La dame et l’impromptu du Palais-Royal.

Vitrine palais royale, Paris, gildalliere, 2018DNG-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Le silence est grand et c’est dans ce silence que tourbillonne la poussière de l’été. La Galerie Montpensier est vide. Le temps est sec. Il invite le vent du dehors à balayer les arcades et les lanternes qui se reflètent dans la perspective de la vitrine abandonnée. En levant la tête vers ces trois étages et demi, Colette trimballe son radeau d’un mur à l’autre. Sous le cintre de l’entresol Cocteau veille la beauté des amants du lieu. Christian Bérard s’attarde sur les perspectives de ce labyrinthe antique et Mireille travaille ses gammes sur un piano à queue bleu ciel.

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La dame et l’impromptu du Palais-Royal.

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Arrêt sur image.

Le Prés Saint Gervais, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai laissé le champs d’oliviers, comme symbole de la vérité aux amours d’Aphrodite. De retour à Paris, j’ai eu envie de me perdre, de prendre des risques, de cadrer ces teintes grises et ces blessures de l’architecture. Un soleil radieux frappe de plein fouet les grandes ouvertures de verre provoquant des flaques de lumière. Je suis resté là, un peu étourdi dans le clair-obscur rouillé de la cage d’escalier. Dans cette atmosphère poisseuse il y a de la torpeur, il y a du bruit, il y a des silences, il y a des vides, de l’abandon et de la fureur. Il faut se réapproprier sa vie, sa liberté. La violence laisse des traces profondes. Arrêt sur image.

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Où que me porte mon voyage

Viaradika, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

La Grèce m’obsède : Athènes, le Péloponnèse, Hydra, Mykonos, Delos, Sérifos, Rhodes, Symi, Icaria, Tinos, Syros, Sifnos, Folegandros, Sikinos, Kithira, je ne cesse jamais d’en remuer les souvenirs. Dans l’ultime éclat du soleil qui décline, je laisse la lumière si particulière pénétrer cette image. Le soir monte, rose à l’horizon, déjà presque trop sombre avec ses petits nuages bleuâtres que le vent pousse vers la mer Égée. C’est la séduction des îles, leur tristesse, leur solitude, et leur déchéance. La Grèce voyage, voyage toujours et depuis Ulysse et Thésée, les grecs ont plusieurs vérités, mais ce qui est en cause ce n’est pas leur sincérité, c’est leur double appartenance : à l’Occident par le goût et parce qu’ils lui ont donné une civilisation, à l’Orient par nature et parce que la géographie les y oblige.

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Où que me porte mon voyage

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Osios Théodoros

Moni OsiosTheodoros, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Je suis hanté par ce sentiment de l’architecture, par le sens lyrique et solennel qu’ont les places, les tours, les escaliers, les églises et toutes les constructions qui forment une ville lorsque la génialité des architectes et bien souvent aussi le hasard les disposent d’une certaine façon. Je trouve refuge dans les géométries parfaites. Ordre et linéarité. Quand à la lumière, elle est la cristallisation de cette obsession. Ici tout est de guingois mais la symbolique des formes et des couleurs est primordiale. La coupole représente Dieu. Sa forme : la lutte, le combat spirituel que soutient l’église contre les forces du mal. L’or du lustre symbolise la gloire de Dieu et la couleur vert de gris représente Osios Théodoros, le saint qui protège le monastère. Je n’oublierai jamais le vilain petit chien, chenapan audacieux à la Elliott Erwitt qui a failli me mordre.

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Osios Théodoros

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Ocre rouille

pont de Diakofti, cythère, gildalliere, 2018-Modifier-2.jpg
Photo/Gilles Dallière

Là, devant moi, il y a le pont et il y a la rouille. Elle ronge les lignes jetées sur la mer qui abandonnent leur dernier souffle à travers les clichés des promeneurs égarés du débarcadère. Son cœur de tôle abandonné brave le vent et les caprices de l’Égée. Il se teinte d’une couleur bronze et le blanc se consume laissant apparaître des plaies ouvertes au contact de l’air. Pendant ce temps la Grèce voyage et les bateaux sifflent dans l’ultime éclat du soleil qui décline.

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Le bateau qui s’avance…

Le bateau échoué, Diakofti, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Dans ce décor de cinéma j’ai volontairement désaturé la rouille de ce bateau chargé de regards bleus et de cheveux blancs. Le bateau échoué s’est inscrit dans la mémoire du paysage comme une déchirure. La mort est venue le chercher, il règne désormais dans l’horizon de nos clichés.

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Le bateau qui s’avance…

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L’impertinence du soleil couchant

Fratsia, Cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Je suis revenu sur mes pas… Je me suis amusé à refaire cette image sur les traces de ce peintre qui raconte les histoires de ces endroits cachés du bout de son pinceau. J’ai cadré l’impertinence du soleil couchant sur ces pierres élevées dans les aises et la pompe et aujourd’hui abandonnées. Le côté de la maison qui regarde la vallée est le seul habité. Il donne sur une pente unie et continue ; en haut, des prés ; sur le versant, des champs où sont éparses, ça et là, quelques petites maisons. Le fond n’est que pierraille et rochers sans chemins, dénudés hormis quelques buissons épineux dans les creux et sur les rebonds.

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L’entre deux

La vitrine, Hora, Cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Je m’improvise photographe dans l’entre deux de ces vitrines. La première est tendue d’une toile fleurie de roses stylisées, fanées aux brûlures du soleil. À la regarder, j’ai l’impression de remonter le cours du temps. La deuxième, légèrement décalée sur le trottoir opposé, c’est habillée du blanc protecteur des histoires d’autrefois. Dans le reflet, entre les deux, on ressent cette plénitude tangible des journées qui passent, cette illusion du vide à l’heure de la sieste. Le temps est suspendu.

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L’entre deux

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Au plaisir des dieux

agios georgios, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

À l’ombre des trois églises d’Agios Georgios, l’imagination ne s’invente pas. On titille du doigt la terre des dieux. On mesure la beauté du monde. La lumière du soleil qui décline vibre sur le plat-bord longitudinal de l’architecture byzantine. L’éclat formidable du blanc déchire le bleu du ciel et la plaine résonne de douceur et de liberté. À convoquer la perfection, le divin se déploie là, somptueusement vivant.

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Au plaisir des dieux

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Géométrie variable

Clocher,Friligianika, Cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Je me suis mis la tête à l’envers, calculé le sens de la lumière et j’ai cherché à respecter la beauté géométrique et dynamique des lignes de construction de cette tour campanaire. Le cercle construit dans le quadrilatère… Une équation mathématique bien connue des architectes. Mais ici, il n’y a pas trop de mystère, pas de savant calcul, l’asymétrie recherchée de ce clocher pointé vers l’azur n’héberge aucune cloche, seulement des hirondelles et l’âme qui n’en finit pas de grandir.

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Géométrie variable

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