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La mélodie des choses

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Photo/Gilles Dallière
Il y a dix jours, j’étais à Anvers, au tout début de l’hiver, avec encore mille et un rêves derrière moi. Le temps était magnifique, les couleurs de la ville, parfois d’or, parfois grises m’ont amené à marcher vers l’insondable obscurité des quartiers nord. L’air est devenu glacé. Je me suis retrouvé devant le musée des Beaux-Arts, en travaux et c’est là que je me suis retourné, devant « l’Hippodrome », un restaurant tout en longueur, dans lequel je me suis installé pour dîner. La rigoureuse stylisation des tubes fluorescents à l’infini m’a fasciné. Dans tout ce fond obscur, j’y ai merveilleusement dîner.
http://www.hippodroom.be

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Il monumentale di Milano

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Photo/Gilles Dallière, Milan.
Chaque fois que j’ai pu le faire, je me suis promené au cimetière monumental de Milan. Il est à l’image de cette capitale économique. La visite vous apportera une autre vision de sa richesse artistique et un témoignage historique sur cette ville un peu secrète. A deux pas du centre ville, reposent dans ce musée à ciel ouvert les personnages les plus illustres de Milan dans des décors sculpturaux allant du sublime à la démesure. « L’Edicola Bernocchi », cette tour de « Babylone » en est l’un des symboles. L’architecte Alessandro Minali et le sculpteur Giannino Castiglioni, l’achèvent le 10 décembre 1931 pour honoré la mort du sénateur et industriel Antonio Bernocchi, et si vous entrez à l’intérieur, comme je l’ai fait pour cette photo, le ciel en devient encore plus spirituel. Le cimetière a été conçu par l’architecte Carlo Maciachini (1818-1899). Il a ouvert en 1866. Depuis lors, un large éventail de sculptures contemporaines et classiques appartiennent à des dynasties d’industriels. Des artistes de renom tels que Giò Ponti, Arturo Martini, Lucio Fontana, Medardo Rosso, Giacomo Manzù, Floriano Bodini, et Giò Pomodoro y ont largement contribué. Prenez le temps d’y aller.

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La demeure des amants maudits

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Photo/Gilles Dallière, Portugal.
C’est un voyage de travail et de détente qui démarre entre deux usines au coeur de l’Estrémadure portugaise par la visite du monastère de Santa Maria d’Alcobaça. C’est au début du XIIIe siècle que la construction du bâtiment actuel est entreprise par les moines. La façade, vestige du premier bâtiment est empreinte d’une légère inspiration baroque qui émane de ce contexte de nouveauté. La nef étonne par son gigantisme. Avec plus de 100 mètres de long et 20 mètres de haut, le vaisseau est l’une des plus grandes constructions de l’ordre de Cîteaux. Le transept accueille les tombeaux gothiques d’Inês de Castro et de Pedro Ier, placés de part et d’autre du transept de manière à ce que ‘les deux amants se retrouvent les yeux dans les yeux le jour de la Résurrection. Leur histoire est tragique. Pedro, fils d’Alphonso IV aime Inês, l’une des dames d’honneur de son épouse, Constance de Castille. Le Roi éloigne Inês de la Cour et la place dans un couvent, mais dès la mort de Constance, Pedro part retrouver sa belle. Le Roi, à l’occasion d’une absence de son fils, fait alors assassiner Inês en 1355. Deux ans plus tard, Pedro Ier, devenu roi révèle son mariage secret avec Inês et se venge en faisant arracher le coeur des meurtriers. Il fait exhumer le cadavre d’Inês et impose à chaque membre de la Cour de baiser sa main. Inês reçoit à Alcobaça une sépulture royale. Son tombeau est soutenu par des anges et ses côtés ornés de scènes de la vie du Christ. Celui de Pedro représente des épisodes de la vie de saint Barthélémy. Le cloître du monastère « du Silence », combine avec grâce le style manuélin et la simplicité cistercienne.

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Noblesse milanaise

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Photo/Gilles Dallière, Milan.

La famille Crivelli, proprietaire du palais, est une importante famille de la noblesse milanaise. Ils possèdent une des plus belles construction du XVIIème siècle. Je m’aperçois aujourd’hui qu’à chacun de mes séjours à Milan j’entraîne tout le monde via Pontaccio pour montrer ce palais qui s’ouvre souvent au moment de la Fiera del mobile. L’escalier en granit qui monte à l’étage m’a toujours troublé. Je le trouve grandiose, et quand je prends cette photo, je vole enfin les ombres à la lumière, a sa solennité baroque qui frôle le sublime.

