Jupiter et Encelade

Anne et Patrick Poirier, Jupiter et Encelade, Antibes, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Sculpture/Anne et Patrick Poirier/Jupiter et Encelade, 1982-1983, cinq pierres romaines, marbre de Carrare, calcaire et bronze gravé/Musée Picasso/Antibes

« Les géants attaquèrent le ciel, Jupiter les foudroya ;
Typhon et Encelade étaient les plus considérables.
Devant les dieux ces géants pervertis
De leur malheur n’étant pas avertis,
Au firmament présentent l’escalade,
Là Typhon monte, ici grimpe Encelade,
Jupiter prend des foudres assortis.
Ces vastes corps les ont bien ressentis,
Jusqu’au dernier tous sont anéantis,
On leur faire une rude cascade.
Devant les dieux.
Leurs monts sur eux se sont appesantis,
Un peu trop tard ils s’étaient repentis,
D’une si brusque, et si haute incartade.
Contre le ciel frivole est la bravade,
Et n’en déplaise aux grands, ils sont petits.
Devant les dieux. »

Isaac de Benserade (1613/1691)

En ce jour de Noël laissons parler nos émotions en y puisant la force d’une foi dans l’humain, d’une nouvelle spiritualité.

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Jupiter et Encelade

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Le néo-classicisme

Notre-Dame-du-Port, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Au XVIIIe siècle, entre baroque et rococo, l’Europe se cherche une pré-histoire épique, à la fois terrible et sauvage et puisque la matière fait rapidement défaut, entre sublime et sensibilité, on se tourne vers les anciens. C’est la naissance du néo-classicisme, ce que Diderot appelle « le grand goût ». Une authentique révolution esthétique centrée sur l’idée de grandeur, d’héroïsme, d’énergie, de civisme et de sublime : tout ce qui manque à notre société aujourd’hui.

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Le néo-classicisme

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Un nouvel horizon

Boxe, Nice, gildallière, 2018
Photo/Gilles Dallière

Allô maman bobo… Entre tristesse, colère et désespoir, j’ai la rage au ventre. Je suis sidéré par la violence du monde, par ce vide chaotique, ce silence cacophonique qui hante désormais notre quotidien. Je ne voulais pas croire à ce qui se passe sous mes yeux, mais je me rends à l’évidence de l’effondrement de notre civilisation. L’imaginaire populaire s’est fissuré… Il faut impérativement réapprendre à voir, comprendre nos émotions pour le bien commun. Il faut apprendre à prendre soin de soi, voilà ce à quoi je crois.

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Un nouvel horizon

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Le crépuscule

Lever du soleil, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Ce n’est pas tout à fait la nuit, ce n’est pas tout à fait le jour. L’hésitation dans l’atmosphère induit de nombreuses nuances : indécision, doute, flottement, attente, espoir. Le crépuscule convoque des couleurs assourdies, un climat de clair-obscur, des demi-teintes, des sonorités étouffées. Ombres, brumes, nuages et rêves se confondent. La pesanteur du soir qui tombe confine à la même solitude ; la perte des repères

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Le crépuscule

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En colimaçon

Escalier en colimasson, gildalliere, Nice, 2018
Photo/Gilles Dallière

Il se trouve que les degrés, conduisant d’un étage à un autre, peuvent mener conjointement d’un état à un autre. Encouragée en cela par la solitude qui règne fréquemment dans ce lieu, où différemment par les particularités physiques et psychologiques des rencontres qui à l’occasion s’y produisent, la conscience est susceptible d’accéder ici à un mode original de cognition, qu’elle n’aurait pu élaborer ailleurs : acquisition peut-être imprévue d’un savoir nouveau dans laquelle l’orientation du mouvement vers le haut, vers le bas, intervient de façon prépondérante. C’est un endroit neutre, mais ici dans cette chrysalide, à chaque marche il y a une surprise. Un jour, une rencontre, plus haut, une joie, à l’étage, une chanson, entre deux, une photo.

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En colimaçon

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Elle fait non

Nature morte, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Au début, c’est pour jouer. On déshabille la poupée mais à force, en voyant ses bras vaciller, ses mains de porcelaine se détacher, ses joues et ses lèvres devenir pâle, on l’abandonne. Cette poupée là, n’a même pas la bouche ouverte pour satisfaire le client. Elle ne réchauffe plus les nuits de personne. Son regard émaillé ne voit plus la vie en rose bonbon. Un pied dans le vide, elle perd son équilibre. Beauté fragile, c’est une poupée qui fait non.

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Elle fait non

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La lumière du soir

Valérie chez Mathias, gildallière,2007
Photo/Francis Amiand/Gilles Dallière

Elle demeure debout, les yeux baissés. Son cœur bat fort et elle ne peut empêcher une soudaine chaleur lui envahir la tête. Elle est simplement vêtue, presque sans bijoux, ses cheveux noirs remontés au dessus de sa nuque. Tout, autour d’elle est encore baigné d’une lumière crépusculaire. Le soleil se voile toujours de nuages devant la beauté d’une fleur.

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La lumière du soir

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L’ombre à la lumière

escalier 19OO, Paris, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Les départs d’appuis ornés de volutes, d’arabesques et d’entrelacs végétaux fixent l’éclat de la ferronnerie dans une demi-obscurité. J’oppose l’ombre à la lumière, l’oblique à la perspective afin d’obtenir une image parsemée des éclats lumineux de la pierre, et du cristal des suspensions retenues par les courbes sculptées des fers forgés. La clarté d’un puit de lumière inonde le cœur de l’escalier de ses toniques bienfaits.

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L’ombre à la lumière

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Un artifice révélateur

Patrick, gildalliere, 2018 3
Photo/Gilles Dallière

Patrick est énergéticien et magnétiseur. Je lui ai abandonné mes mots et j’ai cadré les siens dans mon viseur. Une fois composé, j’ai enlacé, fragmenté, flouté, mêlé ses dreadlocks. Elles se dérobent pour disparaître dans un geste et réapparaissent dans l’image. Elles deviennent mon artifice révélateur. À suivre @mainsmagik

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Un artifice révélateur

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@mainsmagik

Patrick, gildalliere, 2018 2.
Photo/Gilles Dallière

Ses dreadlocks en mouvement constituent différentes manières de sublimer ou de défaire à l’envers nos errances. Son univers comporte aujourd’hui de multiples facettes, un voyage intime qui se définit comme art de la transition et du passage. Il est calme et quand tout à coup il s’agite, quand ses bracelets d’argent, d’épaisseurs variables, s’entrechoquent, quand il invoque ses esprits qui seront flattés de ses cris, il offre son amour dans le creux de ses mains magiques.

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