La beauté du temps qui passe

Inspiration, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dalliere

C’est un lieu sacré du quotidien où l’on peut chercher la solitude et le repos de l’esprit. Un lieu sans prétention où la lumière, adoucie par les ombres, rend le discret encore plus beau. Il y a dans l’ombre une subtilité qui plus que la lumière directe semble favoriser les formes. Elle ajoute de la profondeur et de la beauté. Il n’y a rien de tel qu’un espace vide. Le rayon du soleil illumine la fumée du charbon de bois brûlé dans l’âtre et l’intense obscurité de la pièce pour révéler l’incroyable beauté du temps qui passe.

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La beauté du temps qui passe

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Le testament de la Grèce Antique

Fresques, Kérylos, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière

Un matin ensoleillé du mois de mai, dans le patio de la Villa Kérylos, la force spirituelle du buste figé dans son alcôve ocre rouge, semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Tout autour du jardin, le vaste vide résonne d’un silence magnifique. Patines et textures en leur état primitif deviennent plus expressives. La beauté des fresques, l’équilibre des frises et des plâtres mis à nu, la richesse de la mosaïque sont ouvertement accentuées, testament de la Grèce antique. L’espace à ciel ouvert est évocateur et sa beauté en est bouleversante, un néant infini où l’univers tout entier peut enfin exister.

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Le testament de la Grèce Antique

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Projections

Musée Rodin, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière

En fait, je suis obsédé par la perspective, l’architecture et la beauté des lignes géométriques. J’aime que tout soit parfait. Je m’immerge dans les verticales et les horizontales. Je préfère mes cadrages à la réalité. Il y a de l’énergie dans la ligne, il y a de la folie dans la projection des ombres et de la lumière et j’y mets un peu d’ordre. Le cadre est calculé au millimètre prêt. Il y a de la froideur dans cette composition mais il y a un angle de lumière parfait.
#ligthandshadows#architecture#window#style#photography📷 @gillesdalliere @leicacamerafrance @museerodinparis

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Projections

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lignes de fuite

jeu de portes,Monnaie de Paris, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dalliere

La Monnaie de Paris est un lieu institutionnel dans lequel on circule avec un véritable sens du rythme et de l’espace. Je me suis attaché à ce couloir, les murs et les moulures sont peints d’un gris élégant très légèrement bleuté. La lumière douce et zénithale tempère le réalisme de l’exposition des installations de Gupta. Dans ce cadre, cette perspective à quelque chose de magique. L’aplat des cloisons, la rigidité verticale des portes ouvertes, les lignes géométriques des boiseries qui se superposent gardent une part de mystère et de poésie. Et au milieu de ce déballage artistique d’ustensiles de cuisine je cadre l’œuvre la plus singulière, la plus vivante et la plus concrète de cette exhibition : cette grande cheminée de marbre nue, subtilement lumineuse adossée sans effets sur le mur gris nuage.
En fait, je suis obsédé par la beauté, les perspectives, la géométrie, l’architecture. J’aime que tout soit parfait. Je m’immerge complètement dans la géométrie des lignes verticales où horizontale. Je préfère mes cadrages à la réalité. Il y a de l’énergie dans les lignes. Il y a de la folie dans la projection des ombres et de la lumière et j’essaie de capter cette folie et d’y mettre un peu d’ordre. Le cadre est calculé au millimètre prêt. Il y a une certaine froideur dans ce travail, lumière perfectionniste, jeu de la géométrie.

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lignes de fuite

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La vie de château

La coupole du Negresco, Nice, 2017, gildalliere-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dalliere

Que serait la promenade des Anglais sans le Negresco ! Son dôme rose Nina Ricci et vert Pierre Balmain domine la baie des Anges depuis un siècle. Le salon royal dominé par la verrière sortie des ateliers de Gustave Eiffel abrite un immense lustre composé de 16 800 pièces de cristal Baccarat. Il est identique à celui qui fut commandé par le dernier tsar de Russie et que l’on peut admirer au Kremlin. Pareil décor ne peut que vous enchanter la veille de Noël. J’aime ce palace où se mêlent l’outrance kitsch et la vie de château depuis des lustres. Au Negresco, chaque pièce a une histoire, de Hyacinthe Rigaud à Fernand Léger sans oublier Niki de Saint Phalle, les mélanges sont improbables mais aucun autre hôtel au monde ne contient tant de trésors.

