La mémoire de l’effacement

Rue des Saules, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai accroché ce tableau de Mighele Raffaelli dans le silence de la perspective, là où je n’aurais jamais rien accroché. Il existe dans cette œuvre à l’encre de Chine des années 50 une dialectique entre l’espace vide et l’espace plein du cadre du XVIIe siècle. Un travail sur la matière orientée d’un lyrisme abstrait et d’un expressionnisme intérieur codé. Cette abstention géométrique et son austérité chromatique alourdie d’encre noire, se définissent comme la lumière de mes rêves. Une recherche intérieure qui bouscule l’ordre des choses. Une envie qui me gagne de partir loin de tout ce qui a été accompli. Il est temps de s’interroger sur la mémoire de l’effacement vers la révélation de nouvelles apparitions d’espaces et de lumière.

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La mémoire de l’effacement

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Philanthropie

Melik Ohanian, AD rue de la Bûcherie, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

La compagnie des Philanthropes est un lieu de rencontre unique. Un patrimoine architectural extraordinaire. Avant d’ouvrir ses portes au premier semestre 2019, AD Intérieurs 2018 y organise l’exposition phare de la rentrée sous la thématique « Brut et Précieux ». L’exposition met en lumière les réalisations des plus grands décorateurs du moment développées avec l’aide des meilleurs artisans. Dans l’amphithéâtre de cet hôtel particulier du XVIIe siècle encore jamais ouvert au public, entre zones inachevées et décors précieux, l’artiste Melik Ohanian, Galerie Chantal Crousel, prend l’espace. Il évoque avec poésie un futur impalpable qui prend forme sous nos yeux sur l’idée que la Voie Lactée et la galaxie d’Andromède devraient entrer en collision dans 4 milliards d’années. Le miroir hémisphérique devient l’épicentre de l’espace, reflétant en une seule image l’œuvre et les personnes présentes.

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Philanthropie

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Nissa la bella…

La prom, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

C’est le départ de la rentrée. J’ai accroché mes images à vos cœurs, les unes derrière les autres, dispersées par les jours qui passent. Vingt-six clichés en noir et blanc et en couleur s’enchaînent avec une incroyable fluidité et j’en ressors apaisé. J’ai mis des mots sur mes émotions comme un antidote à l’obscurantisme parisien. J’ai pensé grands formats pour l’architecture et petits sur la richesse et la beauté des sentiments de cette ville. Je vous abandonne avec la Promenade des Anglais qui représente si bien l’âme de Nice. Et si j’ai tamisé volontairement le bleu du ciel et l’ocre du trottoir c’est que j’en ai gardé les pigments pour refermer plus facilement les pages de cet album consacré à Nissa la Bella.

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Nissa la bella…

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Belle comme l’antique

Notre Dame du Port, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Notre Dame du Port laisse sa trace dans le paysage architectural de Nice. Dieu seul le sait ; elle est belle comme l’antique. Un seul trait sur l’azur du ciel et le fond outremer du bassin Lympia. Un fronton, un portique et des vagues de chapiteaux, de colonnes, de frises, de rinceaux et de festons, cadrent la perspective s’inspirant du style palladien. Les courbes sont abandonnées. Le clou du spectacle : une façade élancée dont l’ornementation est empruntée au vocabulaire néoclassique. Elle a su épouser la révolution, illustrer le Directoire et le Consulat et offrir son décor à l’Empire. Du bout de la digue, dans l’étroitesse du bassin, il y a de l’immensité.

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Dans la splendeur de ses murs

Blv.Dubouchage, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

À l’époque de Matisse Nice était une ville d’hiver pour riches retraités ou exilés. Aujourd’hui c’est une ville cosmopolite et accueillante. En architecture elle fait partie des villes qui possèdent les plus beaux immeubles Art Déco de France. L’ancien musée de la photographie Charles Nègre était situé dans cet immeuble du boulevard Dubouchage. Il se détache du style « French Riviera » par ses éléments structurels décoratifs de qualité tout à fait typique de la période entre-deux-guerres. Son crépi rouge est en communion parfaite avec le ciel d’azur. La façade épurée privilégie le rythme décalé des fenêtres de la cage d’escalier. Le toit terrasse est couronné de balcons arrondis. Mais mes mots s’empilent et deviennent récurrents… La ville est lumineuse dans la splendeur de ses murs.

