Une dégustation sens dessus dessous

Capture d’écran 2016-04-11 à 17.52.45Photos/Daniel Riera

Puiforcat s’offre une incursion dans le monde du vin et bouscule les codes de la dégustation. Il a fallu plus de deux ans de travail en collaboration avec Enrico Bernardo élu meilleur sommelier du monde en 2004 et le designer Michael Anastassiades pour faire cohabiter le métal argenté et le vin. Un verre soufflé bouche, sans pied, comme un culbuto, qui se pose sur un socle en métal : un jeu d’équilibre parfait. Le verre est doté d’une arête qui suggère la quantité idéale à verser. Porté en bouche l’angle d’attaque est horizontal, l’accent est mis sur la rondeur du vin et le fond du verre, conique, ralentit le processus d’oxydation naturel. En dehors du jeu de deux verres à vin rouge, à vin blanc, à vin liquoreux, à digestif et à champagne, une timbale à eau s’autorise une livrée de métal argenté. Sur la table, la collection Sommelier rassemble un décanteur, un seau à champagne, un dessous de bouteille, un serviteur et une vasque sommelier. Une ligne minimale et architecturée qui place l’évolution contemporaine du goût et du plaisir avant tout. Un jeu d’équilibre parfait quelque soit le posé choisi. Entre découverte et patrimoine, Puiforcat donne une dimension inédite à l’expérience de la dégustation là où l’épure sert un savoir-faire d’exception.

Collection-Sommelier-Puiforcat

www.puiforcat.com

www.michaelanastassiades.com

www.enricobernardo.com

 

 

Clichés/collection

Une dégustation sens dessus dessous

Image

Trois siècles de mode au musée.

Visuel-Fashion-Forward-01

Sous la direction artistique du danseur et chorégraphe Christopher Wheeldon, le musée des Arts Décoratifs célèbre les trente ans de sa collection de mode du 7 avril au 14 août 2016. « Fashion Forward », réunit 300 vêtements, de la régence à aujourd’hui. L’exposition adopte le parti pris d’un voyage au fil du temps qui démontre l’évolution de la mode selon l’histoire, ses créateurs et ses clientes. Au-delà des techniques, des matières et du dessin, la scénographie dialogue avec les arts de son temps et l’attitude des mannequins resitue chacun de ces moments dans son contexte décoratif. Au sein de la nef, quand on approche des années 1950, Jérôme Kaplan, assisté d’Isabelle Vartan, abuse de notre sens visuel, joue avec notre raison, invente une nouvelle représentation spatiale à la Escher sur le thème du mouvement où le corps et la courbe sont les mots-clés de cette scénographie. Une impossible construction en trois dimensions qui met en œuvre le télescopage des époques très représentatif des XXe et XXIe siècles. La lecture des légendes donne envie de fuir dans le reflet des grands escaliers hélicoïdaux reposant sur le vaste sol-miroir, mais qu’importe, comme le dit Pierre Berger, « En une phrase, ce qui peut apparaître comme un étonnant télescopage de noms, marques et maisons sonne aussi comme le condensé d’un monde de la mode sans cesse métamorphosé ». « La haute couture était un mode de vie, le prêt-à-porter en est un autre ». À chacun son histoire. Art ou art appliqué ? Qu’importe, le monde contemporain n’en finit pas de culbuter les hiérarchies. La couture, elle, est au musée et cette exposition ainsi que le livre qui l’accompagne forme comme son musée idéal, insigne et éphémère, autant de nouveaux moments de mode. Mais surtout, ils sont un hommage à celles et ceux qui la font, et qui la portent.

Clichés/expositions

Trois siècles de mode au musée.

Image

Bien plus qu’un voyage

DSC_4855
Photo/Richard Alcock/Style/Gilles Dallière/Forges Barriol Dallière

C’est en faisant entendre mes silences que j’en ai les « mots » au ventre.
Tu es parti surfer sur les nuages avec Brock Little dans un ciel qui a été bien gourmand ce début d’année 2016. Tu es mort par surprise dans un monde déjà en berne, ça m’a pincé le cœur comme si les beaux jours s’en allaient vraiment … Aujourd’hui, il me reste la beauté de ces jours passés ensemble dans l’espace-temps de mes souvenirs.
Toi, tu vas te régaler a revoir « La belle noiseuse » de Jacques Rivette, tu vas rêver devant la beauté émouvante de Romy Schneider dans « L’important c’est d’aimer » de Zulawski, ou du moins hésiteras-tu entre « Le nom de la Rose » d’Umberto Eco et « Une journée particulière » d’Ettore Scola.
Tu as laissé ton livre de chevet, « Winston – comme un seul homme a fait l’histoire », à son marque page pour prendre le temps d’apprécier ce que nous avons tant de mal à atteindre.
Ta poésie était plus ancrée dans la langue de Delpech que dans celle de Bowie. Tu vas chercher l’introuvable, c’est à dire toi… Toi, qui n’a jamais cessé de bien travailler. Sensible, tu nous as figé les traces de ton passé comme pour exorciser l’absence de ton père, notre grand père. Tu as surtout vécu heureux jusqu’au bout de ta vie, mais si jamais tu as un passage à vide sur cette route inconnue, n’oublie pas que tu peux revisiter tes classiques dans les comédies populaires de Michel Galabru où les directions musicales de Pierre Boulez. Et comme la écrit Henry Scott Holland, « La mort n’est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté. Je suis moi, et tu es toi. Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné. Parle-moi comme tu l’as toujours fait. N’emploie pas un ton indifférent. Ne prends pas un air solennel ou triste. Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Prie, souris, pense à moi, prie pour moi. Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre. La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié. Elle est ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de ta pensée, parce que je suis hors de ta vue ? Je t’attends, je ne suis pas loin. Juste de l’autre côté du chemin ».
Tu vois, tout est bien.

