Soufflé d’or et de lumière

Valmarena, lustre de Venise, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière

Loin de ces rendez-vous savamment organisés, fait de mille éclats bleus, je regarde le temps chavirer dans les eaux profondes du lac de Côme. Dans ce flou artistique il n’y a pas d’ombre sans lumière. Cette harmonie secrète mène à l’indolence et l’envie me gagne de laisser le temps couler dans ce silence mystérieux qui résonne jusqu’au bout du ciel. Tout est là pour la mise en scène. Dans l’écrin du soleil couchant la pénombre glisse dans les cristaux de verre du lustre de Venise. Un rêve d’or et de ténèbres.

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Soufflé d’or et de lumière

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Un flottement

Paris sous la neige, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Pendant un instant j’ai perdu le fil de ma pensée. Un vide m’a traversé, comme si j’avais été bousculé. Devant moi, sous ce haut fait de bois noir, une mélodie de blanc, presque secrète, s’étend comme une ligne ininterrompue jusqu’à l’infini. Un temps différent, dont je ne sais strictement rien. À pas lents, enveloppé dans mon manteau de laine bleu marine, je me suis rapproché de ce havre vierge, comme une ombre cernée par la blancheur. Je me suis senti absent, hors du monde.

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Un flottement

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La persienne

Gandria-Lugano, Italie, 2008.
Photo/Gilles Dallière

Le cœur de la persienne traversé de lumière définit le temps du passage, le moment où l’on coulisse de la réalité au rêve, où l’on bascule de la vie à la mort. La transparence devient un objet architectural ambigu, tantôt comme un leurre, tantôt comme une utopie. Elle comporte à mes yeux une certaine part d’opacité et laisse entrevoir derrière sa résille de fer rouillé la carte du ciel et le bruissement de la vie.

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La persienne

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L’ammonite de béton brut

Escalier, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Sans ornement l’escalier prend l’apparence d’une ammonite. En son centre l’espace vertical monte dans un vide qui donne de l’ampleur à la construction. La beauté intrinsèque de la peinture écaillée, du béton brut, du plâtre mis à nu, de la main courante en fer rouillé, du sol buriné est ouvertement accentuée par le travail du temps. La force de cette spirale semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Le vide résonne d’un silence magnifique.

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L’ammonite de béton brut

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L’intense obscurité

Bol, nature morte, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Entre Orient et Occident, il faut apprendre à être paisible. Il faut apprendre à regarder la lumière sculpter l’objet. Un objet précis posé sur un coussin de soie rouge confronté au couvercle d’un vieux coffre de bois d’une beauté imparfaite. Dans le bol, il y a le vide. Autour, la pénombre est essentielle. Le rayon de soleil qui illumine l’intense obscurité révèle l’incroyable beauté de la robuste structure du bois.

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L’intense obscurité

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La lumière

Ombre et lumière, Anvers, gildallière, 2006
Photo/Gilles Dallière

La lumière donne la vie. Elle remplit le vide. Quelques meubles bien choisis, résistants aux tendances et aux modes, enrichis par la caresse du temps, une photographie accrochée à minima et le silence. Le vide est l’espace où se déploie l’essentiel et la simplicité est le résultat direct d’une réflexion profonde.

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La lumière

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Composition

Nature morte, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Laisser une chose incomplète la rend intéressante et procure le sentiment qu’il reste de la place pour son développement.
Yoshida Kendo

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Composition

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Dans l’ultime éclat du soleil

le port, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

C’est la fin du voyage mais la ville ne sera jamais loin de mon esprit. De cette vaste étendue d’eau tendant vers l’infini, s’abîmant dans sa profondeur aussi, Nice est le belvédère. Elle fabrique une poétique de la lumière qui m’envoûte. Dans le port, nulles chaînes mouillées ne scintillent dans l’ultime éclat du soleil, seul témoin éternel de tout ce petit monde. Il pourrait me raconter encore bien des choses…

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Dans l’ultime éclat du soleil

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Le palais Lascaris

le palais Laascaris, Nice, gildalliere, 2016
Photo/Gilles Dallière

Dans ce palais solide et pittoresque, perdu au cœur du vieux-Nice, les dissonantes et âpres notes baroques nous mènent dès l’entrée à l’escalier monumental. Entourés d’arcades de marbre, de trompe l’œil et de statues, les murs aquarellés d’ocre rose répandent un jour mystérieux qui invite à la méditation. Et même si les pierres s’étiolent distillant un charme fugace, c’est un bijou de grand seigneur italien aux allures de palais.

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Le palais Lascaris

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L’autorité néoclassique

Saint Jean-Baptiste, gildalliere, Nice, 2018
Photo/Gilles Dallière

En édifiant l’église Notre-Dame-des-Grâces, Charles Mosca s’est inspiré de l’extrême simplicité architecturale des villas palladienne. Le fronton ajoute beaucoup à la grandeur et à la magnificence de l’édifice mais c’est le parallélisme austère des lignes qui en fait une pureté néoclassique. Elles marquent l’influence de l’architecture turinoise sur l’urbanisme niçois. Sur la taille lisse et la nudité des matériaux, l’introduction du blanc sur un enduit de plâtre rehaussé d’ocre jaune, crée une mise en scène autoritaire où les ombres se jouent de la lumière.

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l’autorité néoclassique

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