C’est le plus bel escalier de Paris

Plafond de l'escalier de l'hôtel de la Monnaie, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Escalier d’Honneur/11 quai de Conti/Monnaie de Paris

Quoi qu’on dise, c’est le plus bel escalier de Paris. On loue l’extrême qualité de l’exécution, l’érudition et l’élégance du style du règne de Louis XIV. Unanimement perçu par la critique comme l’un des plus beaux morceaux du nouveau bâtiment de Jacques-Denis Antoine, l’escalier d’Honneur de la Monnaie de Paris ne cesse d’étonner par une ampleur et un raffinement qui, en son temps le laissaient sans équivalent. Occupant un volume d’une hauteur égale à celle d’un immeuble de six étages, il déploie noblement quelques quarante degrés qui, du niveau du vestibule aux colonnes doriques, mènent au piano nobile et aux enfilades de salons du palais. Lui-même inscrit dans un péristyle de colonnes ioniques, couvert d’une coupole percée d’un jour central et décorée d’un décor en trompe-l’œil, œuvre de Jean-Jacques Forty, l’escalier concrétise du fait de la richesse de son décor, un désir d’architecte qui ne pouvait se réaliser que dans le cadre d’une commande royale.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

C’est le plus bel escalier de Paris

Image

Réflexion sur l’hôtel de Salm

La légion d'honneur, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Hôtel de Salm/Palais de la Légion d’honneur/réflexion sur la sphinge de Jean-Jacques Ducel

Qui n’a pas suivi le général Georgelin dans une visite guidée de son palais de la Légion d’honneur ne peut pas comprendre l’enthousiasme qui va suivre. Avec méthode et précision, il est capable de vous faire vibrer en racontant l’histoire de cet hôtel de Salm, bâti à la fin du règne de Louis XVI. Les péripéties traversées par Lacépède, qui y installe la Légion d’honneur. La détermination du général Vinoy, qui le fit reconstruire après l’incendie de 1871. Derrière la sphinge fondue par Jean-Jacques Ducel, cinq campagnes de restauration ont permis de redonner de l’éclat à ce décor méconnu. Le grand vestibule a retrouvé sa décoration d’origine. Le salon des grands chanceliers a été rénové. Les écoinçons de la coupole ont gagnés en tonalité. Les plafonds peints des salons de la rotonde, des muses, et de l’aurore sont flambant neufs.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Réflexion sur l’hôtel de Salm

Image

Petit nu N°6

Petit nu N°6, Curiosa, Marie Pierre Morel, gildalliere, paris, 2O19.
Photo/Gilles Dallière/photogravure/Marie-Pierre Morel/Niels Schneider

C’est ma dernière acquisition : « Petit nu N°6 ». Une photogravure de Marie-Pierre Morel, tirée d’une série d’études pour le film éponyme de Lou Jeunet, d’après les photos de Pierre Louÿs. Le cadrage de ce nu masculin, académique, est soigné. La gamme des demi-teintes depuis la clarté solaire jusqu’au noir pure est parfaitement maîtrisée. À la recherche de la lumière magicienne, le corps de l’acteur vibre, et le papier sent cette vibration. Marie-Pierre travaille à la chambre, l’épreuve numérotée est tirée en gravure taille douce permettant d’obtenir grâce à la qualité du papier et au travail d’encrage une matière magnifiée dans les noirs chargés de mystères.
http://www.sitdown.fr

Clichés/collection, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Petit nu N°6

Image

Regarder le temps

Thibault, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Portrait/Thibault Massina/Paris/2019

Quand Oscar Wilde dit que « La beauté est dans les yeux de celui qui regarde », cela nous montre que le regard est bien plus important que la chose regardée, que c’est l’imagination contenue dans ce simple regard qui fait tout. C’est donc bien plus que de poser les yeux : il y a de la volonté, du désir, de l’intention dans le regard. Il y a des portraits réussis, d’autres pas. Chaque visage peut se cacher et parfois subrepticement se révéler. Très peu de gens sont capables de perdre le contrôle d’eux-mêmes, en un instant, et de se comporter devant l’appareil photo comme s’il n’existait pas. C’est pour cela que le photographe doit les aider et s’ouvrir à eux. Après plusieurs séances, je comprends que ce que je dis à mon modèle est bien plus important que ce que je fais avec mon appareil et la lumière.

