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Salvador de Bahia
Photo/Gilles Dallière, Salvador de Bahia, Brésil
« Il y a le trou noir de la salle, l’invisible spectateur, et sur la scène la cathédrale du drame, le cercle de lumière et cette voix. Derrière les piliers, dans l’ombre, on devine des présences inquiétantes… Je grelotte, je m’accroche à un éclat de bois sur le sol, une petite marque rouge, je m’hypnotise. Je respire lentement, N’aie pas peur, Henri, c’est du théâtre, c’est l’enfant qui a peur de toi. Voilà, nous y sommes, il faut tout ce début pour être plus juste, à ma place. Maintenant il ne me reste qu’à être généreux, jouer, jubiler, que ce soit dans la joie ou la souffrance. »
Bernard Giraudeau, « Cher amour ».

« On ne pouvait pas s’entendre »

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Clichés/citations


« Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. L’odeur volumineuse des plantes aromatiques racle la gorge et suffoque dans la chaleur énorme. A peine, au fond du paysage, puis-je voir la masse noire du Chenoua qui prend racine dans les collines autour du village, et s’ébranle d’un rythme sûr et pesant pour aller s’accroupir dans la mer. »

Albert Camus. Noces à Tipasa.

Noces à Tipasa

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Clichés/citations

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« Madiba » peint par Kadir Nelson/The New Yorker
« Cela semble toujours impossible, jusqu’a ce qu’on le fasse. »
Dans ce monde de lâche, et je sais de quoi je parle, la puissance, la finesse, la beauté morale de Nelson Mandela, ont fait de lui une personnalité exceptionnelle. Rendre hommage à cet homme parmi les hommes relève de l’ardente et légitime nécessité.

Le poing et l’amour

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Clichés/citations

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Photo/Gilles Dallière, Fatehpur Sikri, Inde.
Les mémoires issues de nos lignées familiales sont engrammées dans nos cellules. Nous ne faisons que répéter ce que nous connaissons déjà. Et cette répétition ne doit rien au hasard. Il faut remonter aux mémoires inscrites dans notre corps. Il s’agit en quelque sorte de nous informer en conscience de notre manière de fonctionner. d’accepter ce que nous avons vu : oui, je fonctionne comme cela dans le quotidien et cela me met dans telle émotion. Je l’accepte et j’en assume complètement la responsabilité, sans me juger. Cette descente permet de dénouer l’énergie vitale bloquée dans mon corps. Elle ouvre à la transformation radicale qui me conduit vers mon être essentiel. Ce travail a donc une grande dimension spirituelle. Il a pris une place très importante ces derniers mois où j’ai été confronté à des situations très douloureuses, j’en accueille l’annonce dans une paix et une confiance relatives. Je sais que mon énergie vitale est détournée, qu’elle est bloquée depuis longtemps. Mon corps s’exprime d’une manière éprouvante, mais il s’exprime. Je ne peux plus me cacher derrière une apparence de « gentil garçon ». Surtout, je ne veux plus me laisser effrayer par quoi qu’on me dise, quoi qu’on m’annonce. Je comprends que le blocage de mon énergie vitale se cristallise dans plusieurs organes. J’ai aussi découvert que par le travail sur mes ressentis, en revisitant mes schémas répétitifs, il m’est donné de participer à un retournement qui me conduit à une meilleure attitude. Cela, en prenant la responsabilité de ma vie dans toute sa réalité et sa vérité. les choses ne sont pas terminées et certaines étapes demeurent très rudes à franchir. Le travail en Mémoire Cellulaire n’a de sens que s’il conduit au corps. Pour y accéder, il s’agit d’abord de faire une lecture de notre propre vie, à travers différents outils comme la « grille des cycles de vie biologiques mémorisés ». À partir de la date de notre indépendance économique, nous établissons une grille chronologique des événements marquants de notre vie, lesquels s’inscrivent dans des temps précis de notre histoire, avec des débuts (naissance) et des fins de séquences (mutations, passages à autre chose, maladies, mort). Lors de ces événements, nos cellules ont enregistré à leur manière des impacts, des chocs, des traces. La grille nous permet de remonter vers l’origine, et surtout d’aller vers le sens à donner à ces événements. Qu’est-ce que nous sommes venus rencontrer et vivre dans notre existence ? Le corps, lui, le sait. Mais nous ? Nous avons l’impression de savoir avec notre tête, notre intellect, celui qui nous fait tourner en rond, mais notre réalité, où se trouve-t-elle ? Pour la Mémoire Cellulaire, c’est notre corps qui détient notre vérité. Nos émotions et nos ressentis sont uniques. Une pensée ou une action juste ne peut émerger que d’une écoute profonde de nous-mêmes, à travers nos émotions « vraies » car certaines d’entre elles sont « parasites », issues de nos schémas répétitifs. Nous sommes, nous Occidentaux, bien souvent des infirmes, tant nous avons relégué notre corps à un stade « inférieur », tant nous n’avons que peu d’intimité avec lui, tant nous sommes peu incarnés. Il faut détecter nos émotions, voir si elles sont parasites ou vraies, les manifester d’une manière juste. Elle nous amène aussi à apprendre à ressentir l’impact de tel ou tel événement ? Comment décrire ce ressenti pour « aller dedans » au lieu de le fuir ? Ce n’est qu’à cette condition que nous pouvons re-contacter, puis libérer l’énergie bloquée dans le corps. Je me conduit avec plus de paix avec les autres. J’apprends peu à peu à ne plus me confronter à des propos qui blessent. Le fait d’exprimer mon ressenti à l’autre – plutôt que de critiquer ou de donner des conseils – est un moyen de faire baisser la tension. Pouvoir affirmer : « Quand tu me dis ceci ou quand tu te conduis comme cela avec moi, j’éprouve ceci ou je ressens cela » est une prise de responsabilité, l’inverse d’une condamnation. J’aimerais accompagner ma mère dans la maladie, avec une plus grande compréhension et compassion. Étant donné la nature de ma relation à elle depuis toujours, je sais intellectuellement que la seule voie possible est le pardon, mais je n’y parvient pas existentiellement. Parce que la mémoire cellulaire est un travail où le corps, ré-informé, participe à la transformation de l’être, ce pardon est devenu une réalité incarnée.
« Savoir pour le corps, c’est pouvoir faire. »
Le corps connaît son histoire, parce qu’il l’a enregistrée dans ses propres cellules dès la conception et pour tout le temps que dure notre « chemin » vers l’accomplissement de notre personne.
Le corps parle quand il veut. Mais quelle qualité d’écoute sommes-nous en mesure de mettre en place ? Parfois cela ne peut se faire : le corps est comme muet. Nous avons à respecter ce temps. Il s’agit alors de respecter le corps. Il ne faut surtout pas le « violer » en voulant, d’une certaine manière, le forcer à nous livrer ce qu’il sait. Le corps devient véritablement le temple de l’Esprit. Pas seulement le corps, d’ailleurs, mais la totalité de notre personne réunifiée dans toutes ses dimensions – corps, âme et esprit – et reliée à son Un divin. Il s’agit bien d’une dynamique de vie, d’une croissance de notre personne, dans le sens de croître, faire croître, « augmenter ».
Oui, c’est dans notre corps, et non dans notre tête qu’est inscrite la clé de la transformation de notre personne, la possibilité de devenir un « individu » comme disait Jung, c’est-à-dire un être non divisé, un être libre, debout. « Quitte ton pays et va vers toi ! » est-il dit à Abraham dans la Genèse (12, 1).

Le passage

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