Rigueur

Photo/Gilles Dallière

Quand l’architecture se révèle au soleil couchant, on comprend que la maison n’est pas faite pour celui qui l’habite mais aussi pour celui qui la regarde. Ici on travaille l’angle droit mais aussi la courbe. Subordonnée à l’architecture, elle n’est pas employée comme un simple élément décoratif. Elle est un événement générateur de la rigueur de la façade, reliant avec force la toiture au sol dans une quasi-continuité. La villa qui a pris place sur le terrain chaotique, à pente raide, ouvert sur la mer, du chemin des douaniers, est implantée suivant un système de gradins mis en place de manière à épouser les accidents du terrain. Et quand les rayons du soleil caressent les balcons, l’espace est totalement hiérarchisé et sublimé.R
Clichés/architecture, Clichés/photos, Clichés/voyage

Rigueur

Image

Somewhere

Photo/Gilles Dallière

À la Réserve, il n’y a plus de fantômes, pas d’hallucinations. C’est la vérité torride d’un soleil couchant. Il y a un ciel et une mer bronze, un bizarre dessin de plongeon, un phare qui oblique en angle et rougit du bout de la digue. Sous ce ciel de cristal, des accords mineurs se croisent et filent, l’ombre d’un bateau de pêche rentre au port. L’eau mordorée, large comme un bras de mer accuse un rayon blanc qui tombe du ciel pour anéantir cette comédie. Je ne connais pas de paysage plus apocalyptique, hiéroglyphique, fantomatique qui me donne, à moi, cette sensation d’occulte étranglée.
Clichés/photos, Clichés/voyage

Somewhere

Image

L’épouvantail du temps

Beaux Arts, Nice, gildalliere, 2018

Photo/Gilles Dallière

Quand les silhouettes des palmiers vacillent sur la mer sombre, très loin à l’horizon, le bleu profond rejoint le bord du ciel. Dans ce palais construit sur la hauteur, l’ombre des arbres s’avance à la lisière de la verrière comme un bouquet sans lendemain. Les bruits de la ville se perdent dans l’air. Les colonnes impériales se dressent comme l’épouvantail du temps. Et quand la lumière n’est plus qu’un pétale froissé, le fantôme de la princesse Kotschoubey donne l’air à la nuit.

Clichés/architecture, Clichés/photos, Clichés/voyage

l’épouvantail du temps

Image

Jupiter et Encelade

Anne et Patrick Poirier, Jupiter et Encelade, Antibes, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Sculpture/Anne et Patrick Poirier/Jupiter et Encelade, 1982-1983, cinq pierres romaines, marbre de Carrare, calcaire et bronze gravé/Musée Picasso/Antibes

« Les géants attaquèrent le ciel, Jupiter les foudroya ;
Typhon et Encelade étaient les plus considérables.
Devant les dieux ces géants pervertis
De leur malheur n’étant pas avertis,
Au firmament présentent l’escalade,
Là Typhon monte, ici grimpe Encelade,
Jupiter prend des foudres assortis.
Ces vastes corps les ont bien ressentis,
Jusqu’au dernier tous sont anéantis,
On leur faire une rude cascade.
Devant les dieux.
Leurs monts sur eux se sont appesantis,
Un peu trop tard ils s’étaient repentis,
D’une si brusque, et si haute incartade.
Contre le ciel frivole est la bravade,
Et n’en déplaise aux grands, ils sont petits.
Devant les dieux. »

Isaac de Benserade (1613/1691)

En ce jour de Noël laissons parler nos émotions en y puisant la force d’une foi dans l’humain, d’une nouvelle spiritualité.

Clichés/expositions, Clichés/photos, Clichés/voyage

Jupiter et Encelade

Image

Le néo-classicisme

Notre-Dame-du-Port, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Au XVIIIe siècle, entre baroque et rococo, l’Europe se cherche une pré-histoire épique, à la fois terrible et sauvage et puisque la matière fait rapidement défaut, entre sublime et sensibilité, on se tourne vers les anciens. C’est la naissance du néo-classicisme, ce que Diderot appelle « le grand goût ». Une authentique révolution esthétique centrée sur l’idée de grandeur, d’héroïsme, d’énergie, de civisme et de sublime : tout ce qui manque à notre société aujourd’hui.

Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/photos, Clichés/voyage

Le néo-classicisme

Image

Un nouvel horizon

Boxe, Nice, gildallière, 2018
Photo/Gilles Dallière

Allô maman bobo… Entre tristesse, colère et désespoir, j’ai la rage au ventre. Je suis sidéré par la violence du monde, par ce vide chaotique, ce silence cacophonique qui hante désormais notre quotidien. Je ne voulais pas croire à ce qui se passe sous mes yeux, mais je me rends à l’évidence de l’effondrement de notre civilisation. L’imaginaire populaire s’est fissuré… Il faut impérativement réapprendre à voir, comprendre nos émotions pour le bien commun. Il faut apprendre à prendre soin de soi, voilà ce à quoi je crois.

Clichés/photos, Clichés/voyage

Un nouvel horizon

Image

En colimaçon

Escalier en colimasson, gildalliere, Nice, 2018
Photo/Gilles Dallière

Il se trouve que les degrés, conduisant d’un étage à un autre, peuvent mener conjointement d’un état à un autre. Encouragée en cela par la solitude qui règne fréquemment dans ce lieu, où différemment par les particularités physiques et psychologiques des rencontres qui à l’occasion s’y produisent, la conscience est susceptible d’accéder ici à un mode original de cognition, qu’elle n’aurait pu élaborer ailleurs : acquisition peut-être imprévue d’un savoir nouveau dans laquelle l’orientation du mouvement vers le haut, vers le bas, intervient de façon prépondérante. C’est un endroit neutre, mais ici dans cette chrysalide, à chaque marche il y a une surprise. Un jour, une rencontre, plus haut, une joie, à l’étage, une chanson, entre deux, une photo.

Clichés/photos, Clichés/voyage

En colimaçon

Image

Un chamane intuitif

Patrick, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Entre le bleu et le gris de ciel, ses mains sont un soleil. Il pousse l’azur de ses dreadlocks et dans ses paumes d’énergéticien il y a des sourires et de l’émotion. Quand il me tient dans sa gestuelle, il s’attaque à la dualité corps-esprit qui m’obsède. Il me réconcilie avec mon corps, il me remet sur le chemin de la véritable liberté intérieure. Alors, Il observe les pensées qui surgissent, les émotions, les perceptions, il les hurle, il en pleure et il en rit, attentif à ma propre respiration et cela est merveilleux car dans ce lâcher prise, bercé par ses mots, ses mains et le tintement de ses bracelets grigris, il chasse les nuages de tous mes maux.

patrick.fernandez2@free.fr

Clichés/adresses, Clichés/photos, Clichés/voyage

Un chamane intuitif

Image

À la lanterne

Lampadaire, Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière

L’ombre de la lanterne et les courbes de fer forgé marquent le mur de poussière ocre jaune comme une tâche indélébile. Devant l’enceinte, les enfants découvrent le monde, mille gestes anodins et heureux de la certitude que la vie est là, pleine et lumineuse. La lumière est crue, le sujet est cadré dans l’image et le décor, l’esthétique prévaut sur mes sentiments

Clichés/architecture, Clichés/photos, Clichés/voyage

À la lanterne

Image

Pour une ombre

Rue, Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière

J’ai fixé mon regard sur l’envers du décor. Sa face est flamboyante mais à son envers, l’artifice des fondations construites offre le revers de la médaille. Que reste-t-il lorsque les constructions fragiles sont mises à nu ? Il reste la revendication. Dans ce décor d’ombre et de lumière, dans cet horizon lointain, dans cette errance je crois qu’il est grand temps de changer d’air.

Clichés/architecture, Clichés/photos, Clichés/voyage

Pour une ombre

Image