Dessous chics

MuseÃÅe Marmottant, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Quel est le meilleur usage que l’on puisse faire de l’appareil photo ?
Il suffit d’aller dans les musées, de regarder les œuvres d’un sculpteur ou d’un peintre et l’on comprend que l’œil doit enregistrer la vie. La photo reproduit la substance, la quintessence, de la chose en elle même. Au musée Marmottan-Monet, aidé par Patricia et Laurence, j’ai fait le portrait d’une idée. L’idée de la forme architecturale, l’idée de la transparence, du dessous chic, du mouvement et de la lumière qui glisse, parfaite, sur le verre gravé du sol du 1e étage de l’hôtel particulier. La vie est faite d’instants. Il faut savoir regarder le monde avec étonnement pour réussir à saisir ces fugaces instants d’enchantement avant qu’ils ne se referment sur eux-même.

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Dessous chics

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Le temps qui passe

Pelourinho, Bahia, gildalliere, 2012.
Photo/Gilles Dallière

Plaqué contre le mur, il y a comme un je ne sais quoi tout près de dégringoler dans cet extérieur décrépi. Il est tôt, la fraîcheur de la nuit s’attarde sur le Pelourinho et je devine la senteur iodée de l’océan. Un léger brouillard d’émotion se dresse au fond de moi. Ici, il n’y a plus de filles et de garçons à baiser. Il y a la brique qui se désintègre, la patine jaune qui bégaie la mort, le bois qui craque et le carrelage qui transpire les senteurs de soufre d’une nuit arrosée… À l’époque c’était un bar. De la terrasse enflammée de néons pourpres, la vie s’est doucement retirée et il ne reste plus que des images glacées peuplées de personnages qui ne parlent plus.

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Le temps qui passe

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La croix couchée

croix de salvador de bahia, gildaliere, Brésil, 2012
Photo/Gilles Dallière

J’ai de la pluie dans les yeux, mais déjà je la vois au dessus des nuages ou le ciel est toujours bleu. J’ai patauger dans l’ordure, grimpé sur le muret et sauté dans le vide pour m’installer dans l’arbre patiné par la brume du matin. Je vois enfin scintiller ses bras en croix. Je ne pouvais pas m’empêcher de mettre sa géométrie au cœur de mon cadre. La « Cruz Caida » est comme une apparition, une immense réalité que je veux voir flotter tout au dessus des nuages. Sous son acier, dans la lumière grise de l’automne, il y a un homme presque nu qui semble déjà parti à la dérive d’un voyage sans issue.

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La croix couchée

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La perspective de l’épure

Perspective des Invalides, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai été tenté de faire de la construction de l’épure perspective un exercice spirituel. La lumière du couchant souligne les ambitions esthétiques de l’Hôtel des Invalides et m’invite à franchir le seuil d’un espace sensitif cadré aux limites du vertige. Le soleil projette l’ombre de l’architecture sur les surfaces réfléchissantes des cellules qui permettent de révéler l’instabilité de ma perception du temps et de l’espace. Que la perspective pose la question de l’infini, du point fixe, du crédit à accorder aux apparences, quelle soit un modèle d’appréhension du réel sont des faits entendus. Ici il y a de la brillance, de la légèreté, de la transparence, du rythme, de la fluidité et de l’équilibre.

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La perspective de l’épure

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La mesure de la théâtralité

Grand escalier de l'hôtel des Invalides, Paris, gildallière, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai pris pension à l’Hôtel des Invalides. Un esprit de grandeur souffle sur cet escalier. Il est sage et mesuré. Sa théâtralité se révèle dans une harmonie exceptionnelle entre la pierre et le fer forgé. Une alchimie presque sacrée présentant le pouvoir mystique de la lumière sur la pierre et des ombres effilées sur les marches. C’est un lieu de passage symbolique d’une grande pureté, exprimant à la fois de manière grandiose la puissance du bâtiment et le vœu de silence qui s’y impose.

