Le vide culturel…

La nef du musée des Arts Décoratifs, Paris, gildalliere, 2020

Je n’arrive pas à comprendre qu’on n’ait pas pu, ou su, aménager en faveur des musées des dispositions qui auraient évité leur fermeture. Dans le fond, on ne considère pas la vie culturelle comme une priorité forte qu’il faut, autant que possible, savoir préserver. Alors on se précipite dans les grandes surfaces. On dévalise les stocks de papier cul. Et il reste le vide, un jeu de transparence forcé, une mise en scène du rien. Et dans ce désert culturel, il faut aussi dire la beauté sidérante et folle de l’architecture. Ici, dans la nef du MAD, tout est composé avec la même écriture : linéaire, précise, monumentale et musicale. Il ne faut pas sous-estimer à quel point l’ouverture d’un musée relève d’un mécanisme professionnel très complexe. Le cas est unique et le temple de l’art décoratif est fossilisé dans un avenir incertain.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Le vide culturel…

Image

L’atelier du sculpteur…

Antoine Bourdelle, le centaure mourant, l’atelier, Paris, gildalliere, 2020

Ce centaure passe des heures à mourir dans la communion parfaite des lumières et des contrastes de l’atelier d’Antoine Bourdelle. L’homme-cheval, rongé de douleurs parce qu’il est immortel, obtint finalement du sculpteur de mourir dans l’enceinte du théâtre des Champs-Élysées. Il meurt sans plainte ni faux-semblants, sans voyeurisme non plus, la tête posée sur son épaule. Jérôme Godeau écrit : « Si les frisons de la robe, l’ondulation des flancs sont d’un modelé sensuel, l’allongement de la taille, l’envasement du torse, l’étirement de la ligne du bras et du cou s’inscrivent dans la perfection d’une figure géométrique ». Très haut, il tutoie les étoiles, les sabots profondément ancrés dans son socle de plâtre.

Clichés/adresses, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

L’atelier du sculpteur…

Image

L’alignement…

Angle rue Fabert rue de l’université, Paris, gildalliere, 2020

Cette allée de tilleuls sur l’esplanade des Invalides représente une écriture sensible et personnelle, une invitation au voyage et à la contemplation. Un instant fragile et suspendu dans lequel le temps semble s’être arrêté. Les arbres deviennent des monuments au sens où ils évoquent la mémoire urbaine. Ici, l’arbre contribue à forger l’identité des citadins en marquant leur espace de vie.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

L’alignement…

Image

Les emmarchements de l’histoire…

Escalier de l’hôtel de Sandreville, 26 rue des Francs Bourgeois, Paris, gildalliere, 2020

En plein cœur du Marais, l’architecture classique joue un rôle essentiel. Recherche de la profondeur, succession de plans, recul pris par rapport au rez-de-chaussée, le cadrage de l’escalier de l’hôtel de Sandreville occupe tout l’espace. Le sens des pleins et des vides est dominé par la maîtrise de la perspective. Le sens des volumes et le jeu des emmarchements traduisent un emboîtement de formes ou la rigueur domine, accentuée par les jeux de lumière et d’ombre et même le léger balancement de la lanterne suspendue. La rampe est plongée dans l’obscurité pour que l’œil se concentre sur la vue de la cour intérieure, baignée de lumière. 

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Les emmarchements de l’histoire…

Image

La liberté de l’ornement…

Le petit bureau, où salon anglais, musée Nissim de Camondo, Paris, gildallière, 2020

Le petit bureau aux murs tendus de soie cramoisie est aménagé avec raffinement. Moïse de Camondo redresse toutes les idées fausses sur un style où la discipline n’est pas moins importante que l’imagination, où la pensée du tout prime sur la liberté de l’ornement, où la soumission à la règle compte plus que le caprice de la fantaisie. Ici, l’exceptionnel ensemble d’esquisses montrant divers épisodes des chasses du roi Louis XV, voisine avec des Guardi. Une série de médaillons de terre cuite par Jean-Baptiste Nini représentant les profils de personnalités du XVIIIe siècle constitue une saisissante galerie de portraits. Le baroque souvent jugé comme une explosion désordonnée d’extravagances est au contraire l’art qui exige le contrôle le plus stricte. Malheureusement il va falloir patienter au moins trois semaines encore pour visiter un musée.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/collection, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

