Reflet dans les canaux de Venise, ©gildalliere, hiver 2025

Venise se révèle à travers le temps comme une ville de feux intérieurs et de mystères entrelacés. À la Pietà, derrière ses grilles ouvragées, des orphelines apprenaient jadis à dompter le violon sous la houlette d’un prêtre roux au génie ardent. L’île de Murano, avec ses ateliers jaloux de leur savoir-faire, tissait quant à elle une autre forme de beauté secrète, celle du verre soufflé et des perles que le monde entier convoitait. Plus loin dans la lagune, Torcello garde la mémoire d’une Venise première, mélancolique et insulaire, où les jardins livrent une lutte silencieuse contre la montée des eaux. Dans les canaux sombres et sinueux, le Campo Santa Margherita s’anime de destins croisés, de jeunes gens insouciants et d’enquêteurs aux aguets. Et depuis la Giudecca, on contemple une cité double, celle des façades offertes au monde et celle des églises closes sur leurs chefs-d’œuvre endormis, deux visages d’une même beauté impénétrable. @gillesdalliere

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Les mystères de la sérénissime …

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San Giorgio, Venise, ©gildalliere, hiver 2025

À Venise, la beauté est patinée par le temps. L’ocre jaune se décolore, le vert s’efface, le rouge s’éteint, mais le marbre blanc continue de tenir tête au temps. La peinture s’écaille, les câbles courent sur les murs, les fenêtres se ferment, mais rien ne disparaît vraiment. San Giorgio terrasse le dragon et, c’est pour ça que la sérénissime reste éternellement belle. @gillesdalliere

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La patine du temps …

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La Rotonde de la Bourse de Commerce est investie par l’artiste japonaise Fujiko Nakaya et une de ses « sculptures de brouillard », intitulée « Cloud #07156 ». ©gildalliere, été 2026

Fujiko Nakaya travaille depuis plus de cinquante ans avec ses « sculptures de brouillard ». Elle ne cherche pas à le représenter, mais à produire une matière instable qui dépend de l’air, de la température, de l’humidité et des mouvements des visiteurs. À la Bourse de Commerce – Pinault Collection, elle confronte cette matière insaisissable au béton de Tadao Ando. Le véritable sujet est finalement ce que l’on croit voir. Et là, son travail devient presque philosophique. Ici, les corps disparaissent. Il ne reste bientôt que des présences, quelques gestes, une conversation, puis plus rien. @gillesdalliere @boursedecommerce

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Brouillard …

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La Rotonde de la Bourse de Commerce est investie par l’artiste japonaise Fujiko Nakaya et une de ses « sculptures de brouillard », intitulée « Cloud #07156 ». ©gildalliere, été 2026

À la Bourse de Commerce – Pinault Collection, au centre de la rotonde, dans la brume de Fujiko Nakaya, sculpture de brouillard, intitulée « Cloud #07156 », les corps disparaissent, les silhouettes flottent, et il cherche son visage. @gillesdalliere @boursedecommerce

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Explore the Misty Sculpture by Fujiko Nakaya at Bourse de Commerce

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La Rotonde de la Bourse de Commerce est investie par l’artiste japonaise Fujiko Nakaya et une de ses « sculptures de brouillard », intitulée « Cloud #07156 ». ©gildalliere, été 2026

Toute foule finit par disparaître. Il suffit parfois d’un peu de brouillard, parfois d’un peu de mémoire. Alors ne reste que ce jeune homme dont la superposition des vêtements et l’élégance résiste au tumulte. Le reste s’efface. À la Bourse de Commerce – Pinault Collection, au centre de la rotonde, Fujiko Nakaya ne sculpte pas le nuage. Elle révèle cet instant où le silence reprend possession du monde. @gillesdalliere @boursedecommerce

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Le nuage …

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Concurrence, Ghéthary, Pays basque, ©gildalliere, été 2026

Face à l’immensité de l’océan, chacun cherche sa place. Certains contemplent l’horizon. D’autres contemplent ceux qui le contemplent. C’est souvent là que commence la photographie. @gillesdalliere

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Concurrence …

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Chaton en pleine méditation, Couvent des Récollets, Ciboure, Pays basque, ©gildalliere, été 2026

Le couvent des Récollets retient son souffle. Les fresques architecturées s’effacent sous une brume qui ressemble davantage à un souvenir qu’à un nuage. Chaton est là, immobile, dans la blancheur de sa large robe d’été. Elle n’attend pas un miracle, elle lui fait une place. Les apparitions ne viennent pas toujours à ceux qui les invoquent. Elles préfèrent parfois ceux qui savent demeurer en silence. Le reste appartient au regard de celui qui entre dans l’image. @gillesdalliere

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La Tranquillité Capturée …

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Déjeuner de famille,Bidarray, porte d’entrée de la Basse Navarre, Hôtel Barberaenea, ©gildalliere, été 2026

Pour la maison Barbera, à Bidarray, l’hospitalité n’est pas un métier, c’est une vocation. Depuis des générations, cette auberge datant du XVIIème siècle accueille les voyageurs, et chaque repas prolonge une histoire plus ancienne que ceux qui la racontent. La table est mise, les assiettes alignées, les verres captent la lumière de la basse Navarre comme on recueille la promesse d’un bon vin. La famille Elissetche nous reçoit, les assiettes traditionnelles et gourmandes circulent de main en main, et lorsque l’émincé de morue sauce à l’ail et l’agneau de lait des Pyrénées sont terminés, il reste sur cette nappe basque quelque chose d’invisible, ce que seules les familles savent laisser derrière elles : la preuve discrète qu’une table peut aussi être un héritage. @gillesdalliere @hotelrestaurantbarbera

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Dîner de Famille à l’Hôtel Barberaenea …

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Paysage basque, ©gildalliere, été 2026

Un voile de brume couvre le ciel du Pays basque, un voile aux nombreux plis, d’un tissu si épais que sa densité couvre même les Trois Couronnes. Il ne pleut pas, mais, çà et là, la brume se condense en humidité sur les surfaces et rend l’herbe glissante. Le bêlement des moutons est assourdi. Une bordure de lumière entoure toutes choses. Même la ferme blanche au bout de la colline, est devenue poreuse, incandescente de lumière. @gillesdalliere

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Le voile de brume …

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Aurèle sur la galerie du musée Bonnat-Helleu, Bayonne, ©gildalliere, été 2026

Il y a des lieux qui ne demandent pas qu’on les traverse, mais qu’on les regarde. La galerie du musée Bonnat-Helleu déploie ses arches, ses colonnes et ses dentelles de fonte avec la rigueur tranquille de ceux qui savent que la beauté tient autant à l’équilibre qu’à l’ornement. Au centre, Aurèle ne photographie pas un tableau. Elle photographie ce qui les relie tous : l’espace. Son téléphone devient une petite fenêtre ouverte dans une fenêtre plus vaste. Regarder pour retenir. Cadrer pour comprendre. L’architecture devient sujet, et pendant un instant, la pierre, le fer et la lumière semblent respirer d’un même souffle.
Peut-être est-ce cela, finalement, la photographie : l’art discret de révéler que certains lieux nous observent autant que nous les regardons. @gillesdalliere @aurele_duhart @museebonnathelleu

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La géométrie du regard …

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