Clichés/citations

Bien plus qu’un voyage

Image

Des appliques sans tralala …

Au fil de ses réalisations, comme le flagship d’Emilio Pucci de New York, les boutiques Chloé de Paris et de Shanghai, le Monsieur Bleu du Palais de Tokyo, ou encore l’hôtel L’Apogéé à Courchevel qu’il se partage avec India Mahdavi, Joseph Dirand envisage avec sa finesse habituelle une collection de luminaires, abstraite, minimale et presque radicale. Chaque objet, lié à l’histoire d’un projet demande un travail minutieux et la réalisation technique en est d’autant plus délicate. Les lignes rondes de « Gélule » en finition or pâle brillant se confrontent à la juxtaposition des formes Art déco rigoristes et tranchantes de « Phénix ». « Diamant », en laque blanche satinée, se pose sur sa pointe pour mieux défier l’espace. Les deux appliques et le spot incluent la source LED.
Un très beau travail réalisé par Ozone et présenté dès février 2016 dans leur nouvel espace. Intemporel …
Ozone, 53 rue notre Dame de Nazareth, 75003 Paris,
Tel : 01 53 01 93 01,
http://www.ozonelight.com
http://www.josephdirand.com

Clichés/design

Des appliques sans tralala …

Image

Du basque, mais sur-mesure.IMG_1715

Je me souviens de ce rond brun incrusté au fil du temps entre deux fleurs orangées. Il est le cercle jauni de la petite émaillée, sortie du feu. Il est la règle fate de cette toile cirée, nappe briquée, des années 1950, collée au décor d’une cuisine familiale. Et puis oui, elle est partie, en toute hâte, comme « un pet sur une toile cirée ». Aujourd’hui elle revient. Le café tire sa langue au jour sur un fort esprit déco : la toile enduite du pays basque, Jean-Vier. Anti tâche, anti choc, et imperméable, On y passe toujours l’éponge. Pour 40€ le mètre elle ose des couleurs lumineuses. À ce prix là, les mal éveillés qui remuent la cuillère de leur café peuvent changer les rayures au gré de leurs envies.

http://www.jean-vier.com

Clichés/décoration

Du basque, mais sur-mesure.

Image

CARNETS D’ARTISTE

 


Photos/Mélanie & Ramon

Nous avons découvert le service de porcelaine Carnets d’Équateur d’Hermès au milieu d’un raffinement tropical, avec ce que cela suppose de choix métaphysique pour revenir à une vie plus simple, celle de Robert Dallet et son œuvre achevée. Vivre dans cette nature l’espace d’un instant entouré de ces animaux, ces lianes, ces feuilles, a ranimé mon sens du plaisir qui s’était érodé à Maison & Objet. Ici, sur trois niveaux, elle se réinvente. Jaguar, lion, tigre, éléphant, toucan mais aussi mazama, sapajou, lagotriche, sont à portée de main, intimement liés à l’harmonie d’une composition noyée de céladon. Hermès rend hommage au talent d’un dessinateur, à son inventaire unique, l’acuité d’un regard et la justesse d’un trait étonnants de vérité. Le paradis sur terre.

http://www.hermes .com

Clichés/décoration

Carnets d’artiste

Image

RUBELLI, LA LIBERTÉ DU GESTE

Loin des lampas et des brocards, si je devais retenir un tissu chez l’éditeur vénitien Rubelli, c’est « Rembrandt », un jacquard riche en trames, tiré d’une esquisse originale sur papier de riz. Un dessin presque organique, le gris en note majeure, résolument contemporain grâce au mélange coton viscose qui lui donne une certaine brillance. L’effet coup de pinceau sur toute la largeur lui impose une dimension intemporelle sans être passéiste. Entre les nuances claires ou foncées la délicatesse du mouvement fait vibrer la lumière.
30163 Rembrandt, 3 coloris : Calce, Antracite, Salice.
41%CO, 37%VI, 22%PA, Larg.135cm, Rac. 88
http://www.rubelli.com

