Devant la maison néo-basque du Parc d’hiver, l’arbre est bien l’axe du monde autour duquel tout semble désert pour un temps. Je me laisse glisser à son pied entre des racines humides où j’ai une place prédestinée. Je me souviens de l’arbre de mon enfance où je me réfugiais quand aucun mot ne pouvait dire ma souffrance. Je tente d’épouser le tronc plus parfaitement avec mon dos. C’est d’abord un silence intérieur, un vide mais que n’altère aucune fatigue. Au contraire je sens plein d’étranges énergies qui poussent à l’immobilité. Et de ce vide monte le souvenir de ma jeunesse. #leparcdhiver#biarritz_paysbasque#maisonbasque#neobasquearchitecture#arbre#espace#exterieur#architecturephotography#blackandwhitephotography@gillesdalliere
L’être est un mouvement, la pierre de l’escalier de la villa begoña a une destination. Et quand je pense au « Être ou ne pas être » de Hamlet je ne pense pas à cette alternative de la vie et la mort, mais à l’alternance du mouvement et de son ignorance. L’océan me lave de toutes les folies de la ville, de l’imperfection de l’œuvre. Il me lave de toutes les souffrances et de tous les deuils, en rugissant que tout n’est que mouvement et deuil, tout est perte, tout est mort, mais dans l’azur brassé, et dans l’émerveillement du ballottement originel. #villabegonia#villabegoniabiarritz#escalier#miramarbeach#architecturephotography#surfinglife#blackandwhitephotography@gillesdalliere
Il sait qu’il est rempli de vide, libéré de la construction d’une œuvre admirable, cette autre œuvre plus grande d’une appartenance plus grande. Le mysticisme de sa vie de sculpteur, il le feuillette comme un livre. Il respecte profondément ces premières idées, ces premières intuitions du sublime, et il sait que s’il a pu parfois comprendre quelque chose dans l’œuvre des poètes et des penseurs, c’est seulement parce qu’il l’avait lui-même éprouvé dans un temps de nécessité absolue.#fondationchillidaleku#art#sculpture#fermezabalaga#architecturephotography#artphotography#blackandwhitephotography@gillesdalliere@chillidaleku
Cette sculpture de Chillida pourrait lui plaire. Elle serait un peu comme sa sépulture, son corps allongé dans la lumière de l’ombre sur un tapis d’olivier. Une pluie battante s’abat sur le petit cimetière du Vesinet. Devant le cercueil de Claude Berthod, ce crachin m’incite encore un peu plus à m’enfoncer dans mes souvenirs. Je tente alors de mettre des mots sur les sensations de mon travail journalistique, de les formuler, de les retrouver, de me les réapproprier. Cette façon d’être au monde sans y être, j’avais vécu sans la comprendre vraiment. #fondationchillidaàleku#art#sculpture#fermezabalaga#architecturephotography#artphotography#marbreblanc#blackandwhitephotography@gillesdalliere @chillidaleku
Et il sent bien que le regard éperdu d’abîme qu’il a posé sur l’océan est aujourd’hui humilié et peut-être détruit. Il ne rêve plus dans l’immobilité des jours de l’enfance, d’un don de soi qui d’un coup, comme on plonge dans la mer, signe sa présence au monde. Il ne vit que pour le soir qui vient, et les étonnements éphémères. #côtedesbasques#biarritz_paysbasque#biarritz#surfphotography#beachday#earlymorning@gillesdalliere
Claude Berthod a rejoint le paradis des grandes journalistes. Elle débute à Elle, devient responsable de la mode. Lors d’une interview fleuve dans l’émission télévisée Dim Dam Dom, Yves Saint Laurent lui donne sa vision de la Haute Couture. Après avoir lancé Domicible, mensuel destiné aux professionnels de la décoration et de l’architecture, elle dirige pendant vingt ans le magazine Maison française, en le faisant évoluer vers le luxe, le rêve, la modernité, et l’art de vivre. Elle a avalé la profession à en étouffer, suivi la mode jusqu’à garder une taille de guêpe, rencontré les puissants architectes d’intérieur et ceux qui tout autour dansent la ronde. Elle compose « Extravagances » avec le photographe Roland Beaufre, un art de vivre autrement. Derrière son bureau signé Le Corbusier, elle mûrit une incroyable force. Le mur du magazine tremble parfois sous son regard. Plusieurs tasses de thé, une coupe de champagne le soir, un crayon et une rame de papier suffisent à peupler sa vie de grande professionnelle. Elle aime la formule bien écrite, les jeux de mots, le contre-sens. Elle maîtrise les chapôs. L’édito en glace plus d’un. Forcée, elle quitte l’immense Paris du journalisme, se réserve une vie riche et heureuse de tout ce qu’elle a accompli. Un labyrinthe d’ombres est devenu sa planète, que dire de la profondeur de ses noirs ? Elle demande à l’œil un peu de patience. L’ombre profonde est une invention perpétuelle, un roman de l’obscur dont on ne peut plus se passer quand on a lu ses premières pages. Claude Berthod regarde aujourd’hui les nuances colorées de son monde et je suis sûr qu’elle aime avec une ferveur de cloître les étoiles qui s’y perdent. #hommage#claudeberthod#maisonfrancaise#rip@gillesdalliere
Le surfeur musclé, tendu, descend sur la côte des Basques prendre la vague. Un art de non résistance. Il va esquiver le coup que la mer lui porte, plonger sous l’océan qui va le gifler. Il va couler tout droit, les pieds en premier, loin sous la surface de l’eau, et laisser la grande fuligineuse passer largement au-dessus de lui. #biarritz#biarritz_paysbasque#surfeur#surfphotography#architecturephotography#streetphotography@gillesdalliere
Voilà bien une aube oublieuse de la nuit. Mais qui doute du jour où tout pourrait rester ainsi comme dans un souffle entre terre et océan ? N’avoir qu’une conscience, n’être qu’un remous de néant. Sur le fond blême du matin gorgé de silence, le soleil se lève sûr de sa fin. #biarritz#biarritz_paysbasque#beachday#grandeplage@gillesdalliere