TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Tag: Exposition
Rouge éclatant…
Noël à la maison, Paris, gildalliere, automne 2021
Nous sommes en décembre et c’est bientôt Noël. J’éclabousse de rouge mon univers en noir et blanc pour provoquer l’étonnement. D’arbres en arbres la couleur rend les noirs plus profonds et les blancs plus éclatants deviennent presque métalliques.
L’arbre des voyelles, Giuseppe Penone, bronze patiné, 1999, jardin des Tuileries, gildalliere, Paris, automne 2021
Dans la ville, il y a le jardin des Tuileries. Il y a des hommes assis sur des chaises, des arbres debout sur leur pied. Il y a des chiens qui aboient leur nom, il y a aussi la pluie qui s’accroche aux vitres pour se réchauffer. Et il y a un arbre couché dans le bronze, tête cuite au soleil de l’été, racines tournées vers un ciel plus bas que plafond. C’est l’arbre des voyelles de Giuseppe Penone.
Vue du balcon du centre Pompidou, Montmatre, Paris, gildalliere, automne 2021
De Montmartre au Centre Pompidou, je suis allé voir Georgia O’Keeffe, il y avait trop de monde et les peintures de fleurs toutes gorgées de couleurs, les paysages surréalistes et métaphysiques m’ont ennuyé. Il faut dire que je sortais de la formidable rétrospective de Georg Baselitz. Il y avait peu de monde et l’exposition m’a renversé. Une certaine fragilité émane de ses tableaux. Il y a de la violence, beaucoup de violence. Il y a du sexe, et plus on avance dans le temps plus il y a des rides, une peau tombante, des os saillants, des portraits à l’envers, des traits anguleux. Il y a de la couleur, beaucoup de couleurs, de la force, une vitalité incroyable. À la fin, Baselitz révèle le noir et le blanc. Néanmoins, là où certains voient dégénérescence, tristesse, maladie et mort, j’y ai vu de l’amour, de la tendresse de l’admiration et de la beauté.
Une idée qui devient obsédante est celle qui rassemble étrangement dans une seule phrase quelques mots complexes : équilibre, chimère, crise, élévation, libertinage, chaos, orientation, entraves, cohérence, attente, diversité, duo, intrusion, identité, coulisses, loyauté, racines. Par rapport à ma future exposition j’ai déjà un titre : « Clair/Obscur ». La première photo, « Racines », se reflète dans le verre sécurité gris qui protège la « Mauvaise graine » de Francisco Ruiz de Infante, un tirage numérique à trois exemplaires. Tout autour les céramiques sont chargées de mémoire.
Clair/obscur #01. « Racines », parc du Dramont, Var, France, automne 2021. Tirage Fine-Art, 70x70cm, sur papier Digigraphie 308g, encres pigmentaires. Passe-partout 3.3mm, 90x90cm. Cadre en bois noir 90x90cm. Verre anti-reflet, anti-UV à 92%. Tirage d’auteur, Gilles Dalliere La franche juxtaposition des branches sombres et claires de « Racines » s’affirme comme une esthétique en soi. Elle s’accorde à l’explosion graphique des noirs saturés et des blancs éclatants de la photo de Jean-Claude Gautrand de la série « Métalopolis » galerie W.
Clair/obscur #01. « Racines », parc du Dramont, Var, France, automne 2021. Tirage Fine-Art, 70x70cm, sur papier Digigraphie 308g, encres pigmentaires. Passe-partout 3.3mm, 90x90cm. Cadre en bois noir 90x90cm. Verre anti-reflet, anti-UV à 92%. Tirage d’auteur, Gilles Dalliere Je vois le soleil se lever. Le chêne s’étirer dans un remuement bruissant de branches rugueuses et de feuillage persistant. Je vois la lumière dérober l’ombre. Le ciel blafard semble fermer les yeux. Je vois les heures du jour cheminer à pas feutrés sur le sentier mouillé par la rosée du matin. Au loin, l’infini glisse sur le rivage vermeil de l’Estérel. Ici, nul besoin de prier, ce qui frappe, c’est ce halo de lumière qui cerne le mystère de nos vies.
Le salon des antiques, Grand Trianon, château de Versailles, gildalliere, automne 2021
Le temps est venu où, au bout de leurs tiges, les feuilles de l’automne frissonnent. Au sortir du jardin des Marronniers, face au Grand Trianon, l’Europe regarde l’amphithéâtre des antiques. Vingt et un bustes immobiles et muets posés sur des scabellons de marbre, transmettent les messages de propagande voulus par le roi Louis XIV. Tout autour, le parc est jalonné de points de vue surprenants et de lieux intimes. Un jardin animé par le mouvement des ombres des arbres soigneusement taillés, projetées sur les allées sablées.
Le buste de Louis XVI dans l’antichambre du Petit Trianon, Louis-Simon Boisot, 1777, Versailles, gildalliere, Automne 2021
Dans le reflet mercurisé du miroir de l’antichambre du Petit Trianon, la lumière est douce, presque laiteuse. Le buste en marbre du roi Louis XVI, sculpté par Louis-Simon Boisot en 1777, apparaît flouté, irréel, et en un clin d’œil le silence se fait. Tout autour, le décor n’est que douceur et harmonie. Le roi regarde l’ombre écrasante du tableau d’Élisabeth Vigée Le Brun représentant Marie-Antoinette à la rose. Dans les jardins intimes aux couleurs de l’automne, se mêle un reste de chaleur estivale.
Ombre et lumière sur le salon rond du Grand Trianon, Versailles, gildalliere, automne 2021
Au Grand Trianon, dans le salon rond, je suis saisi par l’éloge de l’ombre à la lumière. L’instant est éphémère, dense, essentiel. Un bruissement m’attire au niveau des colonnes corinthiennes qui encadrent la cheminée. C’est alors que derrière un tambour de menuiserie un passage donnant sur un petit escalier s’ouvre pour laisser passer les musiciens du roi vers la salle à manger. L’ombre s’est mise à répandre son univers dévorant sur la lumière magnifiée par le soleil couchant.
Les chaises musicales, Trianon, Versailles, gildalliere, automne 2021
Au Trianon, en regardant par la fenêtre, je suis entré dans l’Empire. J’y ai trouvé un drôle et tendre bestiaire, comme une variation nourrie du passage de Lewis Carroll. D’ailleurs les sculptures des Lalanne devraient rester sur place tellement elles y sont intégrées. Quant aux photos de Patrick Hourcade exposées au petit Trianon, elles nous plongent dans l’obscurité froide de l’hiver. Sur d’immenses tirages la nuit noire s’étire laissant à peine apparaître les flous d’une fontaine, l’horizon d’un soleil roi, les blancs de l’or de La chapelle restaurée, le rai de lumière qui écrase la gigantesque prise de la Smalah d’Horace Vernet. Dans des écrins de charbon , les lampas de soie dorée de la chambre de Marie-Antoinette et l’ornement ciselé de son petit théâtre réveillent le royaume des mythes.