Pour les hindous, la ville qu’ils voient n’est pas seulement celle qui s’offre à leur regard, c’est aussi la ville qui anime leur imagination religieuse. Depuis des centaines de générations, Kâshî a accueilli des pèlerins comme eux, qui ont regardé cette ville avec les yeux de l’imagination collective et la force d’une vision religieuse. #incredibleindia#benares#ganga#ghatsofvaranasi#blackandwhitephotography@gillesdalliere
Les ghats de Varanasi, Inde, mendiant, gildalliere, 2008
Rares sont les voyageurs qui comprennent la valeur symbolique que revêt pour l’hindou l’eau qui coule. Bénarès dévoile les différents niveaux de la tradition hindoue comme un palimpseste, un vieux parchemin sur lequel on a écrit et réécrit et que l’on a chaque fois imparfaitement effacé, les anciennes couches restant encore en partie visibles. Non loin des baigneurs, se trouve le Manikarnika-Ghāt, un mouroir et le lieu d’incinération des morts. Le voyageur européen, qui juge en fonction de ce qu’il voit avec ses yeux sensibles, est horrifié. #incredibleindia#benares#ghatsofvaranasi#blackandwhitephotography@gillesdalliere
La crémation, Manikarnika Ghat, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008
Le vœu le plus cher pour un hindou est d’être incinéré à Bénarès et que ses cendres soient jetées ensuite au Gange, fleuve sacré de vie et d’espoir. Le Manikarnika Ghât est le principal ghât de crémation, le plus ancien et le plus sacré. Un corps brûlé ici échappe au cycle des renaissances, les cinq éléments dont il est composé retournent à leur place par le feu. J’observe le déroulement des rituels… un membre de la famille, vêtu de blanc, se baigne dans le Gange, puis fait cinq fois le tour du bucher, torche à la main, avant de l’allumer. Pendant la crémation, parfois, il redresse un bras ou une jambe, pour la remettre dans le feu. Une fois le corps entièrement consumé, on jette un peu d’eau sacrée sur les cendres restantes, et les croque-morts soulèvent les bûches par un effet de levier, balançant tout dans le fleuve. Les sadhus arrivent alors, nus, s’accroupissent, et se frottent le corps des cendres restantes. #incredibleindia#cremation#benares#ghat#blackandwhitephotography@gillesdalliere
Sur l’eau grise, je vois le ciel pâlir, les arbres de la rive ont un aspect étrange et livide et pas une feuille ne bouge. Sur la barque les rameurs sont baignés de sueur. Des bancs de sable étincellent dans l’air trop chaud. La brume s’éclaircit sur la grande plaine sablonneuse d’un brillant voile blanc. Sur le fleuve, pas une ride, seule règne cette paix qu’apporte la mort. #incredibleindia#ganga#landscapephotography#blackandwhitephotography@gillesdalliere
Ablutions au bord du Gange, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008
En automne l’eau s’éclaircit, le fleuve s’amenuise, le sable se voit au fond, mais la pâleur des fastes épuisés ne le trouble guère. Sa richesse ne fait pas tapage, sa pauvreté ne le ternit pas, les deux l’embellissent. Il est comme une bayadère qui danse en faisant tinter ses ornements et parfois de lassitude demeure muet, le regard indolent, un soupçon de sourire au coin des lèvres. #incredibleindia#ganga#ablutions#gaths#streetphotography_bw@gillesdalliere
Ne me demandez pas où est la délivrance, qu’en sais-je. Je ne suis point ascète ni maître penseur. Je suis photographe demeurant tout près de la terre, à l’embarcadère de cette rive, face au flux et au reflux de la vie qui éternellement charrie ombres, lumières, mal, bien, entraînant tout ce sans-nom qui part à la dérive. #incredibleindia#ganga#landscapephotography#leicaedc#leicamonochrom#blackandwhitephotography@gillesdalliere
Non ce n’est pas de la photographie ! grâce au soutien de la galerie Templon, carte blanche pour le peintre Bilal Hamdad dont les œuvres dialoguent avec la collection permanente du Petit Palais. 21 toiles qui mettent en lumière son « Paname » et l’histoire de l’art. Une peinture qui explore les paradoxes de notre époque et rend visible l’invisible.#petitpalais#carteblanche#peinture#exposition#paname@petitpalais_musee@bilalhamdad