La persienne

Gandria-Lugano, Italie, 2008.
Photo/Gilles Dallière

Le cœur de la persienne traversé de lumière définit le temps du passage, le moment où l’on coulisse de la réalité au rêve, où l’on bascule de la vie à la mort. La transparence devient un objet architectural ambigu, tantôt comme un leurre, tantôt comme une utopie. Elle comporte à mes yeux une certaine part d’opacité et laisse entrevoir derrière sa résille de fer rouillé la carte du ciel et le bruissement de la vie.

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La persienne

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L’ammonite de béton brut

Escalier, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Sans ornement l’escalier prend l’apparence d’une ammonite. En son centre l’espace vertical monte dans un vide qui donne de l’ampleur à la construction. La beauté intrinsèque de la peinture écaillée, du béton brut, du plâtre mis à nu, de la main courante en fer rouillé, du sol buriné est ouvertement accentuée par le travail du temps. La force de cette spirale semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Le vide résonne d’un silence magnifique.

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L’ammonite de béton brut

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La lumière

Ombre et lumière, Anvers, gildallière, 2006
Photo/Gilles Dallière

La lumière donne la vie. Elle remplit le vide. Quelques meubles bien choisis, résistants aux tendances et aux modes, enrichis par la caresse du temps, une photographie accrochée à minima et le silence. Le vide est l’espace où se déploie l’essentiel et la simplicité est le résultat direct d’une réflexion profonde.

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La lumière

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Le palais Lascaris

le palais Laascaris, Nice, gildalliere, 2016
Photo/Gilles Dallière

Dans ce palais solide et pittoresque, perdu au cœur du vieux-Nice, les dissonantes et âpres notes baroques nous mènent dès l’entrée à l’escalier monumental. Entourés d’arcades de marbre, de trompe l’œil et de statues, les murs aquarellés d’ocre rose répandent un jour mystérieux qui invite à la méditation. Et même si les pierres s’étiolent distillant un charme fugace, c’est un bijou de grand seigneur italien aux allures de palais.

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Le palais Lascaris

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L’autorité néoclassique

Saint Jean-Baptiste, gildalliere, Nice, 2018
Photo/Gilles Dallière

En édifiant l’église Notre-Dame-des-Grâces, Charles Mosca s’est inspiré de l’extrême simplicité architecturale des villas palladienne. Le fronton ajoute beaucoup à la grandeur et à la magnificence de l’édifice mais c’est le parallélisme austère des lignes qui en fait une pureté néoclassique. Elles marquent l’influence de l’architecture turinoise sur l’urbanisme niçois. Sur la taille lisse et la nudité des matériaux, l’introduction du blanc sur un enduit de plâtre rehaussé d’ocre jaune, crée une mise en scène autoritaire où les ombres se jouent de la lumière.

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L’élégance

Le château Ste-Hélène, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À la recherche d’un nouvel art de vivre dans lequel domine la simplicité des formes, les architectes vont réinterpréter les volumes et géométriser le décor. Nous sommes en 1922 et en descendant ces quelques marches, je me mets à rêver de sentir les effluves de « Ambre Antique », « Émeraude », « L’Origan », « L’Aimant », « Le Jasmin de Corse », où le premier parfum de François Coty, industriel, parfumeur, propriétaire du château Saint-Hélène, « La rose jacqueminot ». C’est bien ça l’élégance. Aucun autre débordement n’est permis sinon imaginer entendre le craquement d’une soie froissée, fantôme parmi les fantômes où l’ombre portée de mes années profondes.

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L’élégance

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Belle Époque

bas relief, Nice, gildallière, 2019
Photo/Gilles Dallière

Éclectisme est bien le terme que peut le mieux définir l’architecture de Nice. Sur des camaïeux de beiges et d’ocres rosés, quelle étourdissante cacophonie architecturale. Loin des lignes pures et sensuelles, l’extravagance des bas reliefs, les arabesques et les rinceaux transforment radicalement l’aspect de cette villa qui devient passablement excentrique sans beaucoup d’humour ni de grâce. On cherche à épater, mais aussi à prouver et faire étalage de sa puissance. Et tout compte fait, cette maison style Belle Époque, un peu folle, n’a rien d’une amusante folie.

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Belle Époque

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2018

Balcon sur la mer, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Nous sommes le 31 décembre et tout au long de cette année 2018, j’ai dispersé des photos en osmose avec ce qui ne se voit pas à l’œil nu mais se ressent. J’ai accroché mes images, jour après jour, les une derrière les autres, à hauteur de regard, vos regards. J’ai mis des mots sur mes émotions, j’ai échangé avec les fidèles et parfois plus encore. Ce qu’il y a de bien dans ce miroir photographique c’est que c’est du passage, de l’audace, un trait d’union, une bulle d’art, donc des vies, des gens, des histoires et en cette fin d’année socialement très difficile, c’est ce qui m’intéresse… Alors merci à toutes et à tous pour vos like, je vous embrasse. Bonne fin d’année. L’année prochaine c’est l’année du cochon ça promet…

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2018

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Rigueur

Photo/Gilles Dallière

Quand l’architecture se révèle au soleil couchant, on comprend que la maison n’est pas faite pour celui qui l’habite mais aussi pour celui qui la regarde. Ici on travaille l’angle droit mais aussi la courbe. Subordonnée à l’architecture, elle n’est pas employée comme un simple élément décoratif. Elle est un événement générateur de la rigueur de la façade, reliant avec force la toiture au sol dans une quasi-continuité. La villa qui a pris place sur le terrain chaotique, à pente raide, ouvert sur la mer, du chemin des douaniers, est implantée suivant un système de gradins mis en place de manière à épouser les accidents du terrain. Et quand les rayons du soleil caressent les balcons, l’espace est totalement hiérarchisé et sublimé.R
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Rigueur

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L’épouvantail du temps

Beaux Arts, Nice, gildalliere, 2018

Photo/Gilles Dallière

Quand les silhouettes des palmiers vacillent sur la mer sombre, très loin à l’horizon, le bleu profond rejoint le bord du ciel. Dans ce palais construit sur la hauteur, l’ombre des arbres s’avance à la lisière de la verrière comme un bouquet sans lendemain. Les bruits de la ville se perdent dans l’air. Les colonnes impériales se dressent comme l’épouvantail du temps. Et quand la lumière n’est plus qu’un pétale froissé, le fantôme de la princesse Kotschoubey donne l’air à la nuit.

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l’épouvantail du temps

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