Clichés/tendances

Rubelli, la liberté du geste

Image

Jacques-Doucet-Yves-Saint-Laurent-une-intimite-partagee_article_landscape_pm_v8

Nous sommes à la fois rue Saint-James, à Neuilly, en 1928, dans la dernière demeure de Jacques Doucet, et rue de Babylone, cinquante ans plus tard, dans l’appartement d’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, face à leur parti-pris esthétique : la recherche de l’espace parfait. Le couturier Jacques Doucet fit cohabiter des œuvres parmi les plus importantes de l’histoire de l’art moderne, de La charmeuse de serpents du Douanier Rousseau aux Demoiselles d’Avignon de Picasso, en passant par la Muse endormie II de Brancusi et La Blouse rose de Modigliani. À partir des années 1960, Yves Saint Laurent réunit avec Pierre Bergé un musée vivant. Ils font cohabiter les arts premiers, les grands maîtres tels Goya ou Picasso et des meubles Art déco dont Jean-Michel Frank. La scénographie pensée par Nathalie Crinière et le décor signé Jacques Grange démontrent avec élégance, les croisements, les rencontres, les confrontations d’espaces-collections à la recherche d’un certain absolu. Et c’est bien le mélange des genres qui nous fascine dans cette installation jusqu’au bout du concept : un œil exceptionnel pour le bel ouvrage et une dimension créative sans complexe.
Jusqu’au 14 février
Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Espace d’exposition et boutique
3, rue Léonce Reynaud,
75116, Paris
http://www.fondation-pb-ysl.net

Céramique, Clichés/expositions

Vivre pour l’art

Image

LES ROBES TRÉSORS DE LA COMTESSE GREFFULHE

Pour la première fois, le Palais Galliera expose la garde-robe d’exception de la comtesse Greffulhe, née Élisabeth de Caraman-Chimay (1860-1952). Cousine de Robert de Montesquiou, passée à la postérité sous la plume de Marcel Proust dans le célèbre roman À la recherche du temps perdu, la comtesse prête ses traits à la duchesse de Guermantes. Elle vécut la fin du Second Empire, deux Républiques et deux guerres mondiales. La plus belle femme de Paris – tant d’allure que d’esprit – tient salon dans son hôtel particulier de la rue d’Astorg, reçoit au château de Bois-Boudran ou dans sa villa de Dieppe. Exubérante dans ses toilettes, la comtesse Greffulhe met en scène ses apparitions, sait se faire rare, fugitive et incomparablement fascinante. Elle fonde la Société des grandes auditions musicales et va transformer les bonnes œuvres en relations publiques ; pragmatique, elle lève des fonds, fait de la production de spectacles, de la promotion – Tristan et Isolde, Le Crépuscule des dieux de Wagner, les Ballets russes de Diaghilev, Isadora Duncan… Parmi tant d’autres de ses combats, la comtesse soutient le capitaine Dreyfus, Léon Blum, le Front populaire, la République ; se passionne pour les sciences – Marie Curie et l’Institut du radium, Édouard Branly et ses recherches. Le Palais Galliera présente une cinquantaine de modèles griffés Worth, Fortuny, Babani, Lanvin. manteaux, tenues d’intérieur, robes de jour et du soir, accompagnés d’accessoires, de portraits, de photographies et de films… Autant d’invitations à la mode retrouvée, à la rencontre de cette grande dame du Tout-Paris dont Marcel Proust écrivait : « Aucun élément n’entre en elle qu’on ait pu voir chez aucune autre ni même nulle part ailleurs. Mais tout le mystère de sa beauté est dans l’éclat, dans l’énigme surtout de ses yeux. Je n’ai jamais vu une femme aussi belle ».

Commissariat : Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera, et l’équipe de la conservation et de la documention du Musée de la Mode de la Ville de Paris, Alexandra Bosc, Laurent Cotta, Sophie Grossiord, Sylvie Lécallier et Sylvie Roy.

Cette exposition sera présentée au Musée du FIT (Fashion Institute of Technology, New York) en septembre 2016.

http://palaisgalliera.paris.fr

 

 

Clichés/expositions

La mode retrouvée

Image

Ah ! ça ira ! ça ira ! ça ira !

Photos/Francis Amiand

À l’hôtel la Lanterne, situé rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, au cœur du Quartier Latin, les matières font la part belle à un confort moderne et élégant et des allusions rassurantes au passé historique de Paris. Les 26 chambres et la suite, composées autour des photographies de Nicolas Sénégas sont orchestrées par Pierre Dubois et Aimé Cécil (Les Héritiers). Avec leur sens des clairs-obscurs enveloppants, ils nous plongent avec élégance dans l’imaginaire de la ville lumière. Au dernier étage, 3 chambres s’ouvrent sur de petits balcons, au rez-de-chaussée, elles donnent sur un petit jardin intérieur aménagé. La Lanterne propose un espace unique dédié à la détente avec un bassin de nage à contre-courant et un hammam. Un bar propose une sélection de vins produits par l’un des propriétaires dans un décor au dépouillement monacal illuminé par des lustres de Murano. Une histoire de clichés qui plonge les voyageurs au plein cœur d’un Paris historique.
À partir de 250€ la nuit.
La Lanterne : 01 53 19 88 39 ; http://www.hotel-la-lanterne.com

Clichés/adresses

Ah ! ça ira ! ça ira ! ça ira !

Image