Ne pas se laisser aller…

Pause,Frédéric Lebard, gildalliere, Paris, 2006
Photo/Gilles Dallière/Paris

Collé à ton fauteuil, le son au plus de la télévision semblait te protéger. Tu étais moins seule, faussement relié à des images que tu ne regardais pas. Tu t’attachais à un petit feuilleton de rien du tout, navré d’en rater un épisode quand nous sortions dîner. En ma présence, ton attention relevait d’une bonté bien à toi et ton élégance revenait dès que tu allais un peu mieux. Le souci de ton corps, de ta silhouette, de ton hygiène, de ton visage, restait intact. Ne pas se laisser aller. Se parfumer encore. L’odeur de Shalimar de Guerlain…

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Ne pas se laisser aller…

Image

Ton sourire…

Rose, nature morte, gildalliere, Paris, 2011
Photo/Gilles Dallière/Paris

Il me reste de toi ce que tu m’as donné : une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée. Il me reste de toi ce que tu m’as offert : ton portrait peint par René Cazassus. Il me reste de toi ce que tu as perdu : ta présence, ton sillage, ta densité, ta résilience, la pudeur à ne rien dire de ton immense désarroi, ton incommensurable patience. Il me reste de toi ce que tu as semé : ton sourire.

Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

Ton sourire…

Image

Champagne…

Nature morte, lampe en albatre, gildalliere, 2008, Eric Schmitt
Photo/Gilles Dallière/Fontainebleau/Eric Schmitt

La lumière tamisée aux détails dorés dégage une chaleur douce et enveloppante dans laquelle tu te blottis. Le silence s’installe. Je te revois assise là, détendue et sereine, un léger sourire posé sur ton visage. Je nous revois tous deux au milieu de tous ceux qui ne comprenaient pas l’absence de lumière. C’est pourtant là que ton sourire grandissait, tes bras s’ouvraient vers moi et nous restions ainsi serrés, respirant la douceur qui nous submergeait. Aujourd’hui, il faut que tu laisses venir l’ombre complice de cette figure de Montmartre dont le bleu des yeux et pas que, va te faire rire aux larmes. Tu vas trinquer avec le roi de la nuit parisienne. Champagne…

Clichés/collection, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

Champagne…

Image

Tchin-tchin…

Un verre d'eau, nature morte, gildalliere, Paris, 2011
Photo/Gilles Dallière/Paris

Deux mois déjà… Ce qui reste et restera d’une mémoire libre et portée au fil de ce petit verre de vin blanc. Tu choisissais de partager ce que l’on aimait en faisant remonter à la surface, la mémoire d’un passé chéri. C’était ta façon d’abolir ce temps qui t’était désormais compté. Se voir peu à peu vivre sans force entre le fauteuil et le lit, s’en contenter cependant. Avec ce petit verre, tu moquais la menace d’une exécution ordonnée. Un pied de nez à la mort en trinquant à la vie. Tchin-tchin Maman.

Céramique, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

Tchin-tchin…

Image

Biarritz…

Maman, Biarritz, gildalliere
Photo/Gilles Dallière/Espelette

En 2003, nous sommes partis à Biarritz. Quand j’ai pris cette photo, j’avais la conviction que le ciel n’était bleu que par convention, en réalité il était rouge piment. Toi, tu riais dans le remous des vagues à regarder la marée qui fiche le camp. Toute la plage était épuisée. Elle ressemblait à un miroir immense. Arcangue, campo-les-Bains, Guéthary, Espelette, Saint-Jean-de-Luz, San Sebastián, Bilbao et l’exposition Calder au musée Guggenheim, on a tout fait avec passion. Patricia et Laurence s’en souviennent encore. Tu aimais respirer les derniers rayons du soleil du soir avant de se faner dans un sourire embarrassé. Il fallait bien rentrer…

Clichés/photos, Clichés/voyage

Biarritz…

Image

Je barbouille…

Travaux, peinture, l'homme caméléon, gildalliere, Tanger, 2012
Photo/Le barbouilleur/Tanger/Maroc

Mon petit chat, tu aimais la barbouille, mais là, tu as trouvé ton maître. Le garçon s’est surpassé. Avec toi, j’ai fait des voyages, c’est là que je suis devenu ton fils. On a tous plus ou moins mal vécu son roman familial. Aujourd’hui, je suis heureux de tout ce que nous avons partagé. Il y a beaucoup de choses qui se disent moins bien avec la parole. Tu m’as écrit de longues lettres. Tu as pesé tes mots. Loin, très loin de l’avidité, la cupidité, le mensonge, et la rancœur de ces deux derniers mois.

Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Je barbouille…

Image

Tanger.

Tanger, le détroit de Gibraltar, gildalliere, 2012, Maroc
Photo/Gilles Dallière/La médina de Tanger

Sous l’effet d’un vent sec, nous sommes partis à Tanger. Tu aimais les couleurs réactives de la médina qui lentement se fanent au soleil couchant. Ce paysage élargi jusqu’à l’horizon t’a bousculé. Tu t’es accroché au génie architectural de la maison d’Yves Taralon, suspendue dedans-dehors dans les volutes du café Hafa. Tu t’es abandonné chez Geneviève Beaufre dans les délices de la villa Victoria et j’ai eu du mal à vous séparer. Tu as emporté les bleus d’Asilah dans ton cœur. Nous voulions durer. Avoir du temps pour nous. Ce fut un grand moment d’émotion mutuelle, une prière ardente, une ivresse vitale.
Ce qui nous fut offert était-il alors si précieux ?

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/voyage

Tanger.

Image