À la recherche du temps retrouvé

Yoga, Varanasi, 2008, Inde, gildalliere
Photo/Gilles Dallière

En Inde, le yoga est une technique de libération de l’esprit : une délivrance. Cet homme pousse la terre de ses mains, il renonce au monde qui l’entoure. Rien de plus fragile, de plus instable, que cette fixité. Pas une faille ne passe, pas une brisure, pas un bref nuage d’incertitude ou une probable fatigue, le mouvement va se déployer jusqu’à toucher le ciel pendant des heures. Il sait ce qui l’attend car il a la mort en partage comme si d’avance il connaissait, jeune sage d’un autre âge, le lot commun, l’issue fatale. Le yoga représente sans doute le plus formidable défi que l’esprit se soit jamais lancé : celui de cesser d’exister pour, enfin, être. Moi, je meuble l’invisible.

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À la recherche du temps retrouvé

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La tournure


Photos/Richard Alcock/Gilles Dallière

Être bronzier d’art requiert des connaissances en dessin, ciselure, tournure, monture… Les tâches sont différentes selon les étapes de fabrication : les pièces étant fondues, moulées, puis tournées, ciselées et montées. Chaque intervenant sur une pièce tient un rôle particulier dans la chaîne. Le tourneur reçoit l’objet à la sortie de fonte et le travaille à la main sur un tour. Un bronze de la Maison Charles n’est pas fait pour être embrassé d’un seul coup d’œil. Il doit être deviné dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l’un ou l’autre détail. Le tourneur ébarbe, poli, creuse, suscite des résonances inexprimables. Il imprime les rayons de lumière, l’un ici, l’autre là, tissant sur la trame du bronze ou du laiton comme une empreinte faite de ces dessins historiques à poudre d’or.
http://www.charles.fr

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La tournure

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L’art du feu


Photos/Richard Alcock/Gilles Dallière

Le matin est froid et le hangar est grand. Le bronze coule dans un bruit de volcan. Il réveille la forêt et les fenêtres deviennent blanches. À l’intérieur de la Fonderie d’Art Lambert, aucune parole n’est possible et à cet instant une émotion merveilleuse dilate tout mon être, et moi seul le sais. La magie du feu bienfaisant brûle chaque matin jusqu’à la dernière coulée de la mi-journée. Chauffée à 1200° elle ne peut se faire que dans des moules qui résistent à cette température. L’empreinte est prise alors dans un sable étuvé humide et bien tassé. Talqué, il se dessèche en montant en température. C’est alors qu’il devient dur et résiste parfaitement aux 1200° du bronze en fusion. Sous la voute de tôle, le feu est dense. Sa lumière efface celle du soleil et rayonne au-delà de tout. Ses couleurs sont si intenses qu’on ne peut le fixer. Il éclabousse le sol avant de se figer par le froid.
http://www.fonderie-bronze-art-lambert.fr
http://www.Charles.fr

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L’art du feu

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douce année 2018

Palais des Beaux-Arts, Nice, gildalliere,2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dalliere

La façade du palais de la princesse Élisabeth Kotchoubey est magnifique. Il y a de la grandeur dans cette architecture typiquement italienne et de l’intime dans le choix de ces tons ocre rouge. La vie à cette époque est un décor, elle tournoie sur un pas de valse, s’enivre de la gouaille chamarrée des cliques claironnantes de la Russie des tzars. Aujourd’hui elle abrite le musée des Beaux-arts de Nice. Je vous souhaite une très heureuse année 2018.

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douce année 2018

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Kérylos

les lustres de la Villa Kérylos
Photo/Gilles Dalliere

Des fleurs de verre soufflé se suspendent et se balancent sur les ors d’un plafond maquillé. Au clair de leur pâleur, elles se reflètent au dessous de la lune, dans l’écume éclatée des caissons fabriqués sur l’océan de la nuit.

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Kérylos

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La villa Massena

Palais Massena, Nice, gildalliere, 2017-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dalliere

Je suis fasciné par le portrait de la comtesse Caravadossi d’Aspremont née Elisabeth de Groot peint par Ignace Spiridon au XIXe siècle. Son regard est rempli de rayons et d’ombres tourné vers un crépuscule qui chante devant sa beauté. Le buste sculpté par William Behnes n’a qu’à bien se tenir devant l’élégance et la grâce absolue de cette femme de tête qui est morte au Caire en 1901. J’aimerais entrer dans cette vie, juste pour découvrir ce qu’elle fût à un moment où bougent les frontières sociales et politiques. J’aimerais trouver grâce à ses yeux dont la beauté minérale ressemblait à des pierres précieuses.

