Jeu de scène…

Le milieu est bleu, Ulla von Brandenburg, installation textile, Palais de Tokio, Paris, gildalliere, été, 2020
Photo/Gilles Dallière/Palais de Tokyo/Paris

La bâche d’Ulla Von Brandenburg est théâtrale, comme une courtisane parée quand elle s’offre aux regards par delà les projections des rayons du soleil. Elle dessine les formes d’histoires imaginaires. Celles, harmonieuses des voiles gonflées par la vie, celles, plus escarpées et dures du cap et de l’écueil. L’homme est à nu devant les couleurs du pampre de l’écume et des éclaires d’une sonorité répétitive. La toile se noie dans l’outre-mer d’une installation percée à vif, plissée à mi-hauteur du bleu d’un ciel changeant.

Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

Jeu de scène…

Image

D’ombres et de lumière…

Escalier du Majestic, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Nice

La lumière, tamisée d’Art déco, panse des plaies invisibles. L’architecture est un spectacle, et on devrait se mettre dans un fauteuil de velours rouge pour l’admirer. Un mur ouvert comme celui-ci : c’est un livre. Je deviens moi-même une des phrases de son histoire, et j’ai alors le bonheur d’être presque aussi intelligent que le rayon de soleil qui traverse ces fenêtres.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

D’ombres et de lumière…

Image

Le goût du silence…

Réflexion, avenue Malakoff, Paris, gildalliere, J.Karam, 2019
Photo/Gilles Dallière/Paris

Je me demande de qui je tiens la volupté du simple. Ce goût du silence. D’où vient cet amour du détail ? Celui de la démesure pour le fou rire qu’il procure ? La lucidité du pire comme du meilleur ? L’ascèse luxueuse du beau ?
Je sais que le miroir de ce marbre poli brillant me sépare de l’infini. Mais il y a une petite chose que personne ne voit, et qui ne fait pas vraiment l’affaire d’un monde soucieux d’efficacité, de pouvoir, et de rendement. Ma place est bien ici, dans la marge de cet espace ouvert : un autre réel.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Le goût du silence…

Image

Hallucination…

Silence, Essaouira, gildalliere, Maroc,HLD, 2008
Photo/Gilles Dallière/Essaouira/Maroc

La lumière, n’est-elle pas une hallucination de la nuit ?
Et le vent, n’est-il pas de couleurs si différentes qu’on se demande si c’est le même ?
Autour de moi, une coursive carrelée de ciment noir, baigne dans une lumière abrasive au regard, hypnotique, mystérieuse. Le soleil s’incline tremblant dans l’air de toutes ses ombres.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Hallucination…

Image

Théâtralité…

Escalier, Le Corbusier, Villa Savoye, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière/Villa Savoye/Poissy

Les noires et tombantes verticales de la Villa Savoye dialoguent entre le vide et les transparences. Devant tant de beauté, l’âme s’abandonne à l’infini. La lumière est telle qu’elle se répand au creux du sculptural escalier blanc. La ligne noire de la main courante se tord. Elle s’élonge, et s’épuise dans une vigoureuse théâtralité. Puis, elle retombe, raide, rudimentaire, dans une scénographie où les enfonçures se font lumière.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

Théâtralité…

Image

Capturer l’instant…

Ombre portée, villa Savoye, gildallière, 2007
Photo/Gilles Dallière/Villa Savoye

Le temps est venu d’une nouvelle rupture, d’une autre vie. La lumière du soir perce en oblique la fenêtre du hall. Dehors, au dessus de ma tête des milliers d’étoiles apparaissent dans le ciel. Y a-t-il une seule de toutes ces étoiles pour veiller sur moi ?
La photo est au cœur de ma vie. C’est mon œil, ma respiration, mon amante, mon toucher, ma façon d’être. Ma vie, il me faut la réinventer, vierge de toutes les scories familiales, de tous les conflits, les déchirements, de tous les manques. La carte mémoire de mon Leica va imprimer ce que je suis, ce que je vois, ce qui m’émeut, me surprend, me bouleverse. Portraits, visages, attitudes, sens de la composition, du cadrage, je signe mon travail. J’essaie, je progresse, j’apprivoise la technique, les réglages, la lumière, la vitesse, la distance de déclenchement. Capturer l’instant et lui donner vie, à jamais.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Capturer l’instant…

Image

Histoire d’intérieur …

Matisse, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Musée Matisse/Nice

Par la fenêtre de la villa, je vois les inflorescences d’un palmier perdu dans l’or du soir. Tout gris, un vieil homme, couché sur la banquette regarde sa « Danseuse créole » plonger dans « la vague » d’ombres des colonnes en granit de son musée rouge. Moi, Henri Émile Benoît Matisse, je serai peintre, une gouache bleue à la main. Je croquerai des odalisques, des pommes vertes, et des pêches roses. Je cracherai des pépins de silence sur la plage. Je plongerai dans le clapotis de mes eaux-fortes, et pour finir, j’irai dans le jardin de Dieu, construire derrière mes compositions monumentales de papiers découpés, La Chapelle du Rosaire, mon chef-d’œuvre, jusqu’aux rives de la mort.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Histoire d’intérieur …

Image

Géométrie celeste…

La terrasse de la Villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Kérilos

J’écoute les assauts de l’eau contre le dogme pierreux de la villa Kérylos. J’ai levé la tête sur les lignes géométriques de la terrasse. Le sommet de la vie, serré dans une page bleue azur, fermée sous les reproches du soleil. J’aime qu’il y ait de l’air dans une page. Je la marge pour sentir le grand large. Le sommet de la vie, veux-tu que je te dise ce que c’est ? C’est écrire une lettre d’amour, sentir le feutre appuyer sur le papier, et voir le papier s’ouvrir à un jour plus grand que le jour.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Géométrie celeste…

Image

Écouter la lumière…

La chapelle brûlée, Cythère, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière/Cythère

Tout en haut, La chapelle a poussé dans le ciel. J’ai ouvert la porte calcinée. Je me suis assis dans l’ombre pour écouter la lumière. Tout est là, sous mes yeux, le passé, le présent, le futur. Je regarde les pierres, chacune a sa vibration propre parce qu’elles se servent de la lumière comme d’un miroir de poche. Dans leurs irrégularités, j’y vois une ombre, des secrets nourrissant le silence, un chagrin. J’ai donné mon cœur à cette absence et il en a fait ce qu’il a voulu.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

Écouter la lumière…

Image

L’abandon…

Abandon, Cythère, gildalliere, 2015
Photo/Gilles Dallière/Cythère

Derrière les roses de la moustiquaire, il y a une vie. J’ai ouvert la porte sur la main froide d’Éole qui froisse le silence. Posé mes yeux sur ce monde abandonné pour le déblayer. Entrevoir une somme de joie sous la somme de douleur. Au bout de ce monde écroulé, une fenêtre suspendue dans les airs encadre les pulsations colorées d’un ciel sauvage remonté des gravats.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

L’abandon…

Image