La liberté de l’ornement…

Image

Les courbes du temps…

MAD, musée des Arts Décoratifs, escalier, Paris, gildalliere, 2020

Bye bye 2020 et welcome 2021, mais en même temps rien a changé. Et que dire de la culture ? Que dire des courbes de la nouvelle architecture du Musée des Arts Décoratifs : le MAD ?
Dans cet espace vidé de ses visiteurs, il se dégage une puissance tellurique venue d’ailleurs. Cette écriture linéaire, précise, minimale, fluide, radicale, aérienne, montre la nostalgie d’un futur qui appartient au passé, comme un temple moderniste fossilisé dans un avenir utopique qui n’a pas eu lieu. Un décor à échelle réelle, où la fiction se mélange à la réalité. La beauté brutaliste de ce ruban de béton, atterri au milieu de nulle part, est aujourd’hui gelé par la pandémie. Pour combien de temps encore ?

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

Les courbes du temps…

Image

Ablutions…

Le ghat du maharaja de Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Loin des infobésités de notre monde, je regarde le fleuve sacré charrier ses flots sous un ciel lointain. Son courant indifférent file en bordure des pensées foisonnantes de mes jours et de mes nuits. Au pied des marches, l’eau s’éclaircit. Le sable se voit au fond, et la pâleur des fastes épuisés des ghâts du palais du maharaja ne la trouble guère. Le matin est arrêté, interdit, et le ciel blafard semble fermer les yeux sur les ablutions silencieuses des indiens.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Ablutions…

Image

Le marbre attendri de Flore…

Flore, Antoine André, 1676, jardin des Tuileries, Paris, 2020

Que cette femme est jeune et belle ! Comme elle est grande dame en même temps que déesse. Le vent est tombé, les feuilles ne se balancent plus et restent en équilibre sur les branches chargées de soleil couchant, taillées en marquise. La copie de Flore, de la collection Farnèse, sculptée par Antoine André en 1676 s’est avancée jusqu’à l’extrême bord de l’image. Jamais sculpteurs grecs ou romains ne possèdent à ce degré l’art de tailler et d’attendrir le marbre. Dans la lumière ocre de la façade de l’Orangerie, sur fond d’automne confiné, elle nous toise depuis 1798 au jardin des Tuileries. Sa toge ouverte sur la chair blanche de ses cuisses devient noire à l’endroit d’une fente cachée.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/collection, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Le marbre attendri de Flore…

Image

Luxes…

Vase des arts, bronze patiné, argenté et doré d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse, Gustave-Joseph Chéret, Léon Mallet pour Christofle & Cie,Paris, musée des Arts décoratifs, gildalliere, 2020

Ici, je ne vous montre que l’ombre de ce grand vase des arts, il est confiné dans la mise en scène millimétrée de l’exposition LUXES au MAD. Exécuté par les sculpteurs Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Gustave-Joseph Chéret pour la maison d’orfèvrerie Christofle, il bouscule les repères de la décoration en jouant sur l’ornement. Il fut présenté en 1878 à l’Exposition universelle de Paris puis en 1883 à l’Exposition internationale coloniale d’Amsterdam. Minerve, la déesse des métiers, porte haut les palmes de la victoire. Quatre anses sur lesquelles s’appuient des putti munis des symboles des arts libéraux encadrent une frise de feuilles de chêne et de lauriers, frappés des masques de la gorgone supportés par des chouettes aux ailes déployées. Que du luxe…

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Luxes…

Image

Dieu ?

Le dôme de la basilique du Sacré Coeur, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Je me demande souvent où vous êtes ?
C’est à dire, je sais que vous êtes là, mais où exactement ?
Je cherche à vous photographier. Certes, vous êtes invisible mais si vous êtes dans cette basilique, comment pouvez-vous me voir, et à quoi je ressemble à vos yeux ?
Et à quoi ressemblez-vous ?
Comme l’air, vous êtes partout, mais il est terriblement difficile de vous photographier, de même qu’il est très difficile, voire impossible de photographier la mort. Mais parce que je suis un homme curieux, j’essaie de le faire. J’y suis presque arrivé une fois et je continue d’essayer.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Dieu ?

Image