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La villa Massena

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Viva Villa !

Villa Radet, Paris, Montmatre, gildalliere, 2017

À Montmartre le festival Viva Villa réunit les œuvres des artistes des trois prestigieuses résidences artistiques, la Villa Médicis, la Villa Kujoyama et la Casa de Velázquez, autour du thème LES APPROCHES mise en évidence de la pluralité des disciplines – Arts plastiques, musique, cinéma, littérature, philosophie. En contrepoint de la présentation des travaux des résidents dans les ateliers et les jardins de Norvins, le festival propose des débats qui permettront d’interroger la question de la recherche et de la création artistique. Nuit blanche samedi 7 octobre. Accès Villa Radet 16, rue Girardon 75018 Paris. #festival#arts#artistsinresidence#musique#performance#cinema#ecriture#photography📷#blackandwhite#gildalliere#leicam240# @vivavillafestival

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Viva Villa !

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LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI !Capture d’écran 2016-06-23 à 11.29.14.png
Photo/Anders Sune Berg. Courtesy the artist; neugerriemschneider, Berlin/Tanya Bonakdar Gallery, New York © Olafur Eliasson.

 

De l’eau, beaucoup d’eau, des miroirs, beaucoup de miroirs et un soleil, orangé qui balance ses rayons dans un été bien timide. Il est l’emblème du Roi Louis XIV et de l’artiste dano-islandais Olafur Eliasson. Il succède ainsi à Anish Kapoor dont « le vagin de la Reine » avait suscité une vigoureuse polémique. Comme un mirage, sur le Grand Canal, il y a de la magie et de la perfection dans cette cascade haute de 40m, placée exactement dans l’axe du soleil couchant. André Le Notre, le créateur du parc de Versailles, ne peut qu’en être fier. Alors que le sol du bosquet de la Colonnade se couvre de débris rocheux transportés par les pollutions des glaciers du Groenland, le flou artistique d’une ronde de brume qu’on a peur de déchirer, encercle le bosquet de l’Étoile. À l’intérieur, aux fenêtres du salon d’Hercule, Olafur Eliasson profite de la proximité des bâtiments pour créer un jeu de reflets troublant. Pour clore la magie de la perspective de la Galerie des Glaces, des cercles lumineux se démultiplient dans un jeu de miroirs géants. Dans le salon de l’œil de Bœuf deux miroirs se font face. Sur l’un d’eux le cercle lumineux façon soleil couchant traverse l’œuvre du plasticien pour se retrouver plus loin sous la forme d’une éclipse. Dans l’austère salle des Gardes, deux miroirs suspendus diffusent une lumière orangée. Face à la cascade 2 yeux de laiton doré « anamorphosent » l’espace. Une installation à vous couper le souffle de beauté, on est chez le Roi-Soleil quand même !
Au château de Versailles : jusqu’au 30 octobre 

http://www.olafureliasson.net
http://www.chateaudeversailles.fr

Clichés/expositions

LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI !

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Carrelage "Puzzle", Barber& Osgerby, Mutina.jpeg

Carrelage « Puzzle », Barber& Osgerby, Mutina.

Milan 2016 … Plein la vue

« Credenza », Patricia Urquiola et Federico Pepe, Spazio Pontaccio..jpg

« Credenza », Patricia Urquiola et Federico Pepe, Spazio Pontaccio.

Milan c’est bien transformé en capitale mondiale du design pour la 55ème édition du « Salone Del Mobile ». Une aventure structurelle aux multiples visages qui fait appel à un nouveau rapport du spectateur à l’objet, à l’espace de l’œuvre et à l’environnement. Les matériaux foisonnent, le geste se fait libérateur, les structures sont puissantes et linéaires. On y trouve de la pureté, l’infinie variation des formes, de l’audace, de la sobriété et l’insolite.

Service de table, Tomas Alonso, Ateliers Swarovski.

Table basse « Niobe », Federica Capitani,Zanotta.

Tapis « Malmaison », Christian Lacroix Maison, Moooi.

Console « Layers », Nendo, Glas Italia.

Vases, Andrea Branzi, Clio Calvi Rudy Volpi Galleria.

Tables « Capilano », Luca Nichetto, Arflex

Mosaique, Studio Job, Bisazza.

