Qui est-tu Alexandre ?

Mon rochegaussen, gildalliere, Paris, 2019-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

J’ai accroché mon Rochegaussen à mes murs. Heureux, il flirt avec une encre de chine de Michel Raffaelli.
Qui est-tu Alexandre ? Un peintre ? Un photographe ? Un funambule ? Un poète ? Un magicien ?
Tu te racontes des histoires sur les cloisons de ton atelier. Des histoires d’ombres, des histoires sans dessus-dessous, de liens et de sueurs froides. Tu rêves en noir et blanc mais le rouge s’y greffe avec fureur. À quoi pensais-tu donc en dessinant ce chat portant le contour d’une maison esquissée à la craie ? Avec ses yeux « papercraft » il a l’air de se laisser conduire où bon lui semble, mais est-il bien certain d’arriver à ses fins ? Il porte sur son dos un autre que lui, un lien qui l’attache à une ombre portée. Dans ses yeux il est question de peur. Je l’ai pourtant sauvé de la danse macabre ou d’autres chat-hiboux, s’ils n’étaient pas tranchés, voulaient le dévorer. Il a la trouille, il baisse la tête : « Game over ».
Allez, viens danser avec moi.

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Qui est-tu Alexandre ?

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L’enfer souterrain

MeÃÅtro, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Le monde est une fenêtre. Dans cet encadrement, la main courante semble glisser sur la crasse d’un mur éreinté. Place de la République, dans le métro du XXIe siècle, l’anthologie des ombres décrit les corps d’une société atomisée, repliée sur la satisfaction de ses besoins personnels. Ils sont là, tous, dans leur distance. Ce qui n’apparaît pas se découvre dans le silence gris de ce cadre déchiré. Tous sont là, les mains posées sur la rampe gluante de cet enfer souterrain à courir vers je ne sais quoi.

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L’enfer souterrain

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Le génie des métamorphoses

Sépulture de Victor Brauner, cimetière de Montmatre, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

« Ma peinture est autobiographique, elle raconte ma vie et ma vie est exemplaire car universelle » Victor Brauner. Le surréalisme a fait l’impossible pour multiplier ces moments où l’homme, en proie à une émotion particulière est soudain empoigné par ce plus fort que lui qui le jette à son corps défendant dans l’immortalité. La peinture de Victor Brauner est riche de matière mentale. Son œuvre frappe par sa diversité, un éclectisme avant-gardiste qui le fera dépasser le surréalisme. Toute sa vie, Victor Brauner a crée des images insolites et des figures chimériques. Il emprunte aux arts primitifs et aux sciences occultes pour exprimer des archétypes universels. Et sur sa sépulture, les émotions ont deux visages stylisés. Ils illustrent son épitaphe : « Peindre c’est la vie, la vraie vie, ma vie. »

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Courants d’air

Calder, Picasso, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière

Alexandre Calder, selon les termes de Jacques Prévert est l’horloger du vent. À l’hôtel Salé, les plafonds s’ornent des gammes et des accords de mouvements inconnus. Calder sculpte l’abstraction du vide. Il redessine l’espace. Une idée merveilleuse qui n’a de prise sur rien sinon sur l’air et les forces qui s’opposent, les énergies qui se balancent, les poids et les contrepoids qui s’appellent et se contredisent. L’imagination se réjouit de ces formes pures qui s’échangent à la fois libres et réglées, suspendues à presque rien, échappant à la pesanteur, ne s’équilibrant que par leur déséquilibre. Jusqu’au dimanche 25 août, à Paris, il y a de la poésie dans l’air.

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Courants d’air

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La ville m’interdit d’entrer.

Passerrelle MÜller, architecture DVVD, Ivry-sur-Seine, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À Ivry-sur-Seine, sur la passerelle Müller, j’écrase la ville. Elle est là, difforme, à mes pieds, posée sur l’horizon, colonisée, violée, châtrée par des citoyens sûrs d’eux-même, sûrs de leurs décisions, de leurs idées, de leur logique, de leur agressivité, de leur perversité et de leur destin. Désormais je n’entends plus les soupirs inquiets du vent, mais le sombre vrombissement des moteurs, le sifflement dangereux des trottinettes qui couvre le pépiement des oiseaux, le ronflement de la voie ferrée. Derrière l’épaisseur blanche des rejets de la déchetterie, la ville m’interdit d’entrer… Elle me laisse dehors, me repousse et moi aussi d’une certaine manière je refuse d’y entrer.

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La ville m’interdit d’entrer.

