Le sommet de la vie.

La terrasse de la Villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Kérylos/Beaulieu sur mer

J’écoute les assauts de l’eau contre le dogme pierreux de la villa Kérylos. J’ai levé la tête sur les lignes géométriques de la terrasse. Le sommet de la vie, serré dans une page bleue azur, fermée sous les reproches du soleil. J’aime qu’il y ait de l’air dans une page. Je la marge pour sentir le grand large. Le sommet de la vie, veux-tu que je te dise ce que c’est ? C’est écrire une lettre d’amour, sentir le feutre appuyer sur le papier, et voir le papier s’ouvrir à un jour plus grand que le jour.

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Le sommet de la vie.

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Art déco.

Le Majestic, escalier, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Le Palais Majestic/ Nice

La lumière, tamisée d’Art déco, panse des plaies invisibles. L’architecture est un spectacle, et on devrait se mettre dans un fauteuil de velours rouge pour l’admirer. Un mur ouvert comme celui-ci : c’est un livre. Je deviens moi-même une des phrases de son histoire, et j’ai alors le bonheur d’être presque aussi intelligent que le rayon de soleil qui traverse ces fenêtres.

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Art déco.

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L’Iliade et l’Odyssée.

Bas-relief, villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Kérylos/Beaulieu sur mer

J’ai tiré les rideaux sur le monde des mouches et des cafards, pour les ouvrir sur le Panthéon de Théodore Reinach. Je me suis mis à rêver des naufrages homériques, de l’Iliade et de l’Odyssée. Des armures balancées sur l’écume des mers. D’Ulysse qui quitte l’univers de Poséidon et du Cyclope pour rejoindre le monde du blé et de Pénélope. Les rêves d’un homme parfait, si vide, si pur, si transparent, que pour toute chose, les êtres et les objets viennent s’abreuver en lui.

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L’Iliade et l’Odyssée.

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L’ombre et la lumière.

Musée Matisse, Nice, ombres et lumière, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Musée Matisse/Nice

J’ouvre les yeux, et je vois bien ce qu’est le monde. J’y vois beaucoup d’ombres. J’ai raclé le fond de mes poches pour en sortir tous les visages menteurs et les croyances jaunies. Je sais où je veux aller. Je veux aller au ciel, même s’il donne sur un terrain vague.

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l’ombre et la lumière.

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Le bois sacré.

Le bois sacré, Cimiez, Nice, gildalliere, 2019 L1016341-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière/Le bois sacré/Colline de Cimiez/Nice

La lumière circule dans le bois sacré comme une gouache sur la toile du peintre. Je me promène en compagnie d’Agnès et Pierre, longeant les ruines d’un lointain passé. Nous nous quittons devant le nonchaloir du Régina. En s’éloignant, Pierre me glisse une fleur découpée dans le feu de l’acier. Elle ne vient pas d’une de ses sculptures, mais de son cœur. Une de ces fleurs qui provoque l’amitié, pour la rendre possible. Pour l’heure, je suis parti vers la lumière d’une prairie engourdie. Devant moi, la majesté d’une pierre brute se couche sous l’olivier. Je pose la fleur du mobile au milieu des dessins d’enfants sur la tombe de Matisse.

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Le bois sacré.

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Presque, est le nom du paradis.

La villa rouge, musée Matisse, gildallière, Nice, 2019 L1016314-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière/La villa rouge/Musée Matisse/Nice

Au beau milieu des oliviers, la villa rouge balance ses linteaux peints en trompe-l’œil sur les thermes de Cimiez. L’été, ces volets, cette lumière, ce décor, c’est comme si un secret était sur le point d’être levé. Je fraie mon chemin dans l’air bleu et la joie est tenue de rigueur. Le cadrage est serré. Ne cherche rien, regarde les persiennes, est-ce qu’elles cherchent, elles ?
Elles ne savent rien. Elles dansent avec le soleil sur des teintes saturées, presque primitives. Un équilibre qui convient à Matisse. Presque, est le nom du paradis.

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Presque, est le nom du paradis.

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Mon musée rouge.

Matisse, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Musée Matisse/Palais de Gubernatis/Maison génoise du XVIIe siècle.

Par la fenêtre de la villa, je vois les inflorescences d’un palmier perdu dans l’or du soir. Tout gris, un vieil homme, couché sur la banquette regarde sa « Danseuse créole » plonger dans « la vague » d’ombres des colonnes en granit de son musée rouge. Moi, Henri Émile Benoît Matisse, je serai peintre, une gouache bleue à la main. Je croquerai des odalisques, des pommes vertes, et des pêches roses. Je cracherai des pépins de silence sur la plage. Je plongerai dans le clapotis de mes eaux-fortes, et pour finir, j’irai dans le jardin de Dieu, construire derrière mes compositions monumentales de papiers découpés, La Chapelle du Rosaire, mon chef-d’œuvre, jusqu’aux rives de la mort.

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Mon musée rouge.

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