Une histoire d’amour

Antinoüs Mondragone, 130 après J;C; Petit Palais Khnopff, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Hier après-midi, j’ai fait la connaissance d’Antinoüs Mondragone au Petit Palais. Il n’a que seize ans. Sa tête s’incline en avant sous le poids de sa chevelure nocturne. Son visage est large, l’allongement de ses paupières fait paraître ses yeux obliques. Il se caractérise par sa crédulité et son ignorance. Face à moi, son attribut premier est sa beauté…Autour de moi, le silence…Antinoüs, idéaliste et exalté est mort. Il s’est suicidé à vingt ans par amour pour l’empereur Hadrien qui ne connaissait que le désir et son assouvissement. Hadrien, mal à l’aise devant la force du sentiment de son jeune amant le blesse moralement et physiquement. Éperdument malheureux il transformera cet amour en œuvre d’art n’ayant pas le droit de déprécier le singulier chef-d’œuvre que fut son départ.

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Une histoire d’amour

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Karl Lagerfeld

Karl Lagerfeld, la Vigie
Reportage/Gilles Dallière/Photo/Nicolas Millet

Karl Lagerfeld aimait la démesure. Il avait le sens de l’invention et de la réinvention. J’ai eu le plaisir de photographier la Vigie à Monte Carlo, au bord du golfe de Monaco. Une Villa toute blanche qui évoque la Riviera d’antan. Louis XV et Louis XVI s’y sentiraient chez eux. Volubile et drôlement présent, Monsieur Lagerfeld était disponible, concentré, pertinent, c’était un abîme de culture sans pédanterie. À la Vigie, le temps n’existait plus. Pour lui, c’était l’aisance avec laquelle on habitait les maisons qui était important. La maison idéale ? C’était toujours la prochaine, comme une collection. C’était le rêve inaccessible qui poussait à créer. Faire des robes, du dessin, de la photo, de l’édition, des maisons, peu importe, c’était la seule façon qu’il avait de vivre, en travaillant, en s’amusant, en utilisant ses défauts, en les récupérant. Vous êtes, Monsieur Lagerfeld un merveilleux souvenir.

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L’homme de bronze

Bronze de Joseph Bernard au Musée do Chiado, Lisbonne, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Il est midi, le jour est immobile et le soleil te fait pencher la tête. Ton bronze est encore plus noir que ton ombre. Tu regardes sans désir la ville qui se dresse à tes pieds dans l’air dru jusqu’au ciel. Un peu plus de lumière et le jardin s’incline devant ta nudité. Qui de nos jours, sait encore rester comme toi immobile ? Ta figure, d’une étrange beauté m’intrigue, m’inquiète même et j’éprouve le sentiment pénible qu’une si merveilleuse beauté pût s’allier à l’absence de toute sensibilité.

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O país de Abril

Le Panthéon, Lisbonne, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Au Panthéon des gens célèbres, dans l’enceinte immaculée de Santa Engracia, j’ai vu luire la pleine lune alors que le soleil brillait encore et dans un coquillage, trouvé sur sa sépulture, j’ai entendu la voix du Fado qui défaille. J’ai ouvert les yeux au jour pour écouter la plainte d’Amalia Rodrigues s’élever dans la poussière du ciel. J’ai cueilli une rose, j’ai mangé le pain avec l’eau et le miel et par l’ouverture de la fenêtre j’ai baisé tous les vents.
“Meu amor, por ti cantei e tu me deste, um chão tão puro, algarves de ternura, por ti cantei à beira-povo, à beira-terra e achei, achando-te, o país de Abril.”

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Mystère de l’ombre et de la lumière

Escalier du musée d'art moderne, Lisbonne, gilles dallière, 2007
Photo/Gilles Dallière

L’escalier est le lieu idéal pour cacher un mystère ou se cacher dans le mystère de sa propre existence. C’est aussi une source d’inspiration, de recherche, de découverte des autres et de soi même.

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La voltige architecturale

Le grand escalier du Four Seasons Hotel Ritz, Lisbonne, gilles Dallière, 2007
Photo/Gilles Dallière

Devant moi, face à la colonne en céramique sculptée, flotte l’image d’un escalier dont la courbe enveloppée de ces panneaux de laque dévide la spirale du chemin. Ce miracle d’architecture posé sur les bambous d’or à la clarté du soleil, s’enroule sur lui-même pour disparaître de façon significative. Il voltige dans l’espace et dans cette perspective prodigieuse, les deux extrémités noyées d’ombre me semble plonger dans le ciel et l’enfer.

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Courir…

Piste du Ritz, Lisboa, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Courir… Sur les lacets défaits de la terrasse du Four Seasons Hôtel Ritz. Courir suer mes souvenirs. Courir le cœur serré, les bras ouverts. Courir pour que l’esprit file aussi vite que mon corps. Casser les idées lisses d’une piste trop rouge dont le trottoir palpite comme une aile blessée au dessus de Lisbonne. Courir sous un ciel de titane pour regarder se lever les soleils. Tu ne m’as pas laissé le temps de tirer un trait pour oublier que c’était juste hier…

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Le cloître du silence

Interieur, monastère d'Alcobaca, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

L’église de la Real Abadia de Santa Maria de Alcobaça, avec ses proportions imposantes, trône au milieu de la ville. Le dieu des eaux vives habite la gigantesque cuisine carrelée et la lumière du soleil de ce matin d’hiver frappe la palette des jaunes sables, Castille, ocre clair, jaune de Malte et une foule de détails sans le moindre intérêt. C’est l’architecture qui donne le vertige et cette cheminée qui monte jusqu’au ciel. Je ne regrette ni d’être revenu ni de devoir partir vers l’inconnu. Dans ce volume cistercien il y a du mouvement, de la folie, de la grâce et du silence.

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Le cloître du silence

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La Babel d’Alcobaca

monasteÃÄre d'alcobaca, portugal, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Cet escalier, énorme, est bien caché. Il est si bien enfoui pour nos yeux aveugles qu’on ne peut le remarquer qu’après un certain degré de concentration. Avec ce nez de marche si particulier, que l’on monte ou que l’on descende, il fuit en piano droit. Comme une Babel indéchiffrable il monte et chaque marche est un souvenir ou un hypothétique futur. Degré par degré je grimpe comme si il s’agissait d’un chemin de croix mais sans rien porter sur l’épaule sinon mon appareil photo. Les marches succèdent à la marche, l’éclat du soleil tourbillonne sur le blanc et la rampe maculée court comme un furet sur le mur de gauche. Elle guide mes pas, l’envie et le désir, elle m’attrape par la main et me montre le chemin d’Alcobaca.

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La Babel d’Alcobaca

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L’harmonie

Nature morte, Anvers, AV, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Peinture écaillée, murs revenus à un mélange de plâtre et de terre sont tous appréciés comme une forme d’art abstrait renforcé par le passage du temps. Ici tout est adouci par les ombres. Il y a une absence de suffisance ou de fouillis éclectique avec seulement quelques œuvres bien choisies résistants aux tendances et aux modes.

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L’harmonie

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