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La vie de château

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Masséna

Famille Murat, Nice, gildalliere, 2016-Modifier.jpg

Photo/Gilles Dalliere

Le très académique escalier du Palais Masséna. Sur la toile marouflée de François Flameng le maréchal est représenté statufié entre deux colonnes entouré du prince de la Moskova, du duc d’Elchingen, de la princesse d’Essling et de son père, du duc de Rivoli, de la duchesse d’Albufera, des princes et princesses Murat, de Madame d’Attainville et d’Eugénie Bonaparte, princesse de la Moskova. L’habileté de coloriste de Flameng, sa maîtrise dans le rendu des tissus et sa capacité à imiter les maîtres du XVIIIe siècle comme Nattier affirmèrent sa notoriété de portraitiste au point même de se retrouver emprisonné par ce succès jusqu’à la fin de ses jours.

 

 

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Masséna

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Entre magie et réalité, Andrea Dall’Olio, esthète de la couleur, mise tout sur le gris et les couleurs sourdes pour mettre en scène dans sa nouvelle maison milanaise, l’exubérance de ses textiles et le mix and match de ses collections et de ses créations contemporaines. Atmosphères.


Photos/Frédéric Ducout/style et texte/Gilles Dallière

Créateur expérimental spécialisé dans le textile de mode et d’ameublement, Andrea Dall’Olio vit entre sa maison, son atelier de fabrication et son bureau de style sur plus de 1000 m2, entre deux voies ferrées de la capitale lombarde. Il y transpose ses voyages, des matériaux innovants, des tissus exclusifs, fleuris ou figuratifs, orientaux ou baroques et surtout l’amour des objets qu’il aime, dans une palette de couleurs raffinée : un univers créatif unique qui lui ressemble.
À quelques kilomètres du centre historique de Milan, cet ancien atelier a été redessiné afin d’y faire entrer la lumière. Dans la cour intérieure plantée d’une nature au raffinement tropical, à droite, une menuiserie de 200 m2 bâtie dans les années 1950 : trois pièces de réception de 4 m de hauteur où le blanc et le gris règne en maître. Au fond, sur 150 m2, sept pièces en enfilade repensées pour jouer entre les espaces et les objets et préserver l’intimité du propriétaire. À gauche le pavillon des invités s’ouvre sur une pièce couverte de tapis et de tableaux fleuris. Ici, les choses ne sont jamais fixées pour l’éternité.
Dans les treize pièces de la maison, afin de mieux rythmer les perspectives, Andrea Dall’Olio a décliné une palette de gris parfois rehaussés de bleu, du plus clair au plus foncé. Loin des mondanités, mais à l’affût de tout ce qui bouge, il aime recevoir. La cuisine est l’endroit où il partage, où il savoure. Elle est le cœur de la demeure, imaginée comme un espace de réception.
En esthète, il panache les styles, superpose les matières, collectionne les objets. Une profusion de créations et de souvenirs qui nourrissent l’imagination de ce grand voyageur. Chez lui tout à une autre allure, les meubles et les objets bougent ; lui, s’approprie l’espace, été comme hiver.

A+A Design Studio SRL : info@aadesign-studio.it
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Un baroque recomposé

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Le tigre et la rose

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Je me suis arrêté dans la cage d’escalier émerveillé par l’étonnant spectacle qui s’offrait à mes yeux. Le sol disparaissait dans l’ombre, seule la rampe s’élevait dans la lumière dorée du soir. La foule déjà dense était bigarrée. Tous se taisaient ou parlaient à voix basse. Dans cette espace majuscule planait une sorte de léger bourdonnement fait du froissement des saris, du glissement des pieds sur le sol et du chuchotement des femmes dissimulées. Un souffle de vent souleva la poussière de cette construction monumentale. Le soir était tombé, mais la lourde chaleur de la journée stagnait encore entre les murs et montait des dalles de marbre blanc. Les années comme les fleurs se fanent, leur souvenir comme un parfum, s’efface, Jodhpur, Inde, 2004.

