Capturer l’instant…

Ombre portée, villa Savoye, gildallière, 2007
Photo/Gilles Dallière/Villa Savoye

Le temps est venu d’une nouvelle rupture, d’une autre vie. La lumière du soir perce en oblique la fenêtre du hall. Dehors, au dessus de ma tête des milliers d’étoiles apparaissent dans le ciel. Y a-t-il une seule de toutes ces étoiles pour veiller sur moi ?
La photo est au cœur de ma vie. C’est mon œil, ma respiration, mon amante, mon toucher, ma façon d’être. Ma vie, il me faut la réinventer, vierge de toutes les scories familiales, de tous les conflits, les déchirements, de tous les manques. La carte mémoire de mon Leica va imprimer ce que je suis, ce que je vois, ce qui m’émeut, me surprend, me bouleverse. Portraits, visages, attitudes, sens de la composition, du cadrage, je signe mon travail. J’essaie, je progresse, j’apprivoise la technique, les réglages, la lumière, la vitesse, la distance de déclenchement. Capturer l’instant et lui donner vie, à jamais.

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Capturer l’instant…

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Le désert…

Terrain vague, Cythère, gildalliere, 2015
Photo/Gilles Dallière/Cythère

À Paris, à une semaine des élections municipales, ce 21 juin 2020, fête de la musique et premier jour de l’été qui n’est pas au rendez-vous, je me demande pour qui voter ? Je ne veux plus d’Anne Hidalgo mais que penser de Rachida Dati et d’Agnès Buzyn ?
Levé tôt ce matin, je suis parti au bout de mes pensées, et à chaque fois que j’ai regardé la montre à mon poignet, j’ai ajouté une heure à l’heure. Sur ce long bout de route, il y a ce vide entretenu et cet arbre épuisé par l’ombre qu’il projette. L’air est desséché par les derniers rayons d’un soleil qui cogne sur le petit cube blanc comme une tâche de lumière qui domine un paysage cinématographique. À sept heure du soir, une feuille s’est détachée, et me voilà plus seul que jamais.

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Le désert…

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Histoire d’intérieur …

Matisse, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Musée Matisse/Nice

Par la fenêtre de la villa, je vois les inflorescences d’un palmier perdu dans l’or du soir. Tout gris, un vieil homme, couché sur la banquette regarde sa « Danseuse créole » plonger dans « la vague » d’ombres des colonnes en granit de son musée rouge. Moi, Henri Émile Benoît Matisse, je serai peintre, une gouache bleue à la main. Je croquerai des odalisques, des pommes vertes, et des pêches roses. Je cracherai des pépins de silence sur la plage. Je plongerai dans le clapotis de mes eaux-fortes, et pour finir, j’irai dans le jardin de Dieu, construire derrière mes compositions monumentales de papiers découpés, La Chapelle du Rosaire, mon chef-d’œuvre, jusqu’aux rives de la mort.

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Histoire d’intérieur …

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Géométrie celeste…

La terrasse de la Villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Kérilos

J’écoute les assauts de l’eau contre le dogme pierreux de la villa Kérylos. J’ai levé la tête sur les lignes géométriques de la terrasse. Le sommet de la vie, serré dans une page bleue azur, fermée sous les reproches du soleil. J’aime qu’il y ait de l’air dans une page. Je la marge pour sentir le grand large. Le sommet de la vie, veux-tu que je te dise ce que c’est ? C’est écrire une lettre d’amour, sentir le feutre appuyer sur le papier, et voir le papier s’ouvrir à un jour plus grand que le jour.

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Géométrie celeste…

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Écouter la lumière…

La chapelle brûlée, Cythère, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière/Cythère

Tout en haut, La chapelle a poussé dans le ciel. J’ai ouvert la porte calcinée. Je me suis assis dans l’ombre pour écouter la lumière. Tout est là, sous mes yeux, le passé, le présent, le futur. Je regarde les pierres, chacune a sa vibration propre parce qu’elles se servent de la lumière comme d’un miroir de poche. Dans leurs irrégularités, j’y vois une ombre, des secrets nourrissant le silence, un chagrin. J’ai donné mon cœur à cette absence et il en a fait ce qu’il a voulu.

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Écouter la lumière…

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Paradis perdu…

Le paradis perdu, Cythère, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière/Cythère

Après la crise, il est de bon ton de donner une dimension révolutionnaire à tout mouvement impliquant une partie de la jeunesse et bizarrement des trentenaires. Cet après-midi, tout est devenu si dément au milieu de cette manifestation, qu’il n’était pas bien difficile de se demander : dans quel monde vit-on ?
On est passé du bleu-blanc-rouge au noir, et il n’en faut pas plus à des adolescents ivres d’irrévérence pour se parer avec ostentation des défauts que leur prête l’autorité. Tu traînes ton ennui, petit nuage, et moi, cloué au sol par un gaz lacrymogène, je t’enferme dans une image loin des orages.

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Paradis perdu…

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L’abandon…

Abandon, Cythère, gildalliere, 2015
Photo/Gilles Dallière/Cythère

Derrière les roses de la moustiquaire, il y a une vie. J’ai ouvert la porte sur la main froide d’Éole qui froisse le silence. Posé mes yeux sur ce monde abandonné pour le déblayer. Entrevoir une somme de joie sous la somme de douleur. Au bout de ce monde écroulé, une fenêtre suspendue dans les airs encadre les pulsations colorées d’un ciel sauvage remonté des gravats.

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L’abandon…

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La tête à l’envers…

Clocher,Friligianika, Cythère, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Grèce

Je me suis mis la tête à l’envers, calculé le sens de la lumière et j’ai cherché à respecter la beauté géométrique et dynamique des lignes de construction de cette tour campanaire. Le cercle construit dans le quadrilatère… Une équation mathématique bien connue des architectes. Mais ici, il n’y a pas trop de mystère, pas de savant calcul, l’asymétrie recherchée de ce clocher pointé vers l’azur n’héberge aucune cloche, seulement des hirondelles et l’âme qui n’en finit pas de grandir.

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La tête à l’envers…

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Abstration…

Photo/Gilles Dallière/Hôtel Salé/Paris

Je définis ma relation à la photographie comme relevant d’une expérience : expérience de la marche, expérience de l’espace. Le cadrage crée l’espace. Il crée l’espace nécessaire pour révéler la fragilité et la richesse de la surface sensible : la main courante. La lumière s’y accroche, s’y faufile, s’y glisse, traverse où se heurte à la surface de l’architecture. Une recherche de l’épure et de la composition. Un monochrome noir qui révèle une observation attentive d’un intérieur urbain. J’ai fait surgir le blanc, c’est à dire la lumière.

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Abstraction…

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Le temps suspendu…

Les palliers du palais Majestic, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Palais Majestic/Nice

Le temps s’arrête pour celui qui l’admire. Il suffit de regarder. Il suffit d’oublier l’imperfection. En toute chose, se poser, écouter le silence, laisser la place à son imagination, au tempérament. L’imagination, c’est le génie. Il faut être libre. Saisir et figer le pallier dans son état éphémère, et partir. Il reste alors cette envie d’y retourner, cette sensation qu’imprime en moi chaque lieu, ce passé réanimé quelques heures par et pour moi. Ce vide qui paradoxalement emplit ma réalité.

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Le temps suspendu…

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