
Chez Muse, aux Abbesses, les fleurs ne se contentent pas d’être belles : elles ont quelque chose à raconter. J’y ai trouvé une orchidée, éclatante comme une encre violette. Je l’ai installée dans un vase d’Alice Colonieu. La fleur réelle devient alors presque une sculpture, et la sculpture, à son tour, semble avoir pris vie. Puissante et indépendante, Alice Colonieu forge sa destinée avec détermination. Elle s’inscrit pleinement dans cette démarche de liberté qui constitue toute la fraicheur de la céramique française de l’après-guerre, dont l’écriture trouve ses racines dans la richesse et la continuité des arts et traditions populaires, tant en rupture avec la sophistication et l’épure de l’esthétique des années 1930 qu’avec les influences de l’Extrême-Orient. Autour d’elle, les céramiques se répondent, les matières se heurtent, le bois accroche la lumière. Les fleurs passent, les objets restent. Mais parfois, quelques fleurs suffisent à faire basculer toute une scène dans l’art. @gillesdalliere @musemontmartre