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Le tigre et la rose

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À Milan : une escapade haute en couleur

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Photo/Frédéric Ducout/Style/Gilles Dallière

Entre deux bureaux et sa maison, Andrea Dall’Olio aime se détendre dans un petit appartement situé en plein coeur de Milan. Un lieu à part où il concocte ses mélanges de couleurs et de matières poussé par une irrésistible envie de lumière et de gaieté.

Comment marier les couleurs ? En assumant les oppositions fortes, les mariages osés, les associations débridées. Créateur de tissu, designer, il dirige avec maestria un des bureaux de style les plus apprécié dans le monde du textile de la mode et de la décoration. L’hiver dernier, Andrea Dall’Olio se met à rêver d’un espace clair et épuré, il refuse l’idée d’un minimalisme froid. Il ne touche pas aux volumes mais mise sur une palette de matières et de teintes vives travaillées tantôt en harmonie, tantôt en contraste. Toutes les pièces de l’appartement sont définies par une couleur dominante, le but étant de créer un effet « kaléidoscopique ». Les contrastes l’emportent : dans l’entrée le rouge répond au brun et à l’orange ; dans le salon les turquoises, les roses et les verts s’opposent au jaune des fauteuils et au graphisme noir et blanc des canapés. Dans la chambre, quelques touches de rouges permettent de réchauffer un bleu ciel omniprésent. Andrea joue avec la couleur et la lumière. Pour lui elle est une nécessité vitale. Un mariage réussi avec le blanc des murs, les imprimés des années 70 et l’omniprésence des tapis kilims. La décoration est tout un art, celui de mélanger, d’oser, de malmener parfois, elle est par essence éphémère, espace de jeu et d’expérimentation. Inutile de se demander si l’on pourrait y vivre, le propos est ailleurs et ce que l’on en retiendra d’abord, c’est ce geste décoratif qui ne s’encombre ni de bon ni de mauvais goût. Un univers, un vrai, 100% bonne humeur.

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À Milan : une escapade haute en couleur

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Impressions japonaises
Le courtier d’art Antoine de Vilmorin collectionne les photos japonaises. Conceptuelle, spirituelle ou fragile, l’image d’une Asie sans cliché cohabite ici avec une déco au charme bien français.

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Quelques meubles, un minimum, un zeste d’aristocratie nonchalante, une touche subtile de la recette du « décoloré-fatigué-dans son jus », qui ajoute à la note de charme le coup de la madeleine de Proust. D’ailleurs tout l’appartement fleure bon le chocolat et le caramel, un brin de café et de pain d’épice, quelques touches de prune, et un concerto en gris souris mineur, ficelle et coco, tout ce qu’il y a de plus chic. Un miroir grand siècle, une chaise noire Napoléon III défraîchie, un parquet très lessivé, l’inévitable chaise de Prouvé, peu d’objets et peu de photos, mais quelles photos. Superbe photos japonaises contemporaines, au compte-gouttes et souvent posées à même le sol.

« Le vide est tout-puissant parce qu’il embrasse tout. Ce n’est qu’au sein de la vacuité que tout mouvement devient possible », écrivait Kakuzô Okakuro dans son Livre du thé. Le japon qu’Antoine de Vilmorin aime et collectionne est celui de la délicatesse.

Sous la fragilité, la force. Une photo conceptuelle, cérébrale et minimale comme celles de Sugimoto, avec ses déclinaisons d’horizons sur la mer, ses théâtres reconvertis en cinémas. Ou, plus subtiles, vivantes, émouvantes, comme les photos aux instants fugitifs du quotidien merveilleusement épinglés par la jeune femme montante, Rinko Kawauchi, qu’il représente en France.

Héritière des estampes japonaises du XIXe siècle, la photographie japonaise ne se limite pas à quelques noms déjà considérés comme des trésors nationaux vivants tels Shoji Ueda, photographe de la grâce pure ou Araki à l’érotisme violent. Le japon étant le pays au monde le plus boulimique d’images, sa photographie est proliférante, elle explose de jeunesse et de courants de sensibilités divers.

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Photos/Francis Amiand/Reportage Gilles Dallière/Texte Élisabeth Védrenne

http://www.antoinedevilmorin.fr

Clichés/interiors

Impressions japonaises

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