Clichés/photos

Regarder le temps

Image

L’élégance du silence

Cheminée médiévale, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, 2006
Photo/Gilles Dallière/Anvers:Belgique/Boris Vervoordt

À Antwerpen, au rez-de-chaussée, l’espace est sublimé par le dessin de cette cheminée à double foyer. À gauche un tout petit tableau, presque vide, et sans aucune indication de lumière. À droite, une œuvre révélant trop d’imprécisions et de faiblesses à mes yeux. Au sol, les imperfections de la pierre bleue des carrières du Hainaut, superbe et transparente. J’aime cette tension. Le passé qui s’inscrit dans le présent, dépoussiéré, rangé, lumineux. Les murs sont aussi nus et rugueux qu’au XVe siècle. La même fenêtre haute laisse voir une épaisseur neigeuse creusée dans le mur. Mais ce n’est pas tout, il y a surtout le silence, et le silence c’est le silence, et ce n’est rien que le silence.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/voyage

L’élégance du silence

Image

L’échappée belge

Salon, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière/Anvers:Belgique/Boris Vervoordt

Dans cette échappée belge, il y a des journées qui ne ressemblent pas aux autres. Aujourd’hui, c’est une journée en pente douce. La pièce dans laquelle je pénètre est sombre, immense, vide, ornée d’une cheminée médiévale monumentale. Le feu chante dans l’âtre illuminé. L’endroit est un peu austère et je m’y sent forcément modeste. Une beauté indescriptible exsude des murs de terre ocre rouge, et dans la lumière diffuse, je commence vraiment à apprécier l’usage récurent de l’ombre. Les imperfections y prennent une importance toute particulière.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

L’échappée belge

Image

inspiration originelle

Salle de bains, Anvers, Boris Vervoortdt, belgique, 2006
Photo/Gilles Dallière/Anvers/Belgique

J’ai quitté Paris pour me perdre dans les ruelles étroites du quartier historique d’Anvers. Tout est sombre dans cette maison médiévale du Vlaeykensgang, cachée à l’ombre de la cathédrale. Dans la salle de bains monochrome, l’obscurité est essentielle. Elle met en valeur la beauté imparfaite de la sorcière qui reflète cette pure clarté arctique, abrasive au regard. Autour, le vide représente représente tout ce qu’il reste à apprendre de cette création contemporaine. Il dort, les yeux ouverts, et moi, je me déplace en lui sans bruit, avec la précaution inutile d’un rêve qui jamais ne troublerait son sommeil.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

inspiration originelle

Image

La belle époque

Villa Nellcote, gildalliere, Saint-Jean-Cap-Ferrat, 2013
Photo/Gilles Dallière/Villa Nellcote/Saint-Jean-Cap-Ferrat

Ce n’est pas la fin de mon escapade à Villefranche-sur-Mer. Ça n’est jamais fini. Mon cœur c’est remis à battre dans le décor Belle Époque de cette salle de bains. J’aime son immobilité, son absence de toute perspective de mouvement. L’architecte aurait pu modifier la structure de ces lignes, remplacer un segment par un autre, procéder à des corrections sans fin pour les épurer. Eh bien non. Tout au long du mur de ce carrelage fleuri, la lumière découpe des surfaces originelles.

Céramique, Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

La belle époque

Image

Que fais-je ici ?

Malakoff, J.Karam, gildalliere, Richard Alcock,2018
Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/ Paris

De retour à Paris, j’ai trouvé ma place, dans l’entrebâillement des portes d’un second jour aménagé de boiseries haussmanniennes. Sous la fluidité des cristaux d’un lustre XVIIIe, la froideur du décor est grandiose. Mes yeux glissent sur l’émail de la baignoire. Des traînées de lumière grise se confondent à la fluidité des veines du marbre de Carrare. Tout est silencieux. Debout devant le miroir de Bohème, je regarde mon visage et je me pose une question simple. Que fais-je ici ?

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Que fais-je ici ?

Image

D’or et de sel

Villa Nellcote, Saint-Jean-cap-Ferrat, entrée,gildalliere, 2013.
Photo/Gilles Dallière/Villa Nellcote/Saint-Jean-cap-Ferrat

Vous n’avez rien touché à l’entrée de la villa. Vous aviez pourtant le droit de la transformer, de la rendre plus basse, plus large. Vous avez respecté scrupuleusement la configuration du bâtiment, la cour d’entrée, la grille d’honneur, la galerie, l’escalier monumental, les terrasses, le parc, vous les avez concrétisés à l’endroit voulu. Et sur vos plans, au lieu d’écrire murs, vous avez inscrit : brique ocre. Au lieu d’écrire fenêtre, vous avez mis : persienne grise. Au lieu de porte d’entrée vous avez renforcé le dessin du fer forgé et les volutes recouvertes d’or fin. Vous avez repoussé le premier mot qui venait au profit du second, plus précis, puis lui-même au profit du troisième, puis du quatrième…

Céramique, Clichés/design, Clichés/photos, Clichés/voyage

D’or et de sel

Image