L’ammonite de béton brut

Escalier, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Sans ornement l’escalier prend l’apparence d’une ammonite. En son centre l’espace vertical monte dans un vide qui donne de l’ampleur à la construction. La beauté intrinsèque de la peinture écaillée, du béton brut, du plâtre mis à nu, de la main courante en fer rouillé, du sol buriné est ouvertement accentuée par le travail du temps. La force de cette spirale semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Le vide résonne d’un silence magnifique.

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L’ammonite de béton brut

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L’intense obscurité

Bol, nature morte, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Entre Orient et Occident, il faut apprendre à être paisible. Il faut apprendre à regarder la lumière sculpter l’objet. Un objet précis posé sur un coussin de soie rouge confronté au couvercle d’un vieux coffre de bois d’une beauté imparfaite. Dans le bol, il y a le vide. Autour, la pénombre est essentielle. Le rayon de soleil qui illumine l’intense obscurité révèle l’incroyable beauté de la robuste structure du bois.

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L’intense obscurité

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La lumière

Ombre et lumière, Anvers, gildallière, 2006
Photo/Gilles Dallière

La lumière donne la vie. Elle remplit le vide. Quelques meubles bien choisis, résistants aux tendances et aux modes, enrichis par la caresse du temps, une photographie accrochée à minima et le silence. Le vide est l’espace où se déploie l’essentiel et la simplicité est le résultat direct d’une réflexion profonde.

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La lumière

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Le palais Lascaris

le palais Laascaris, Nice, gildalliere, 2016
Photo/Gilles Dallière

Dans ce palais solide et pittoresque, perdu au cœur du vieux-Nice, les dissonantes et âpres notes baroques nous mènent dès l’entrée à l’escalier monumental. Entourés d’arcades de marbre, de trompe l’œil et de statues, les murs aquarellés d’ocre rose répandent un jour mystérieux qui invite à la méditation. Et même si les pierres s’étiolent distillant un charme fugace, c’est un bijou de grand seigneur italien aux allures de palais.

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Le palais Lascaris

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L’autorité néoclassique

Saint Jean-Baptiste, gildalliere, Nice, 2018
Photo/Gilles Dallière

En édifiant l’église Notre-Dame-des-Grâces, Charles Mosca s’est inspiré de l’extrême simplicité architecturale des villas palladienne. Le fronton ajoute beaucoup à la grandeur et à la magnificence de l’édifice mais c’est le parallélisme austère des lignes qui en fait une pureté néoclassique. Elles marquent l’influence de l’architecture turinoise sur l’urbanisme niçois. Sur la taille lisse et la nudité des matériaux, l’introduction du blanc sur un enduit de plâtre rehaussé d’ocre jaune, crée une mise en scène autoritaire où les ombres se jouent de la lumière.

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L’élégance

Le château Ste-Hélène, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À la recherche d’un nouvel art de vivre dans lequel domine la simplicité des formes, les architectes vont réinterpréter les volumes et géométriser le décor. Nous sommes en 1922 et en descendant ces quelques marches, je me mets à rêver de sentir les effluves de « Ambre Antique », « Émeraude », « L’Origan », « L’Aimant », « Le Jasmin de Corse », où le premier parfum de François Coty, industriel, parfumeur, propriétaire du château Saint-Hélène, « La rose jacqueminot ». C’est bien ça l’élégance. Aucun autre débordement n’est permis sinon imaginer entendre le craquement d’une soie froissée, fantôme parmi les fantômes où l’ombre portée de mes années profondes.

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L’élégance

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2019

Un balcon sur la mer, gildalliere, Nice, 2019
Photo/Gilles Dallière

Bonjour 2019, bonjour la mer endormeuse et douce de mon enfance. Le lever de soleil est un spectacle prodigieux. Elle est belle à regarder cette mer qui se réveille. Les goélands et les mouettes effleurent les vagues de l’extrémité de leurs ailes. Le vent fouette par petites rafales l’écume bondissante des vagues. Pendant que tu apprivoises ce matelas de galets, je m’en vais prendre de nouvelles résolutions, commencer des taches neuves et boire des bulles de bonheur à la santé de tous mes amis.

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2019

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La roue de la fortune

Grand roue, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

La vie est un manège et elle tourne, il tourne, ils n’en finissent plus de tourner. La roue tourne sans arrêt, le jour et la nuit, vie après vie. Elle touche au cœur aussi bien les adultes que les enfants. Étonnant spectacle, où se fondent en un seul geste le fond, la forme, le décor et une philosophie profonde enchantée où désenchantée. L’essentiel est là, il ne se commente pas, il ne se montre pas, il se vit.

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La roue de la fortune

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Jupiter et Encelade

Anne et Patrick Poirier, Jupiter et Encelade, Antibes, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Sculpture/Anne et Patrick Poirier/Jupiter et Encelade, 1982-1983, cinq pierres romaines, marbre de Carrare, calcaire et bronze gravé/Musée Picasso/Antibes

« Les géants attaquèrent le ciel, Jupiter les foudroya ;
Typhon et Encelade étaient les plus considérables.
Devant les dieux ces géants pervertis
De leur malheur n’étant pas avertis,
Au firmament présentent l’escalade,
Là Typhon monte, ici grimpe Encelade,
Jupiter prend des foudres assortis.
Ces vastes corps les ont bien ressentis,
Jusqu’au dernier tous sont anéantis,
On leur faire une rude cascade.
Devant les dieux.
Leurs monts sur eux se sont appesantis,
Un peu trop tard ils s’étaient repentis,
D’une si brusque, et si haute incartade.
Contre le ciel frivole est la bravade,
Et n’en déplaise aux grands, ils sont petits.
Devant les dieux. »

Isaac de Benserade (1613/1691)

En ce jour de Noël laissons parler nos émotions en y puisant la force d’une foi dans l’humain, d’une nouvelle spiritualité.

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Jupiter et Encelade

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Un nouvel horizon

Boxe, Nice, gildallière, 2018
Photo/Gilles Dallière

Allô maman bobo… Entre tristesse, colère et désespoir, j’ai la rage au ventre. Je suis sidéré par la violence du monde, par ce vide chaotique, ce silence cacophonique qui hante désormais notre quotidien. Je ne voulais pas croire à ce qui se passe sous mes yeux, mais je me rends à l’évidence de l’effondrement de notre civilisation. L’imaginaire populaire s’est fissuré… Il faut impérativement réapprendre à voir, comprendre nos émotions pour le bien commun. Il faut apprendre à prendre soin de soi, voilà ce à quoi je crois.

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Un nouvel horizon

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