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CHANDIGARH, LA GENESE D’UNE VILLE


Photos/Gilles Dallière/Le portfolio de Décoration international(e) n°4

Avec la partition de 1947, l’état du Pendjab est divisé de l’Inde avec le Pakistan. Ce nouveau territoire a besoin d’une capitale. En 1950, le premier ministre Jawaharlal Nehru, contacte l’agence Le Corbusier à Paris pour le projet de la construction d’une ville nouvelle déjà alourdie par l’architecte américain Albert Meyer. Le Corbusier accepte le projet à la condition expresse que Pierre Jeanneret participe à l’aventure indienne. Pendant des semaines, ils redessinent une ville nouvelle ou Pierre Jeanneret a le talent de retenir les idées les plus inventives de son cousin. Chandigarh représente la plus formidable mission de Le Corbusier. Ils divisent la ville en plusieurs secteurs désignés par un numéro, de 1 à 60 correspondant à des rectangles de 800 mètres par 1200 mètres de côté. Ils élaborent un système de circulation très sophistiqué.
Entre des espaces verts, des plans d’eau, des blocs de maisons simples, et le site administratif du Capitole, cinq splendides édifices du plus haut modernisme. Comment rester insensible devant la grande esplanade et cette main ouverte, gigantesque sculpture achevée en 1985, qui relie le parlement à la Haute Cour de justice. La Haute Cour a été inaugurée en mars 1955. Un édifice prodigieux, ou la couleur sur les trois grands piliers, exerce une attirance magnétique. La tour des ombres, une halle ouverte très haute et ombragée, dont les façades sont munies de brise-soleil. Le secrétariat, énorme bâtiment administratif, inauguré en 1958, un bloc rectangulaire qui repose sur le Modulor, d’une régularité rythmique inattendue et d’une grande beauté. L’hyperbole de la tour du palais de l’assemblée, qui se détache sur le fond de la chaîne de l’Himalaya.

Il sort en kiosque demain. So happy.

http://www.cotemaison.fr

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Les milles et quelques nuits de Jaipur

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Le Jantar Mantar, un ensemble de bâtiments étranges qui sont chacun un instrument d’observation et de calcul céleste. L’incroyable délire d’un maharadjah astronome, Jai Sing II, qui fit construire au début du XVIIIe siècle des observatoires gigantesques pour mieux se rapprocher des apsara. Il éleva des observatoires semblables à Delhi et à Varanasi, un parcours de pierre où nous avons du mal à retrouver le chemin perdu des étoiles. la couleur ocre jaune dépend de la direction de la lumière, ou de la qualité du regard sur ces magnifiques objets architecturaux.

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Les gâths de Vanarasi 2008
Mains jointes sur le front, l’eau libère l’âme des mortels. L’Inde me manque. Je n’y suis plus retourné depuis deux ans, mais chaque année en octobre j’y étais, les yeux innocemment ouverts derrière mes images, un spectacle, un contraste qui aujourd’hui me manque. Il reste un regard, jamais neutre à la recherche de la beauté, de la spiritualité, de l’étrangeté et d’une extrême sensibilité.

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l’illusion est réelle

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City guide Vuitton, « Paris » tenu par Alexis Chenu, Claude Deloffre et Pierre Léonforté

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Le 13 octobre, city guide autour du monde est le thème abordé par Alexis Chenu, auteur pour le city guide Vuitton Paris, Pierre Léonforté et Claude Deloffre, auteur pour les guides Vuitton Paris, Los Angeles. Ils sont reçus dans l’émission Goûts de luxe Paris par Karine Vergniol et Emmanuel Rubin, sur BFM Business. Un nouveau format, de nouvelles couleurs, des photos, de nouvelles adresses, un ton un peu plus acéré que pointu et surtout de nouvelles adresses, et pas toujours superflues. C’est pas du luxe.

