
Photo/Gilles Dallière, Firminy
Le site Le Corbusier de Firminy, dans la Loire a été construit par Édouard Charles Jeanneret ( mais il a fait quoi Le Corbusier). C’est en 2003 que les travaux de l’église reprirent après 30 ans d’arrêt. L’ouvrage fut inauguré en 2006 pour la première biennale du design à Saint Étienne. Quelle souvenir, devant l’extase des journalistes face aux HLM de mon enfance, crées pour les mineurs et les ouvriers des usines de métallurgie, tout comme le stade municipal. Aujourd’hui, l’église Saint Pierre est classée monument historique. Le béton sert surtout à témoigner de l’oeuvre architecturale de « Le Corbusier ». C’est la lumière qui pénètre dans l’église par ces orifices géométriques rouges, jaunes, verts, bleus qui dessinent la constellation d’Orion qui me fascine toujours. Cette architecture est puissante et Jeanneret, l’éternel maître d’oeuvre de ce mouvement moderne, il faut lui rendre hommage.
Archives de Catégorie: Clichés/photos
Transportation, héritage et modernité

Photo/Gilles Dallière, Saint Etienne, 2009
Grand emblème de l’aventure industrielle du territoire stéphanois, que j’ai bien connu, le site Couriot est un ancien site minier qui forme un ensemble d’un peu plus de vingt hectares, à deux pas du centre ville qu’il domine de toute la hauteur de ses deux terrils. Aujourd’hui le site est un musée qui nous parle des hommes d’hier et de ce que nous sommes aujourd’hui. L’exceptionnelle qualité du lieu s’ouvre à de nombreuses interventions artistiques qui font encore autrement résonner la mine, classé monument historique. J’y reste des heures fasciné par les jeux de l’ombre et de la lumière.
Sur les traces d’Ulysse
Depuis sa création il y a quatre ans, Photomed, si son point d’ancrage reste Sanary-sur-mer, s’est tourné vers les rives de la Méditerranée et a développé en 2013 avec Monaco et le Liban des liens étroits.
Son ambition : s’exporter vers d’autres pays et pérenniser les alliances actuelles. Le festival met en avant les photographes méditerranéens et les photographies de la Méditerranée, pour permettre aux publics, professionnels comme visiteurs, de découvrir de nouveaux talents ou redécouvrir des photographes de renom et de mieux comprendre ce que les méditerranéens ont en commun.
La liste des intervenants est en ligne sur le site :
http://www.festivalphotomed.com
Hors culture de notre monde
Photo/Gilles Dallière, San Pietro
Nous avons passez nos vacances sur l’île de San Pietro au large de la Sardaigne au « Poecylia Resort ». Une île Qu’il faut parcourir en voiture, une exaltante aventure pour les yeux et pour le coeur. La beauté réapparaît dans la zone la plus sauvage. Poecylia est Un refuge, un ermitage où la nature semble avoir gagnée sur l’homme. La maison est plantée sur des terrains paludéens, enserrés, contenus, presque vierges. Tout est imprégné d’un calme immobile : les distances démesurées des champs, les bosquets entaillés, les longues files d’eucalyptus : tout est lié, compact, fondu. Une philosophie à partager, sous le signe d’une hospitalité attentive hors de l’espace et du temps. Une maison sans histoire, empreinte pure d’une pure beauté, un immense rêve géographique de champs et de mer. Là on peut s’évader, oublier ses devoirs, s’autoriser parmi des gens heureux de vraies vacances.
http://www.poecyliaresort.com
Bendor, le « jardin des arts de la Méditerranée »

Photo/Gilles Dallière, île de Bendor
Me voilà donc à Bendor, j’arrive droit sur le port, un port céruléen et doux comme une lagune. Sur la petite promenade du bord de mer, en laissant l’hôtel Delos à gauche, il y a une construction des années 1950, d’une élégance absolue mais totalement abandonnée. Le soleil est déjà brûlant, mais il émane de l’île une fraîcheur de paradis. En face, le long du muret qui suit le bord de mer, un petit bataillon d’enfants est déjà en train de se baigner. Je rentre dans le hall, l’hôtel est dévasté, je tourne et je tourne dans les débris, ce qui n’est vraiment pas facile, pour arriver sur une immense piscine couverte. Je m’enfonce dans l’escalier qui monte dans les chambres, il s’y dégage un violent parfum de réglisse. la nuit tombe, je descends vers le bar dans une semi-obscurité, je traverse la bâtisse pour aller vers ce petit bras de mer, devenue turquoise et rose dans le dernier éclat de lumière. Je me baigne emporté par les parfums de la nuit, heureux.
Alger la blanche

Photo/Gilles Dallière, Alger
Zahia est partie en Algérie, retrouver sa famille, je pense à elle, ce voyage doit être très émouvant. Je suis allé une seule fois à Alger, pour le reportage de la maison « des oliviers », où Charles de Gaulle s’installe pendant la deuxième guerre mondiale. J’ai vraiment aimé cette ville, la basse Casbah, le quartier de la Marine, la place des Martyrs. Son front de mer est tout blanc comme le boulevard Khémisti qui donne sur le jardin de l’horloge et tous ces bâtiments construits par de très grands architectes. c’est un pays magnifique, qui s’ouvre, encore sauvage et qui m’a emmené jusqu’a Tipaza sur les traces d’Albert Camus. inoubliable.
Où que me porte mon voyage

