Dieu ?

Le dôme de la basilique du Sacré Coeur, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Je me demande souvent où vous êtes ?
C’est à dire, je sais que vous êtes là, mais où exactement ?
Je cherche à vous photographier. Certes, vous êtes invisible mais si vous êtes dans cette basilique, comment pouvez-vous me voir, et à quoi je ressemble à vos yeux ?
Et à quoi ressemblez-vous ?
Comme l’air, vous êtes partout, mais il est terriblement difficile de vous photographier, de même qu’il est très difficile, voire impossible de photographier la mort. Mais parce que je suis un homme curieux, j’essaie de le faire. J’y suis presque arrivé une fois et je continue d’essayer.

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Dieu ?

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Le Sacré Coeur de Paris…

Le dôme de la basilique du Sacré Coeur, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury, expriment publiquement ce qu’ils nomment un vœu national : la construction à Paris d’une église consacrée au cœur du Christ. Dans l’esprit des deux hommes, les attaques menées contre la religion au cours du dernier siècle, depuis la révolution de 1789 jusqu’à la Commune de Paris en 1871, la défaite contre l’ennemi d’outre-Rhin, le terrible siège de la capitale sont interprétés comme une punition céleste, et il convient de faire œuvre de piété pour obtenir le pardon divin. La basilique sera achevée le 16 octobre 1919. Sa vocation est la prière d’intercession : le Corps du Christ est adoré sans interruption dans le Saint-Sacrement, pour l’église et pour le monde. En l’apercevant, chacun peut se dire : ici, le seigneur est présent. Ici, quelqu’un prie pour moi.

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Le Sacré Coeur de Paris…

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J’automne…

36 rue Saint Vincent, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Je reste dans mon périmètre : Montmartre, 36 rue Saint-Vincent. Ma conversation, face au confinement se fait progressivement. Je me tourne vers un univers plus poétique. Je m’attache à la symbolique, à la réalité immédiatement perceptible. Ici, j’automne. J’invente un verbe, une histoire de couleurs qui se fanent. Je me sens petit et floué devant ces volets clos et je me dis que je n’aime pas les choses qui s’en vont. Ni même qu’on me quitte. Alors je guette ce que je n’ai pas prévu, je sens la saison basculer, un ralentissement s’opère, le monde vert lentement se défigure, une certaine mélancolie s’installe et j’espère le hasard. 

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J’automne…

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Tu es étrange…

Le buste du docteur Pitchal, cimetière de Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Dans la chanson « Romantica »,Dalila chante « tu es étrange, tu n’en laisses rien paraître, et nul ne peut te connaître. Tu es étrange, jamais tes yeux ne s’enflamment, mais j’ai deviné ton âme. Est-ce la ton secret, mais je le reconnais, tous mes rêves sont fait à ton image c’est vrai … »
À travers les mailles de toutes ces trames successives, il y a de temps en temps d’étranges insufflations, ou infiltrations, et tout à coup, on dirait que le corps débarque pour quelques secondes dans un monde où toutes les lois semblent s’effriter. Où toutes ces choses qui semblaient si implacables, tout à coup, étaient dissoutes dans ce regard concave qui nous poursuit. Quelque chose de plus fort que la loi de la maladie ou de la mort, pour qui tout cela est une illusion. Au cimetière de Montmartre, cette sculpture étrange, ce regard qui fait face à la tombe de Dalida, c’est celui du docteur Guy Pitchal, son psychologue.

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Tu es étrange…

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La vitrine…

Confinement, rue Danrémont, Paris, gildalliere, 2020

Dans la solitude du confinement, il y a une géométrie insoupçonnée dans le désordre quand tout devient immobile. Une équation sidérante de grâce dans l’orgasme au moment où tout meurt en étoile et même dans la rage, même là, dans la violence primaire de l’acte le plus arbitraire, une généalogie mystérieuse est à l’œuvre. Nous sommes tous des danseurs étoiles du vide.

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La vitrine…

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L’ombre portée…

Le pont Caulaincourt, le passant, Paris, gildalliere, 2020

Cette silhouette qui marche d’un pas pressé parce qu’elle a oublié son attestation n’est pas une illusion. C’est comme un éblouissement dans une fraction de seconde avec ce que cela implique d’incertitude et de questionnement. Le noir et blanc est la couleur de l’inconscient. L’ombre de cet homme, on peut la voir mais on ne peut pas l’atteindre. C’est le souvenir du hasard et si je n’avais pas été là à ce moment-là, cette ombre portée serait perdue pour toujours.

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L’ombre portée…

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Place du Calvaire…

Chez Plumeau, confinement, 4 place du Calvaire, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Tout le paysage montmartrois est là, avec ses ombres et ses fantômes. Mais aujourd’hui, place du Calvaire, il n’y a plus cette musique de cabaret entrecoupée de courants d’air et de chutes de fourchettes. Je ne vois plus rentrer les meutes de touristes sous la tonnelle. Les chaises cannées, les larges banquettes de bois, les guirlandes d’ampoules colorées ont disparu ne laissant place qu’au murmure du pavé. Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies. Il s’agit d’attendre pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts. Réinventer Montmartre parce qu’elle est pour la plupart une jeunesse.

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Place du Calvaire…

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La Toussaint…

Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, Institut de France, confiné, Paris, gildallière, 2020

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, 
à être compris qu’à comprendre, 
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
C’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
C’est en pardonnant qu’on est pardonné,
C’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie ».

Prière de Saint François d’Assise
La Toussaint 

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La Toussaint…

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Confinées…

Le confinement des chaises du jardin des Tuileries, Paris, gildalliere, 2020

Oui c’est déjà le crépuscule, il n’est pourtant que 17h30. Dans l’angle mort de l’Orangerie, les chaises des Tuileries ont enrobé la beauté d’une lumière sournoise qui éteint le présent. Devant cet amoncellement organisé, le jardin envahi de feuilles mortes, d’entrelacs de branches, de rhizomes en volutes, de tiges de dahlias et de chrysanthèmes roses, noue un filet maillé si serré que bientôt il me suffoque. Je suis hypnotisé par cette vibration rageuse de ces chaises vertes, entassées…confinées.

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Le blues de la nuit…

Le dernier tango sur l’esplanade du palais de Tokyo, Paris, gildalliere, 2020

Le pays n’a pas la patate. Les gens ont peur de reconfiner, les gens ont peur tout court. Ils sont à cran. Le monde tangue et malgré tout il est rempli de poésie. Entre les géométries du parvis du palais de Tokyo, un accordéon ressasse à l’infini ce tango sévère et triste où chaque note tombe lourdement, comme par dépit sous la main qui se voue à faire chavirer d’amour sa cavalière. Et même si la chemise déborde, je me plais à croire qu’il la soulève à la pointe de ses doigts, cheveux gominés, veston cintré et souliers à talon. Elle glisse, glisse encore, guindée, hiératique, impassible et sauvage sur le marbre dépoli.

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Le blues de la nuit…

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