Instalation de 50 « Mangas chairs », Nendo

Poteries de Sebastian Hercher, Ames.

« Ligomancer »,  Livio Ballabio, JCP.

Instalation « Light & Shadow », Nendo, Marsotto Edizioni

« The Shit Museum », Merdacotta

Polar Byzantine Series, Klaus Haapaniemi, Moooi

Miroirs, trois couleurs , Anderssen & Voll, Muuto.

« Rivo », Emmanuel Babled, Alfa Marmi

Suspension, reproduction de la coupole de la Basilique Saint Pierre de Rome, Studio AmeBE

« Urban collection », Hangar Design Group, Acera.

Miroir « Chimmer », Patricia Urquiola, Glas Italia

Lampe « Serena », Patricia Urquiola, Flos

Miroirs « Drift », Fernando Mastrangelo

Console « Solometallo », Nikita Bettoni, De Castelli

« Bowl » Nicolas Schuybroek, When Objects Work

suspension de Maarten de Ceulaer, Nilufar

« Le roi soleil », »New Antique Table », Marcel Wanders, Baccarat.

Mise en scène, Ferruccio Laviani, Foscarini.

Le monde onirique de David/Nicolas, Moooi

Accessoires de table, Vincent Van Duysen, when Objects Work.

« Levity pendant Lights », Joel & Kate Booy, Studio Truly Truly.

« Alba », carafes et verres de Joe Doucet, Nude glass

Rangement « Coin « , Ferruccio Laviani, Emmemobili

Suspension « Candy » les frères Campana, Lasvit.

Tapis « Firenze », Sebastiano Tosi + Lapo Ciatti, Opinion Ciatti

Applique « Circuit », Apparatus Studio

Lampe de table « Extra », Michael Anastassiades, Flos

Détail du tabouret « Maruta », Shinya Yoshida Design

Clichés/design

Milan 2016 … Plein la vue

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LES ROBES TRÉSORS DE LA COMTESSE GREFFULHE

Pour la première fois, le Palais Galliera expose la garde-robe d’exception de la comtesse Greffulhe, née Élisabeth de Caraman-Chimay (1860-1952). Cousine de Robert de Montesquiou, passée à la postérité sous la plume de Marcel Proust dans le célèbre roman À la recherche du temps perdu, la comtesse prête ses traits à la duchesse de Guermantes. Elle vécut la fin du Second Empire, deux Républiques et deux guerres mondiales. La plus belle femme de Paris – tant d’allure que d’esprit – tient salon dans son hôtel particulier de la rue d’Astorg, reçoit au château de Bois-Boudran ou dans sa villa de Dieppe. Exubérante dans ses toilettes, la comtesse Greffulhe met en scène ses apparitions, sait se faire rare, fugitive et incomparablement fascinante. Elle fonde la Société des grandes auditions musicales et va transformer les bonnes œuvres en relations publiques ; pragmatique, elle lève des fonds, fait de la production de spectacles, de la promotion – Tristan et Isolde, Le Crépuscule des dieux de Wagner, les Ballets russes de Diaghilev, Isadora Duncan… Parmi tant d’autres de ses combats, la comtesse soutient le capitaine Dreyfus, Léon Blum, le Front populaire, la République ; se passionne pour les sciences – Marie Curie et l’Institut du radium, Édouard Branly et ses recherches. Le Palais Galliera présente une cinquantaine de modèles griffés Worth, Fortuny, Babani, Lanvin. manteaux, tenues d’intérieur, robes de jour et du soir, accompagnés d’accessoires, de portraits, de photographies et de films… Autant d’invitations à la mode retrouvée, à la rencontre de cette grande dame du Tout-Paris dont Marcel Proust écrivait : « Aucun élément n’entre en elle qu’on ait pu voir chez aucune autre ni même nulle part ailleurs. Mais tout le mystère de sa beauté est dans l’éclat, dans l’énigme surtout de ses yeux. Je n’ai jamais vu une femme aussi belle ».

Commissariat : Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera, et l’équipe de la conservation et de la documention du Musée de la Mode de la Ville de Paris, Alexandra Bosc, Laurent Cotta, Sophie Grossiord, Sylvie Lécallier et Sylvie Roy.

Cette exposition sera présentée au Musée du FIT (Fashion Institute of Technology, New York) en septembre 2016.

http://palaisgalliera.paris.fr

 

 

Clichés/expositions

La mode retrouvée

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