L’académisme.

Vase Médicis, Hôtel Westminster, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Hôtel Westminster/Nice/Salon Belle Époque

Boiseries, statues, frises, vases, et colonnes : toutes et tous y sont passés, victimes d’un geste iconoclaste, depuis leur création jusqu’aux mains des décorateurs. J’ai cadré une image académique. Ma vision est trompeuse, les gros sous comptent plus que l’idéologie, car dans ce superbe salon Belle Époque, la décoration est en totale contradiction avec le style French Riviera. Là où il fallait de la passion et de la légèreté, les portes coupe-feu cassent les perspectives et le rouge cramoisi des tissus et l’or, créent des espaces indéterminés et étouffants. Quel dommage.

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L’académisme.

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La Gare du Sud

Gare du Sud, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/La Gare du Sud/Nice

Sushis, glaces, coucous, hot-dogs, street-food indienne, spécialités gasconnes, cuisine libanaise, bar à olive Alziari, comptoir nordique Laks, et à l’étage Emmaüs, Kothai, et les artisans designersde la maison Mammout’ & Copains, ça m’a donné le tournis. 700 places assises, soit au total 28 commerces de bouche au cœur de cette Gare du Sud construite en 1892 par l’architecte Prosper Bobin qui affiche un répertoire décoratif Belle Époque et une halle métallique de 87 m de long sur 18m de haut et 23 m de large, inspirée de Gustave Eiffel, et créée pour le pavillon de la Russie et de l’Autriche-Hongrie de l’exposition universelle de 1889 à Paris. Le bâtiment est désaffecté en 1991. Vingt-six ans après, la Gare du Sud ouvre ses portes, et toute cette structure disparaît dans le capharnaüm d’une friperie.

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La Gare du Sud

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Le palier.

Palier villa Mercédes, promenade des Anglais, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Mercédès/Nice/Réflexion de palier

Voilà un miroir qui ne capte pas l’apparence éphémère d’un visage humain. Il est capable de se saisir d’une infinité d’espaces. Coupé, décalé, il se dédouble à l’infini. Il devient quelque chose de toujours différent. Il cristallise et communique une perspective, un jeu de lignes inaltérables, une insondable mer morte, verticale, cadrée et ornementée au fond de laquelle une fausse vie anime ce qui n’existe pas.

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Le palier.

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Mademoiselle Bressant

Grand escalier du musée Chéret, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Escalier d’honneur du Musée Chéret/Peinture : Les écoles du XIXe, 1878, Nicaise de Keyser (1813-1887)

Du haut des marches de son escalier de marbre gris, la divine mademoiselle Bressant connue la Belle Époque. L’actrice, devenue princesse, tant d’allure que d’esprit, reçoit dans sa villa de Nice. Elle se met en scène dans des envolées de tulle, de gaze, et de mousseline à faire pâlir tous les habits noirs immortalisés sur la toile peinte par Nicaise de Keyser.

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Mademoiselle Bressant

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Belle époque.

Les plafonds du Westminster, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Style Belle Époque/Hôtel Westminster/Nice

C’est la soi-disant belle époque, elle se révèle dans les motifs de ce plafond. On peut y admirer des couleurs à l’antique dans un décor éclairé par des frisures de lumière composée de stucs et de cartons. Tout se répond en un kaléidoscope qui comprend les images les plus signifiantes de cette jeunesse dorée qui flâne dans les salons de l’hôtel Westminster, et peut demeurer des heures et des heures dans le vague et vain espoir qu’un homme fortuné vous offre de prendre un verre. Un mensonge, ou plutôt une ruse de la raison bourgeoise pour masquer le sens de l’histoire, un mythe crée pour habiller de couleurs séduisantes une société hypocrite, gouvernée par la loi impérialiste du profit.

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Belle époque.

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Des arcs outrepassés.

Nymphe 1910, Marbre polychrome Henri-Louis Cordier, Musée Chéret, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/sculpture/Nymphe/Marbre polychrome/1910/Henri-Louis Cordier/Musée Chéret/Nice

J’aime la démesure et la simplicité architecturale de cette villa inspirée des palais génois du XVIIe siècle. Eugénie Alix Bressant aurait pu poser pour Henri-Louis Cordier, mais elle ne l’a pas fait. La princesse Kotchoubey préfère user de son charme, de sa féminité, et de son intelligence. Elle aime recevoir, apparaître en haut de son escalier monumental, au beau milieu des colonnades palladiennes encadrant les fenêtres de la salle de bal en arcs outrepassés.

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Des arcs outrepassés.

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Néo-classique

Villa  Starzynski, Entrée, Nice, promenade des Anglais, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa/Promenade des Anglais/Nice

En 1873, le comte Starzynski demande à Sébastien-Marcel Biasini d’édifier une villa. Ce dernier conçoit une bâtisse élevée sur rez-de-chaussée et un étage, dans un élégant style néo-classique, en retrait de la Promenade des Anglais. L’art baroque et la Belle Époque ont si profondément marqué la ville que l’on oublie ce style qui apparaît à la fin du XVIIIe siècle et qui aspire à retrouver la solennité et la grandeur héroïque dans la simplicité des temps antiques. Dans les années 30, la villa subit des travaux d’agrandissement. Les frontons furent supprimés, et on ajouta trois étages. Il ne reste plus sur la façade que les niches et les sculptures et l’entrée qui distribue les appartements. Finis le fumoir arabe aux murs carrelés de faïence, les plafonds à caissons représentant des paysages orientaux, toute l’ornementation s’est noyé dans le pêche Melba de la French Riviera.

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Néo-classique

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L’ombre d’un doute

Contraste, promenade des anglais, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Promenade des Anglais/Nice

Une façade éventrée de vilaines fenêtres, jaunâtre, fatiguée, vieillie, souffreteuse et vaincue, semble lasse de vivre quand une ombre, parente de Mallet-Stevens, linéaire, propre, nette, structurée, ce met à parler en maîtresse, faisant corps avec l’architecture. Du coup, il devient impossible de séparer l’une de l’autre sans risquer de détruire l’œuvre elle-même.

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L’ombre d’un doute

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Des murs d’écriture.

Entrée, les Roches Noires, Trouville sur mer, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière/Les Roches Noires/Trouville sur mer

Respirer, juste le temps d’un instant, respirer au travers d’un regard, celui de Marguerite Duras, et mon corps s’envole sur l’écume d’une vague. J’arpente le corridor pêche Melba baigné d’une lumière tamisée comme un appel à s’égarer. Au printemps, le lustre aux pampilles défraîchies fait tomber une clarté jaunâtre sur les insomnies du voilage qui suinte le poison d’une mescaline buvant les murs d’écriture.

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Des murs d’écriture.

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Un Balcon sur le temps

Un balcon sur le ciel de Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Paris 18éme

Un balcon sur le temps. « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre… De là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible… » Pascal.

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Un Balcon sur le temps

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