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Dans la splendeur de ses murs

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Il était une fois…

Musée Jules Chéret, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’aime la démesure de cette villa inspirée des palais génois du XVIIème siècle. J’aime aussi les histoires de princes et de princesses, les animaux qui parlent, les rivières qui coulent à l’envers, les dragons, les hobbits, les trolls, les elfes, le seigneur des ténèbres et Viggo Mortensen. Alors il n’y a qu’un pas… « Il était une fois, à Nice, en voyant de loin s’élever les murs de la façade de la villa Jules Chéret, les gens commencent à parler de la princesse Kotchoubey. Pour tous ceux qui l’ont connue, Eugénie Alix Bressant, née à Paris le 21 septembre 1838, représentait davantage une personne comme on en rencontre peu dans une existence. Mademoiselle Bressant était incomparable et son charme, sa féminité, son intelligence et son incroyable force morale la rendaient inoubliable à quiconque avait parlé avec elle… »

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Je surfe sur la vague du béton

Balcony, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Vue sur mer, quartier des Baumettes, les balcons de la villa Gloria Mansion surfent sur la vague Art déco. C’est l’art du modernisme, de la géométrie, de l’ordre, de la symétrie, de la sobriété qui me sont si chers. C’est l’art des angles, des pans coupés, des cercles et des arrondis. L’art du retour en grâce de la technique, de la science, des découvertes, des voyages, de l’automobile, de l’aviation et du béton. Sur cet immeuble d’habitation, les balcons projettent le relief de leurs vagues sur une mer sans rives dans l’espace infini de la Promenade des Anglais.

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Ailleurs

Africa Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

C’est un matin où tout s’oublie. Assise Devant le ciel d’orage, tu regardes la mer bruissante d’un bleu lagon. Tu écoutes le son des galets brassés par les vagues. Tu rêves d’un bal lointain à travers le silence. Tes secrets parfums de femme t’appartiennent et la mer apaisée par ta grâce, s’étire jusqu’aux pieds de ton enfant. L’indéfinissable douceur qui se dégage à travers le ciel tiède noie ton cœur souffrant de n’avoir nul mot à proférer. Pauvre comme une enfant, tu t’es mis à pleurer d’une autre mer…Ailleurs.

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Les souillures du temps

fenêtre sur rien, Antibes, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Antibes impose son sens de la sobriété et de l’épure. À l’ombre de son linteau historique le dépouillement de ce vide est reposant. Les souillures de l’ocre rose s’accordent harmonieusement avec les tonalités du monolithe de granit. L’idée est de cadrer le meilleur de l’architecture et de se débarrasser de tout ce qui peut interférer avec ça. Tout est ramené à l’essentiel, masse, volume, surface, proportion, géométrie. Seul le temps a crée un accident, la salissure intègre l’idée d’une expression minimale du temps.

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Horizon

cathédrale 2, Antibes, gildallière, 2018
Photo/Gilles Dallière

Voilà une photo pleine de mystères et d’interrogations. Un univers étrange dans lequel l’espace et le temps sont en dehors de la réalité. Une vision fragmentée et colorée de Notre Dame de-la-Platea à Antibes. Mis à part les éléments architecturaux, les formes, les couleurs s’amusent à créer une image presque irréelle. Entre le mur et la mer, entre le clos et l’ouvert, l’histoire paraît située dans un temps imaginaire. Elle n’appartient ni au passé, ni au futur, ni au présent. Elle se situe en dehors du temps. Il faut apprendre à découvrir le monde à travers ce qu’il a en lui et imaginer ce qu’il est. À partir de cet instant on regarde avec d’autres yeux.

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Horizon

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