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A touch of love, Rajmata Gayatri Devi

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Photo/Dans ma chambre au Samode Palace
Fille du Maharaja de Cooch-Behar, Gayatri Devi est née princesse Ayesha le 23 mai 1919. Plus tard, une passion commune pour l’équitation et le polo rapprochera Man Singh II, Maharaja de Jaipur (un Kachwaha), et la princesse Ayesha, marquant le début d’une longue et belle histoire d’amour. Leur romance puis leur mariage est un véritable conte de fée. Hostile à toute union avec ce prince déjà marié deux fois, et pour l’éloigner, la mère d’ Ayesha envoie la princesse poursuivre ses études en Angleterre, mais le maharaja la rejoint. Ils se cachent et se fréquentent 6 ans avant qu’Ayesha ne devienne, en 1940, la Maharani Gayatri Devi de Jaipur et la troisième épouse du Maharaja Sawai Man Singh II. Eduquée en Angleterre et en Suisse où elle a fréquenté les meilleures institutions et émancipée avant l’heure, elle adopte de suite des attitudes qui, à cette époque, étaient réservées aux hommes, comme jouer au badminton ou au tennis, se couper les cheveux, porter des pantalons et monter à cheval. Mais le monde est fasciné par sa beauté. Une grande partie de son charme tenait à cette grâce féminine, typique des femmes indiennes, et à sa beauté naturelle (elle utilisait peu de maquillage). Citée par le magazine Vogue comme l’une des plus belles femmes du monde, Gayatri Devi est encore très admirée dans l’Inde moderne. Devenue une icône pour les femmes, cette personnalité royale va jouer une succession de rôles publics avec une grâce et un charme qui a conquis le monde. Contrairement aux deux premières épouses de Man Singh II, qui, dans une société très traditionnelle, observent les règles strictes du « Purdha » (enfermement des femmes), la Maharani Gayatri Devi participe aux cérémonies religieuses, conduit librement ses voitures, nage dans la piscine, joue au tennis, y compris avec des partenaires masculins, porte des pantalons, monte à cheval et part à la chasse avec le prince. En réalité, elle est soutenue par son époux, lui aussi en avance sur son temps (Man Singh II pensait que les idées progressistes de Gayatri encourageraient les autres femmes). Sur ses conseils, elle entreprend d’émanciper les femmes de l’état de Jaipur et de faire sortir les femmes du Rajasthan de la claustration du « Purdah », mais, invités au palais, les hauts responsables laissent toujours leurs femmes à la maison. Gayatri Devi comprend alors très vite que l’éducation sera la clé de la modernisation de la société et de l’émancipation des femmes. Aussi, en 1943, elle ouvre une école de fille destinée aux femmes rajpoutes et, grâce à elle, des jeunes filles issues de familles conservatrices, non scolarisées, sachant à peine lire et écrire, deviendront docteurs, ingénieurs, scientifiques ou écrivains. Devenue institution nationale, la « Maharani Gayatri Devi Girls School » est aujourd’hui célèbre dans toute l’Asie. L’accession de l’Inde à l’indépendance en 1947 et l’intégration du Rajasthan dans l’Union en 1949 constituent des moments difficiles qui la conduiront en Espagne (aux cotés de son mari en tant qu’ambassadeur), et au parlement avec une écrasante majorité au sein d’un parti d’opposition. Après le décès brutal de son époux en Angleterre, en 1970, elle est réélue au parlement en 1971, en tant que Rajmata de Jaipur pour assister à la perte des statuts particuliers conférés jusqu’alors aux princes. Mais son courage politique lui vaudra un séjour de 5 mois de prison sur ordre d’Indira Gandhi. En 1975, probablement par vengeance politique, les autorités fiscales avaient fouillé en vain le fort de Jaigarh où était censé se trouver le trésor des Kachwahas et perquisitionné au palais de Gayatri Devi. Encore député (toujours contre Indira Gandhi), Gayatri Devi sera accusée de fraude fiscale, au titre de la loi sur les devises étrangères, pour être en possession de quelques livres sterling anglaises. Elle sera arrêtée et emprisonnée 5 mois à la prison de Delhi avec son beau-fils, Sawai Bhawani Sing, l’actuel maharaja de Jaipur qui avait pris sa défense. Dans cette épreuve, elle fera encore preuve de beaucoup de dignité. Elle est morte en juillet 2009. Elle reste encore très admirée dans l’Inde moderne, comme le symbole d’une époque et d’un mode de vie révolus, mais sa grâce et sa beauté restent immuables. Bien que traitée de « poupée de verre » par Indira Gandhi, en plus de la grâce, du charme et de l’élégance, elle avait l’esprit et le courage d’une authentique Maharani Rajput.
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