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La mesure de la théâtralité

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La tête en l’air

grand escalier de l'hôtel des Invalides, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Pour l’architecte Hardouin-Mansart, l’ordre et la grandeur doivent l’emporter sur la fantaisie. De part et d’autre de cette perspective, la pierre des murs patinés, le bronze de la main courante animée par le flou des visites, la monumentalité de l’escalier, nous font embrasser d’un seul coup d’œil l’espace qui les contient. On se met à tutoyer l’Histoire. Dans cette vie là, il faut avoir la tête en l’air, lever les yeux au ciel porté par cette lumière de l’instant pour mieux transmettre la magie des géométries et l’épuration totale de l’architecture du lieu.

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La tête en l’air

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La maîtrise des règles antiques

XVIIéme, invalides, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Ça déménage au XVIIe siècle. Fini la profusion ornementale. Fini la courbe en folie. Fini les libertés inattendues. C’est le grand retour de l’ordre, de la rigueur, de la symétrie. On rend hommage à la clarté des règles antiques, au goût immodéré des grandes perspectives. Désormais, au siècle des lumières, face à la verticalité, l’horizontalité prédomine. Mansart donne la forme définitive à l’architecture religieuse classique. Il rejette les saillies, place un soubassement percé de baies en plein cintre, surmonté d’un premier étage à colonnes orné de trophées d’armes et d’allégories sculptées. Dans cet espace déterminé, la densité et la simplicité des lignes sont rigoureusement maîtrisées.

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La maîtrise des règles antiques

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La beauté des anges

Les victoires, invalides, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Je suis venu disserter avec les anges des choses de la vie. Dans les grands rêves de marbre conçus par Pradier pour la gloire de l’empereur, je me suis assis sur le bandeau, une jambe basculée dans le vide infini de l’interdit. J’ai attendu longtemps de ne pas être dérangé pour poser mes questions : l’avez-vous vu ? Lui avez-vous parlé ? Est-il allongé là ?
Les anges sont restés de marbre devant la sépulture de l’effrayant génie qui sut, à l’heure marquée par Dieu, maîtriser de sa main puissante la France indomptée et rebelle. Je suis resté à contempler ce calme tableau de l’hospitalité antique, si noble, là où la couronne de laurier roule de siècle en siècle sur un désert de marbres séculaires.

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Le fil de la lumière

Turenne, Invalides, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Pendant les journées du patrimoine, j’ai saturé l’espace d’accumulations d’images, de vues séparées, de constats architecturaux qui se juxtaposent emplissant mon champ visuel. Illimitées, indéfinies, les ornementations déroutent le regard. Mon œil ricoche, rebondit pour s’apaiser enfin, choisissant pour cela de suivre le fil de la lumière qui donne le sens de la lecture. Sous cet éclairage plus intellectuel que sensible, l’encombrement des décors se fige comme privé d’air. Ces fantômes de pierre résonnent infiniment le long de mon air optique. Ces sentinelles de la mémoire me font traverser le présent pour rejoindre les épaisseurs d’un passé légendaire.

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Philanthropie

Melik Ohanian, AD rue de la Bûcherie, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

La compagnie des Philanthropes est un lieu de rencontre unique. Un patrimoine architectural extraordinaire. Avant d’ouvrir ses portes au premier semestre 2019, AD Intérieurs 2018 y organise l’exposition phare de la rentrée sous la thématique « Brut et Précieux ». L’exposition met en lumière les réalisations des plus grands décorateurs du moment développées avec l’aide des meilleurs artisans. Dans l’amphithéâtre de cet hôtel particulier du XVIIe siècle encore jamais ouvert au public, entre zones inachevées et décors précieux, l’artiste Melik Ohanian, Galerie Chantal Crousel, prend l’espace. Il évoque avec poésie un futur impalpable qui prend forme sous nos yeux sur l’idée que la Voie Lactée et la galaxie d’Andromède devraient entrer en collision dans 4 milliards d’années. Le miroir hémisphérique devient l’épicentre de l’espace, reflétant en une seule image l’œuvre et les personnes présentes.

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Philanthropie

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