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Faux départ

Nager en eaux troubles, Hossegor, 2014, gildallière
Photo/Gilles Dallière

J’ai appris avec calme une nouvelle qui me livre à un travail de démoralisation et de démolition. J’ai toujours imaginé des tas de choses dans la vie. Tout comme il existe un cimetière des éléphants, j’imagine aujourd’hui un cimetière des amours… je crois que pour certains je pourrais écrire un roman, mais il faudrait alors imaginer un cimetière des récits et ce n’est pas le propos d’aujourd’hui. Dans l’escalier de ma vie, ils sont devenus des fantômes qui se sont mis à me hanter avec insistance. Un escalier que je découvre pavé de courage, de vulnérabilité, de rêves, de magie et de désillusions.

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Entre les lignes

Réflexion, Frédéric Vayr, Ivry, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À un âge pas encore amer, mais plus tout à fait insouciant, je passe beaucoup de temps à observer les visages car ils me racontent des histoires. Derrière les traits de l’ophtalmologiste il y a les marques de la vie d’un autre visage et l’espace-temps de ces deux profils représente bien plus qu’un simple moment. Dans ce reflet, il y a une vraie histoire, celle de l’artiste, de l’instant où l’essence humaine va se libérer. Entre yin et yang, entre ciel et ciel, derrière cette imprécision lumineuse, j’ai tenté de capturer sa sensibilité, ses questionnements et l’ombre qui les voile déjà. Elle suit son regard fixe puis s’arrête avec pudeur dans cet entre-deux, prêt à se délier et à se perdre dans la lumière de l’autre.
fredericvayr.art

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Entre les lignes

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L’ombre indésirée

Projection, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière

La rancœur provient d’une profonde désillusion. C’est une émotion vivace que l’on peut réveiller et entretenir à tout moment comme une impasse relationnelle. Une émotion toxique en position de fermeture aux autres qui interdit tout nouveau contact qui pourrait être réparateur. La rancoeur est un surpoids d’angoisses, de malaise, de mal-être… Elle favorise l’excès,la dépression, les troubles anxieux, le stress, les maux de tête, les troubles du sommeil…ce nettoyage passe par un procédé tout simple : le pardon. Alors passe de l’ombre à la lumière, ton âme a besoin de partir faire un tour, de prendre l’air. En fait tu es comme la lune qui vient cacher mon soleil. Dans cette obscurité, tes rancœurs m’offrent une ombre indésirée. J’ai besoin de faire le plein de petites étoiles. La lumière en or a fait son retour, mon esprit est clair, je dois jouer au jeu de la vie et rêver.

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L’ombre indésirée

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Une histoire d’amour

Antinoüs Mondragone, 130 après J;C; Petit Palais Khnopff, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Hier après-midi, j’ai fait la connaissance d’Antinoüs Mondragone au Petit Palais. Il n’a que seize ans. Sa tête s’incline en avant sous le poids de sa chevelure nocturne. Son visage est large, l’allongement de ses paupières fait paraître ses yeux obliques. Il se caractérise par sa crédulité et son ignorance. Face à moi, son attribut premier est sa beauté…Autour de moi, le silence…Antinoüs, idéaliste et exalté est mort. Il s’est suicidé à vingt ans par amour pour l’empereur Hadrien qui ne connaissait que le désir et son assouvissement. Hadrien, mal à l’aise devant la force du sentiment de son jeune amant le blesse moralement et physiquement. Éperdument malheureux il transformera cet amour en œuvre d’art n’ayant pas le droit de déprécier le singulier chef-d’œuvre que fut son départ.

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Une histoire d’amour

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Karl Lagerfeld

Karl Lagerfeld, la Vigie
Reportage/Gilles Dallière/Photo/Nicolas Millet

Karl Lagerfeld aimait la démesure. Il avait le sens de l’invention et de la réinvention. J’ai eu le plaisir de photographier la Vigie à Monte Carlo, au bord du golfe de Monaco. Une Villa toute blanche qui évoque la Riviera d’antan. Louis XV et Louis XVI s’y sentiraient chez eux. Volubile et drôlement présent, Monsieur Lagerfeld était disponible, concentré, pertinent, c’était un abîme de culture sans pédanterie. À la Vigie, le temps n’existait plus. Pour lui, c’était l’aisance avec laquelle on habitait les maisons qui était important. La maison idéale ? C’était toujours la prochaine, comme une collection. C’était le rêve inaccessible qui poussait à créer. Faire des robes, du dessin, de la photo, de l’édition, des maisons, peu importe, c’était la seule façon qu’il avait de vivre, en travaillant, en s’amusant, en utilisant ses défauts, en les récupérant. Vous êtes, Monsieur Lagerfeld un merveilleux souvenir.

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Karl Lagerfeld

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