Détails fantaisistes

Strates, promenade des Anglais, gildalliere, 2016-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Je ne parviens pas à me soustraire au plaisir de voir craquer les vielles maisons de la Promenade des Anglais. Dans ce cliché, la netteté du ciel bleu accentue les mille et un détails fantaisistes de ces strates. Observer les rues remplies de figures à demi vêtues est un vrai bonheur. Je cours dans tous les sens, tantôt Cours Saleya, du côté du marché à l’air libre, tantôt je fais un tour dans le vieux Nice pour jouir du spectacle. Je suis pris d’une euphorie contrastant avec la situation du moment et ce soir, avec ma vieille maman qui n’a plus rien à espérer de la vie, nous iront voir tirer le feu d’artifice sur le quai des Ponchettes.

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Détails fantaisistes

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La dame et l’impromptu du Palais-Royal.

Vitrine palais royale, Paris, gildalliere, 2018DNG-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Le silence est grand et c’est dans ce silence que tourbillonne la poussière de l’été. La Galerie Montpensier est vide. Le temps est sec. Il invite le vent du dehors à balayer les arcades et les lanternes qui se reflètent dans la perspective de la vitrine abandonnée. En levant la tête vers ces trois étages et demi, Colette trimballe son radeau d’un mur à l’autre. Sous le cintre de l’entresol Cocteau veille la beauté des amants du lieu. Christian Bérard s’attarde sur les perspectives de ce labyrinthe antique et Mireille travaille ses gammes sur un piano à queue bleu ciel.

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La dame et l’impromptu du Palais-Royal.

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Arrêt sur image.

Le Prés Saint Gervais, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai laissé le champs d’oliviers, comme symbole de la vérité aux amours d’Aphrodite. De retour à Paris, j’ai eu envie de me perdre, de prendre des risques, de cadrer ces teintes grises et ces blessures de l’architecture. Un soleil radieux frappe de plein fouet les grandes ouvertures de verre provoquant des flaques de lumière. Je suis resté là, un peu étourdi dans le clair-obscur rouillé de la cage d’escalier. Dans cette atmosphère poisseuse il y a de la torpeur, il y a du bruit, il y a des silences, il y a des vides, de l’abandon et de la fureur. Il faut se réapproprier sa vie, sa liberté. La violence laisse des traces profondes. Arrêt sur image.

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Arrêt sur image.

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Un été en Grèce

Paleopoli, oliviers, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Le voyage se termine ici, au large du Péloponnèse, sous la courbe des oliviers et la blondeur des champs bénis. Une brassée d’images, de sensations. Je m’y suis retrouvé. J’y ai découvert les charmes, les tristesses, les gaités, les amitiés et les allégresses d’une existence en marge du monde. Hélène, dans le vent et la lumière de cette géographie offerte, a bien été ravie par Pâris. C’est ça la Grèce, elle abolit les siècles comme elle abolit le présent. La mer est nue et la plage est déserte. L’été bascule, décline, rétrécit ses jours, reprend ce qu’il nous a donné de vie. À bon entendeur, salut.

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Un été en Grèce

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La lumière

palaiopoli, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Noir et blanc. Il faut être en liberté. Les grecs de l’époque archaïque ne voyaient pas la mer bleue. Ils voyaient simplement le monde d’une manière différente. Chez Homère et dans le reste de la littérature préclassique la mer arbore de multiples couleurs : noir, blanc, gris, violet, pourpre, sans être jamais bleue. Le bleu et le vert déshumanisent la nature plus que tout autre couleur. L’élément vital est la lumière. Dans l’Iliade et l’Odyssée, mourir, ce n’est pas cesser de respirer, mais cesser de voir la lumière.

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La lumière

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Où que me porte mon voyage

Viaradika, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

La Grèce m’obsède : Athènes, le Péloponnèse, Hydra, Mykonos, Delos, Sérifos, Rhodes, Symi, Icaria, Tinos, Syros, Sifnos, Folegandros, Sikinos, Kithira, je ne cesse jamais d’en remuer les souvenirs. Dans l’ultime éclat du soleil qui décline, je laisse la lumière si particulière pénétrer cette image. Le soir monte, rose à l’horizon, déjà presque trop sombre avec ses petits nuages bleuâtres que le vent pousse vers la mer Égée. C’est la séduction des îles, leur tristesse, leur solitude, et leur déchéance. La Grèce voyage, voyage toujours et depuis Ulysse et Thésée, les grecs ont plusieurs vérités, mais ce qui est en cause ce n’est pas leur sincérité, c’est leur double appartenance : à l’Occident par le goût et parce qu’ils lui ont donné une civilisation, à l’Orient par nature et parce que la géographie les y oblige.

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Où que me porte mon voyage

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Osios Théodoros

Moni OsiosTheodoros, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Je suis hanté par ce sentiment de l’architecture, par le sens lyrique et solennel qu’ont les places, les tours, les escaliers, les églises et toutes les constructions qui forment une ville lorsque la génialité des architectes et bien souvent aussi le hasard les disposent d’une certaine façon. Je trouve refuge dans les géométries parfaites. Ordre et linéarité. Quand à la lumière, elle est la cristallisation de cette obsession. Ici tout est de guingois mais la symbolique des formes et des couleurs est primordiale. La coupole représente Dieu. Sa forme : la lutte, le combat spirituel que soutient l’église contre les forces du mal. L’or du lustre symbolise la gloire de Dieu et la couleur vert de gris représente Osios Théodoros, le saint qui protège le monastère. Je n’oublierai jamais le vilain petit chien, chenapan audacieux à la Elliott Erwitt qui a failli me mordre.

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Osios Théodoros

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Les rides du temps qui passe

Paleopoli, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Ta palette de couleurs aquarelles s’est perchée sur la dune de sable fin. Au pied des tamaris, le temps se traîne et je te regarde, je regarde le fond de ton bleu délavé. Le soleil et le vent ont projeté des rides sur la chaux de tes murs, les rides du temps passé. Tu viens te perdre dans ma mémoire et j’y vois des voyages. Tu fais partie de la lumière. Ouvre ta porte et tes volets, laisse toi bercer par le soleil, sois superbe et viens perdre la mémoire.

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Les rides du temps qui passe

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Le bateau qui s’avance…

Le bateau échoué, Diakofti, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Dans ce décor de cinéma j’ai volontairement désaturé la rouille de ce bateau chargé de regards bleus et de cheveux blancs. Le bateau échoué s’est inscrit dans la mémoire du paysage comme une déchirure. La mort est venue le chercher, il règne désormais dans l’horizon de nos clichés.

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Le bateau qui s’avance…

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L’impertinence du soleil couchant

Fratsia, Cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Je suis revenu sur mes pas… Je me suis amusé à refaire cette image sur les traces de ce peintre qui raconte les histoires de ces endroits cachés du bout de son pinceau. J’ai cadré l’impertinence du soleil couchant sur ces pierres élevées dans les aises et la pompe et aujourd’hui abandonnées. Le côté de la maison qui regarde la vallée est le seul habité. Il donne sur une pente unie et continue ; en haut, des prés ; sur le versant, des champs où sont éparses, ça et là, quelques petites maisons. Le fond n’est que pierraille et rochers sans chemins, dénudés hormis quelques buissons épineux dans les creux et sur les rebonds.

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L’impertinence du soleil couchant

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