
Il y a des architectes qui bâtissent des maisons. Émile Duhart, lui, construit d’abord des instants. Au Pays basque, lorsque le repas s’achève et que les assiettes gardent encore le souvenir des conversations, il saisit sa guitare. Les plans, les volumes, les chantiers s’effacent. Ne restent que ses filles, leurs regards, leurs voix, leurs rires. La musique prolonge la table comme une lumière qui refuse de quitter le jour. On pourrait croire qu’il joue pour les autres. En réalité, il joue pour retenir le temps. Chaque accord est une manière de dire que le bonheur n’a pas besoin d’apparat lorsqu’il trouve sa place au milieu de sa famille. @gillesdalliere