Photo/Gilles Dallière, Folégandros
« Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
À Pilion parmi les oliviers
la tunique du Centaure
glissant parmi les feuilles
a entouré mon corps
et la mer me suivait pendant que je marchais
Où que me porte mon voyage, la Grèce me blesse
À Santorin en frôlant
Les îles englouties
En écoutant jouer une flûte parmi les pierres ponces
Ma main fut clouée à la crête d’une vague
Par une flèche subitement jaillie
Des confins d’une jeunesse disparue
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
À Mycènes
j’ai soulevé les grandes pierres
et les trésors des Atrides
j’ai dormi à leurs côtés à l’hôtel de « La Belle Hélène »
ils ne disparurent qu’à l’aube lorsque chanta Cassandre
un coq suspendu à sa gorge noire
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
À Spetsai, à Poros et à Mykonos
les barcaroles m’ont soulevé le cœur
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
Que veulent donc ceux qui se croient à Athènes
ou au Pirée
l’un vient de Salamine
et demande à l’autre
s’il « ne viendrait pas de la place Omonia »
« non, je viens de la place Syndagma »
répond-il satisfait
« j’ai rencontré Yannis
et il m’a payé une glace
Pendant ce temps la Grèce voyage
et nous n’en savons rien
nous ne savons pas que tous nous sommes marins sans emploi
et nous ne savons pas combien le port est amer
quand tous les bateaux sont partis
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
Drôles de gens
ils se croient en Attique
et ne sont nulle part
ils achètent des dragées pour se marier
et il se font photographier
l’homme que j’ai vu aujourd’hui
assis devant un fond de pigeons et de fleurs
laissait la main du vieux photographe
lui lisser les rides creusées
sur son visage
par les oiseaux du ciel
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
Pendant ce temps la Grèce voyage
voyage toujours
et si la mer Egée se fleurit de cadavres
ce sont les corps de ceux qui voulurent rattraper à la nage
le grand navire
Où que me porte mon voyage la Grèce me blesse
Le Pirée s’obscurcit
les bateaux sifflent ils sifflent sans arrêt
mais sur le quai nul cabestan ne bouge
nulle chaîne mouillée n’a scintillé dans l’ultime éclat
du soleil qui décline
Où que me porte mon voyage, la Grèce me blesse
Rideaux de montagnes archipels
granites dénudés
le bateau qui s’avance s’appelle
Agonie… »
Georges Seferis
Volcanique

Photo/Gilles Dallière, Alicudi, 2008
Ce soir sur les pentes volcaniques de l’ile, je ne suis pas rentré, j’ai déambulé comme un fou : là, on se la coulait douce dans les jardins, ici on descendait vers le village par le chemin des ânes, là des marins faisaient leurs affaires entre les barques, ici des vacanciers se prélassaient dans des chaises longues sur les terrasses de leurs maisons. Trois ou quatre fois, je suis monté puis descendu. J’ai traîné jusqu’au coucher du soleil pour voir Stromboli, si proche qu’on pouvait le toucher de la main, se découpant sur un ciel rouge flamboyant, comme si on ne réussissait plus à cacher le paradis.

Photo/Gilles Dallière, Paris 2014
Wake up ! le monde change au fil des révolutions spectaculaires de la vie. Il faut regarder, voir, analyser, cogiter, dans ce foisonnement d’images d’amateurs. Par rapport a l’explosion d’internet, je dois me réinventer. Nous vivons une crise profonde, l’économie a été touchée, puis la presse. Aujourd’hui je présente un road movie « Clichés » au regard très personnel dans lequel je mélange des photos de décoration, des vidéos, mais surtout un espace que je veux plus léger, plus instantané, libératoire. j’ai envie de raconter des histoires avec mon oeil (et j’en ai un), comme un outil supplémentaire qui dépend du moment et de l’instant à vivre. Et comment aborder un portrait ? Cela dépend d’abord de l’idée que l’on a de la personne. Il faut une envie pour que la photo marche et il faut de la motivation pour créer l’envie. du calme aussi, là ou il n’y a pas de frontière pour la lumière, il faut surprendre, saisir un regard, une ambiance. Dans le portrait, on a face à soi quelqu’un qui est conscient de l’acte photographique. Et ce qu’il faut obtenir, c’est quelque chose qui se passe au moment où il ouvre une faille. À suivre.
Plein cadre
Une bouffée d’air
Photo/Gilles Dallière
Je sors de la galerie ALB Antiquités d’Antoine Broccardo, Éric Gizard nous a invité à boire un dernier verre pour fêter entre amis la fin de son exposition, « Matières ». J’y ai acheté une photo, une photo d’architecture faite par Éric à Casablanca en 2011. Je suis très heureux de ça. Je me suis retrouvé avec des amis qui m’ont parlés de l’Inde et je me suis replongé dans la poussière moelleuse qui couvrait la route de Moradabad, étroite entre les rangées de masures de bois peint, surélevées au-dessus des rigoles, petites comme des bergeries, et leurs inévitables boutiques, avec le marchand accroupi à l’intérieur. Souvenirs.


