochrome presque luisant. Les ombres et la lumière sont enveloppées d’une infinité de couches, et quand je les contemple, le point de fuite finit par m’échapper.
Institut des cultures d’Islam, Paris, gildalliere, printemps 2022
Alors que prospèrent les tentatives de rigidification de la pensée, l’exposition Silsila, le voyage des regards, présentée par l’institut des cultures d’Islam, interroge tout en nuances les notions de transmission et de représentation à travers les œuvres d’artistes qui vivent en France et dont l’histoire personnelle ou familiale s’inscrit dans un parcours migratoire.