Le crépuscule

Lever du soleil, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Ce n’est pas tout à fait la nuit, ce n’est pas tout à fait le jour. L’hésitation dans l’atmosphère induit de nombreuses nuances : indécision, doute, flottement, attente, espoir. Le crépuscule convoque des couleurs assourdies, un climat de clair-obscur, des demi-teintes, des sonorités étouffées. Ombres, brumes, nuages et rêves se confondent. La pesanteur du soir qui tombe confine à la même solitude ; la perte des repères

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Le crépuscule

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En colimaçon

Escalier en colimasson, gildalliere, Nice, 2018
Photo/Gilles Dallière

Il se trouve que les degrés, conduisant d’un étage à un autre, peuvent mener conjointement d’un état à un autre. Encouragée en cela par la solitude qui règne fréquemment dans ce lieu, où différemment par les particularités physiques et psychologiques des rencontres qui à l’occasion s’y produisent, la conscience est susceptible d’accéder ici à un mode original de cognition, qu’elle n’aurait pu élaborer ailleurs : acquisition peut-être imprévue d’un savoir nouveau dans laquelle l’orientation du mouvement vers le haut, vers le bas, intervient de façon prépondérante. C’est un endroit neutre, mais ici dans cette chrysalide, à chaque marche il y a une surprise. Un jour, une rencontre, plus haut, une joie, à l’étage, une chanson, entre deux, une photo.

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En colimaçon

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Elle fait non

Nature morte, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Au début, c’est pour jouer. On déshabille la poupée mais à force, en voyant ses bras vaciller, ses mains de porcelaine se détacher, ses joues et ses lèvres devenir pâle, on l’abandonne. Cette poupée là, n’a même pas la bouche ouverte pour satisfaire le client. Elle ne réchauffe plus les nuits de personne. Son regard émaillé ne voit plus la vie en rose bonbon. Un pied dans le vide, elle perd son équilibre. Beauté fragile, c’est une poupée qui fait non.

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Elle fait non

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La lumière du soir

Valérie chez Mathias, gildallière,2007
Photo/Francis Amiand/Gilles Dallière

Elle demeure debout, les yeux baissés. Son cœur bat fort et elle ne peut empêcher une soudaine chaleur lui envahir la tête. Elle est simplement vêtue, presque sans bijoux, ses cheveux noirs remontés au dessus de sa nuque. Tout, autour d’elle est encore baigné d’une lumière crépusculaire. Le soleil se voile toujours de nuages devant la beauté d’une fleur.

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La lumière du soir

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L’ombre à la lumière

escalier 19OO, Paris, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Les départs d’appuis ornés de volutes, d’arabesques et d’entrelacs végétaux fixent l’éclat de la ferronnerie dans une demi-obscurité. J’oppose l’ombre à la lumière, l’oblique à la perspective afin d’obtenir une image parsemée des éclats lumineux de la pierre, et du cristal des suspensions retenues par les courbes sculptées des fers forgés. La clarté d’un puit de lumière inonde le cœur de l’escalier de ses toniques bienfaits.

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L’ombre à la lumière

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Un artifice révélateur

Patrick, gildalliere, 2018 3
Photo/Gilles Dallière

Patrick est énergéticien et magnétiseur. Je lui ai abandonné mes mots et j’ai cadré les siens dans mon viseur. Une fois composé, j’ai enlacé, fragmenté, flouté, mêlé ses dreadlocks. Elles se dérobent pour disparaître dans un geste et réapparaissent dans l’image. Elles deviennent mon artifice révélateur. À suivre @mainsmagik

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Un artifice révélateur

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@mainsmagik

Patrick, gildalliere, 2018 2.
Photo/Gilles Dallière

Ses dreadlocks en mouvement constituent différentes manières de sublimer ou de défaire à l’envers nos errances. Son univers comporte aujourd’hui de multiples facettes, un voyage intime qui se définit comme art de la transition et du passage. Il est calme et quand tout à coup il s’agite, quand ses bracelets d’argent, d’épaisseurs variables, s’entrechoquent, quand il invoque ses esprits qui seront flattés de ses cris, il offre son amour dans le creux de ses mains magiques.

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Un chamane intuitif

Patrick, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Entre le bleu et le gris de ciel, ses mains sont un soleil. Il pousse l’azur de ses dreadlocks et dans ses paumes d’énergéticien il y a des sourires et de l’émotion. Quand il me tient dans sa gestuelle, il s’attaque à la dualité corps-esprit qui m’obsède. Il me réconcilie avec mon corps, il me remet sur le chemin de la véritable liberté intérieure. Alors, Il observe les pensées qui surgissent, les émotions, les perceptions, il les hurle, il en pleure et il en rit, attentif à ma propre respiration et cela est merveilleux car dans ce lâcher prise, bercé par ses mots, ses mains et le tintement de ses bracelets grigris, il chasse les nuages de tous mes maux.

patrick.fernandez2@free.fr

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Un chamane intuitif

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À la lanterne

Lampadaire, Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière

L’ombre de la lanterne et les courbes de fer forgé marquent le mur de poussière ocre jaune comme une tâche indélébile. Devant l’enceinte, les enfants découvrent le monde, mille gestes anodins et heureux de la certitude que la vie est là, pleine et lumineuse. La lumière est crue, le sujet est cadré dans l’image et le décor, l’esthétique prévaut sur mes sentiments

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À la lanterne

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Pour une ombre

Rue, Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière

J’ai fixé mon regard sur l’envers du décor. Sa face est flamboyante mais à son envers, l’artifice des fondations construites offre le revers de la médaille. Que reste-t-il lorsque les constructions fragiles sont mises à nu ? Il reste la revendication. Dans ce décor d’ombre et de lumière, dans cet horizon lointain, dans cette errance je crois qu’il est grand temps de changer d’air.

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Pour une ombre

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